Hendaye : maires et services de l’État réunis sur les nuisances des aéroports de Biarritz et Fontarrabie
Une réunion de travail le 19 mai 2026 a rassemblé les maires d'Hendaye et de Biarritz avec la gendarmerie des transports aériens et la direction de l'aviation civile.
Les maires d'Hendaye et de Biarritz ont rencontré le 19 mai 2026, à la mairie d'Hendaye, les services de l'État chargés de l'aviation civile. Au cœur des échanges les nuisances sonores des deux aéroports voisins et le respect de l'accord franco-espagnol signé en 1992.
Les maires d’Hendaye et de Biarritz ont rencontré le 19 mai 2026, à la mairie d’Hendaye, les services de l’État chargés de l’aviation civile. Au cœur des échanges : les nuisances sonores des deux aéroports voisins et le respect de l’accord franco-espagnol signé en 1992.
L’essentiel
- Réunion le 19 mai 2026 : les maires Kotte Ecenarro (Hendaye) et Serge Blanco (Biarritz) se sont retrouvés avec la gendarmerie des transports aériens et la direction de l’aviation civile à la mairie d’Hendaye.
- Accord binational de 1992 : le décret n°92-1267 du 2 décembre 1992 encadre les survols du territoire français par les aéronefs de Fontarrabie/Hondarribia - interdiction nocturne de 22h à 7h30, pente d’approche imposée à 4°.
- Non-conformité pointée : le sénateur Max Brisson a déposé le 14 mai 2026 une question écrite sur un PAPI réglé à 3° au lieu de 4°, entraînant des survols d’Hendaye 35 à 40 mètres plus bas que prévu.
- Motion unanime : le conseil municipal d’Hendaye a adopté le 28 janvier 2026 une motion à l’unanimité demandant une étude d’impact indépendante et la transparence sur le respect de l’accord de 1992.
- Mobilisation riveraine : plus de 1 200 signatures recueillies sur une pétition lancée en juillet 2025 par des habitants d’Hendaye contre les survols de l’aéroport de Saint-Sébastien.
Ce qui s’est passé le 19 mai
La réunion a été confirmée par la préfecture des Pyrénées-Atlantiques sur le réseau social X. Kotte Ecenarro, maire d’Hendaye réélu en mars 2026 pour un quatrième mandat, et Serge Blanco, maire de Biarritz depuis le 28 mars 2026 (élu avec 41,92 % des voix au second tour des municipales), ont échangé avec la gendarmerie des transports aériens et la direction de l’aviation civile.
Selon la préfecture, les discussions ont porté sur les nuisances sonores, les enjeux environnementaux et sanitaires, ainsi que les contraintes de navigation aérienne et de sécurité. La présence simultanée des deux maires - côté français et côté basque-atlantique - signale une coordination politique inédite sur ce dossier.
Des contrôles en cours sur l’accord de 1992
La gendarmerie des transports aériens et la direction de l’aviation civile mènent actuellement à Hendaye une série de contrôles sur le respect de l’accord binational franco-espagnol du 18 mars 1992, publié par le décret n°92-1267 du 2 décembre 1992, selon la préfecture des Pyrénées-Atlantiques.
Ce texte encadre le survol du territoire français par les aéronefs à destination ou en provenance de l’aéroport de Fontarrabie/Hondarribia. Il impose notamment une interdiction de survol entre 22h et 7h30, une pente d’approche à 4° et l’évitement du territoire français en dessous de 300 mètres sauf nécessité, selon le texte publié sur Légifrance.
Le 14 mai 2026, soit cinq jours avant la réunion, le sénateur des Pyrénées-Atlantiques Max Brisson avait déposé une question écrite au ministre de l’Europe et des affaires étrangères. Il y pointait une non-conformité précise : le PAPI (système d’indication de pente d’approche) de l’aéroport de Fontarrabie serait réglé à 3° au lieu des 4° requis par l’accord, entraînant des survols d’Hendaye à une altitude inférieure de 35 à 40 mètres à ce que prévoit le texte.
Un an de mobilisation riveraine
La pression des habitants d’Hendaye sur ce dossier est ancienne. En juillet 2025, des riverains - parmi lesquels Paco Durandeau - ont lancé une pétition contre les survols de l’aéroport de Saint-Sébastien. Elle a recueilli plus de 1 200 signatures, selon Sud Ouest.
Le 28 janvier 2026, le conseil municipal d’Hendaye a franchi un cap en adoptant à l’unanimité une motion demandant une étude d’impact environnementale et sanitaire indépendante, la transparence sur le respect de l’accord de 1992 et une régulation des trajectoires. Kotte Ecenarro avait qualifié ce dossier de « consensus » au sein de son conseil, selon Sud Ouest. France 3 Nouvelle-Aquitaine avait également documenté les témoignages de riverains évoquant du bruit et des odeurs de kérosène au quotidien.
La frontière franco-espagnole est un enjeu de sécurité plus large dans ce secteur : l’opération Force Frontières mobilise 1 100 effectifs en Nouvelle-Aquitaine, avec 424 interceptions recensées en 2025. Le secteur de Béhobie fait par ailleurs l’objet de contrôles douaniers intensifiés, avec 1,16 tonne de tabac saisie depuis janvier 2026.
Contexte dans les Pyrénées-Atlantiques
Hendaye est la commune la plus au sud-ouest du territoire métropolitain français, directement enclavée entre la frontière espagnole et le littoral atlantique. Elle est séparée de Fontarrabie/Hondarribia par la Bidassoa. L’aéroport de Fontarrabie, situé en Pays basque espagnol, dessert la conurbation de Saint-Sébastien/Donostia. Ses approches en provenance de l’ouest impliquent structurellement le survol du territoire français.
L’aéroport Biarritz-Pays basque, situé à une vingtaine de kilomètres au nord, génère de son côté des nuisances propres sur la côte basque française. La réunion du 19 mai traite donc deux sources de nuisances aériennes distinctes dans un périmètre de moins de 25 kilomètres, dans un département où le tourisme et la qualité de vie constituent des enjeux économiques majeurs.
La préfecture des Pyrénées-Atlantiques est l’interlocuteur naturel de ces deux dossiers, qui relèvent à la fois de la souveraineté aérienne française et de la coopération transfrontalière dans le cadre du traité des Pyrénées et des accords bilatéraux franco-espagnols. La présence récente du préfet à Hendaye pour la visite de l’Hôpital marin confirme l’attention portée à cette commune frontalière.
Prochaine étape
La question sénatoriale de Max Brisson du 14 mai 2026 attend une réponse du ministre de l’Europe et des affaires étrangères. Les résultats des contrôles menés par la gendarmerie des transports aériens et la direction de l’aviation civile n’ont pas encore été rendus publics à ce stade.
Sources
- Préfecture des Pyrénées-Atlantiques : Réunion de travail à la mairie d'Hendaye — tweet officiel
- Légifrance : Accord franco-espagnol du 18 mars 1992 — décret n°92-1267
- Sud Ouest : Hendaye : une motion signée par tous les élus contre les nuisances de l'aéroport de Saint-Sébastien
- Sénat : Question écrite du sénateur Max Brisson sur les non-conformités de l'accord de 1992