Hérault : face au puceron cendré, les pomiculteurs alertent la préfète
Chantal Mauchet en visite à Saint-Just chez Cofruid'Oc alors que l'invasion menace récoltes et avenir de la filière sans solution phytosanitaire autorisée
La préfète de l'Hérault Chantal Mauchet et le président de la Chambre d'agriculture Jérôme Despey se sont rendus à Saint-Just le 17 juillet pour constater l'impasse économique des producteurs de pommes. Ravagés par le puceron cendré depuis mai, les arboriculteurs dénoncent l'interdiction de traitements efficaces autorisés ailleurs en Europe.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Visite de la préfète Chantal Mauchet et de Jérôme Despey à Saint-Just le 17 juillet 2026 chez Cofruid'Oc
- Invasion massive du puceron cendré depuis mai 2026, menaçant deux récoltes consécutives
- Interdiction en France de l'acétamipride depuis la loi Biodiversité de 2016, autorisé ailleurs en Europe
- Vote imminent de la loi Urgence agricole qui pourrait réautoriser certaines molécules sous conditions
- Recherches en cours par le CTIFL et SudExpé sur des alternatives de biocontrôle jugées insuffisantes à court terme
La préfète de l’Hérault Chantal Mauchet et le président de la Chambre d’agriculture Jérôme Despey ont visité des vergers et la coopérative Cofruid’Oc à Saint-Just le 17 juillet. Objectif : constater les dégâts causés par une invasion sans précédent du puceron cendré sur les pommiers de l’Hérault.
Une invasion massive depuis mai
en 2023, les producteurs de pommes font face à une prolifération massive du puceron cendré (Dysaphis plantaginea), ravageur qui déforme feuilles, pousses et fruits. Selon Echo des Tribunes, la menace porte sur la récolte actuelle et celle de l’année suivante. Les dégâts sont visibles dans les vergers : feuilles enroulées, fruits déformés, pousses rabougries.
« Deux années sans pomme sur les arbres touchés », rapportait Midi Libre ce matin. Les arboriculteurs craignent pour la floraison 2027, déjà compromise par l’affaiblissement des arbres.
Impasse phytosanitaire et concurrence déloyale
Les producteurs dénoncent l’absence de solution efficace depuis interdit en France depuis 2020. Selon Réussir fruits & légumes, ces produits restent autorisés dans d’autres pays européens, créant selon les agriculteurs une distorsion de concurrence.
« Les agriculteurs ne supportent plus les interdictions sans solutions », titre Echo des Tribunes. Les traitements post-floraison, seuls réellement efficaces contre le puceron cendré, sont désormais interdits en France alors que l’Espagne, l’Italie ou l’Allemagne peuvent y recourir.
La visite préfectorale intervient quelques jours avant le vote par le Parlement de la proposition de loi « Urgence agricole », qui envisage de réautoriser sous conditions certaines molécules comme l’acétamipride pour des filières en impasse technique.
Recherche de solutions alternatives
Le CTIFL et SudExpé mènent depuis 2023 un programme de recherche (PAUPFL) pour développer des alternatives de biocontrôle. Selon Phyteis, des applications automnales d’argile ou de chélate de cuivre réduisent la pression au printemps. Des produits comme le NeemAzal ou le Limocide sont à l’étude.
Mais selon Pleinchamp, ces solutions de biocontrôle ne sont pas considérées comme des substituts complets aux traitements chimiques à court ou moyen terme. L’efficacité reste insuffisante face à une infestation massive.
Cofruid’Oc en première ligne
La coopérative Cofruid’Oc, spécialisée dans la pomme, la poire et l’asperge, est directement impactée par la crise. Selon La Gazette de Montpellier, elle a été doublement labellisée RSE en janvier 2023 et s’engage dans le respect de l’environnement. Mais sans solution phytosanitaire, l’engagement environnemental se heurte à la réalité économique.
Lors de la visite, la préfète Chantal Mauchet, nommée dans l’Hérault le 2 décembre 2025, a souligné son rôle d’écoute et de remontée des problématiques au ministère de l’Agriculture et au ministère de la Santé. Selon Echo des Tribunes, les agriculteurs restent sceptiques : « Ils ont l’impression que leurs inquiétudes sont entendues depuis des années sans solution concrète. »
Contexte dans l’Hérault
L’Hérault compte plusieurs zones de production fruitière, dont le Biterrois et le secteur de Saint-Just. La filière arboricole représente un poids économique significatif dans le département, avec des coopératives structurantes comme Cofruid’Oc.
Le débat sur les produits phytosanitaires oppose défenseurs de l’environnement et agriculteurs confrontés aux ravageurs. Le cas du puceron cendré illustre la tension entre interdictions réglementaires et impératifs économiques, dans un contexte de concurrence européenne asymétrique.
Le vote de la loi « Urgence agricole » dans les prochains jours pourrait débloquer la situation. Les producteurs attendent des mesures concrètes pour sauver la filière pomme.
Sources
- Echo des Tribunes : Pommiers envahis de pucerons dans l'Hérault : les agriculteurs ne supportent plus les interdictions sans solutions
- Préfecture de l'Hérault : Tweet de la préfecture de l'Hérault sur la visite à Cofruid'Oc
- Chambre d'agriculture de l'Hérault : Tweet de la Chambre d'agriculture de l'Hérault
