Hérault : un budget 2026 adopté, mais l’épargne nette reste dans le rouge

Le Département affiche 1,821 milliard d'euros de budget mais une épargne nette de -19 millions, signe d'une fragilité persistante.

Hérault : un budget 2026 adopté, mais l'épargne nette reste dans le rouge
Illustration Sarah Bertrand / info.fr

Le Conseil départemental de l'Hérault a adopté son budget primitif 2026 le 31 mars. Malgré une légère amélioration par rapport à 2025, l'épargne nette reste négative à -19 millions d'euros. L'équilibre tient à des recettes exceptionnelles et à un emprunt de 61,7 millions.

Le Département de l’Hérault a voté son budget primitif 2026 le 31 mars, à hauteur de 1,821 milliard d’euros. Un budget en hausse, mais dont les équilibres restent fragiles, selon Midi Libre.

L’épargne nette - indicateur clé de la capacité d’une collectivité à financer ses investissements sans s’endetter - s’établit à -19 millions d’euros. C’est le même niveau qu’en 2024, et une amélioration relative par rapport à 2025 où elle atteignait -43 millions d’euros, selon La Marseillaise.

Un « effet ciseau » qui se resserre

Kléber Mesquida, président (DVG) du Conseil départemental, reconnaît la difficulté tout en se voulant mesuré. « Après une situation très difficile pour notre collectivité en 2025 et des efforts importants, l’état de nos finances s’améliore légèrement mais reste sous tension », a-t-il déclaré dans le dossier de presse officiel publié sur herault.fr.

Le vice-président aux finances, Cyril Meunier, est plus direct. Il pointe un « effet ciseau qui se resserre » entre dépenses et recettes. La marge de manœuvre tombe à 34 millions d’euros en 2026, contre 69 millions l’année précédente, toujours selon Midi Libre.

Pour boucler ce budget, le Département s’appuie sur plusieurs leviers exceptionnels : un emprunt d’équilibre de 61,7 millions d’euros, une recette issue du Fonds de sauvegarde des départements, une reprise anticipée des résultats 2025 et des cessions de patrimoine à hauteur de 15,8 millions d’euros, selon Entreprises Occitanie. L’endettement total atteint désormais 845,5 millions d’euros, pour une capacité de désendettement de 25 ans.

Une dégradation rapide depuis 2022

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La trajectoire des finances départementales interpelle. L’épargne brute est passée de 238 millions d’euros en 2022 à environ un tiers de cette somme en 2025, selon Actu.fr. Deux facteurs principaux expliquent cette chute : l’effondrement du marché immobilier, qui a réduit les droits de mutation, et la hausse continue des dépenses sociales.

En septembre 2025, la Chambre régionale des comptes Occitanie avait qualifié la situation de « très difficile », soulignant une capacité de désendettement dépassant 100 ans entre 2022 et 2025, selon La Gazette de Montpellier. À l’échelle nationale, l’Observatoire des finances et de la gestion publique locales (OFGL) a confirmé en février 2026 des tensions persistantes sur les départements, avec une dégradation de l’épargne brute de -32,2% en 2024, selon le site collectivites-locales.gouv.fr.

Les solidarités restent la priorité

Malgré ces contraintes, le Département maintient ses priorités affichées. Les dépenses de solidarités représentent 1,2 milliard d’euros, soit la part dominante du budget. Les investissements remontent à 181,6 millions d’euros en 2026, après une baisse de 35,7% l’année précédente, toujours selon Midi Libre.

Prochaine étape : des décisions modificatives sont attendues en cours d’année, ainsi qu’un budget supplémentaire pour ajuster les équilibres en fonction des recettes réelles.

Sources

Sarah Bertrand

Sarah Bertrand

Correspondante à Montpellier, elle suit l'université, les tensions sur le logement étudiant, la viticulture héraultaise et les débats sur la métropole. Issue de l'ESJ Lille, elle a travaillé en presse écrite avant de rejoindre la rédaction web. Méthode : interroger les étudiants, les bailleurs, les viticulteurs, les élus, croiser les budgets avant de publier.

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