Herblay-sur-Seine : une pétition pour freiner l’urbanisation des zones humides

Des associations lancent une mobilisation citoyenne pour protéger les bords de Seine et la biodiversité locale.

Herblay-sur-Seine : une pétition pour freiner l'urbanisation des zones humides
Illustration Sophie Lefebvre / info.fr

Plusieurs associations environnementales ont lancé une pétition le 18 avril 2026 à Herblay-sur-Seine. Leur cible : l'urbanisation jugée excessive qui menace les zones humides en bord de Seine. Ces espaces abritent une faune et une flore que les défenseurs de l'environnement estiment fragilisées.

La mobilisation est partie de la société civile. Des associations environnementales actives sur le territoire d’Herblay-sur-Seine ont mis en ligne une pétition le 18 avril 2026, dénonçant la pression urbaine sur les zones humides longeant la Seine. Leur argument central : ces espaces jouent un rôle irremplaçable pour la biodiversité locale et pour la gestion des crues.

Des zones protégées mais sous tension

Le Plan Local d’Urbanisme (PLU) révisé en 2023 identifie ces zones humides comme des espaces de classe 3 à préserver, et impose leur prise en compte dans les nouveaux aménagements pour maintenir la trame bleue, selon la documentation publiée par la mairie. Le SDRIF 2024, le schéma directeur régional d’Île-de-France, va plus loin : il interdit toute urbanisation des zones naturelles d’expansion des crues et fixe un objectif de zéro artificialisation nette d’ici 2050, d’après le document officiel de la Région.

Les associations pointent un écart entre ces engagements réglementaires et les projets concrets. La ZAC de l’Épinémérie, lancée en mars 2025 et portant sur 16 hectares, fait partie des opérations scrutées. Une étude d’impact environnementale a bien été engagée, selon la mairie, mais ses conclusions sur les milieux naturels adjacents n’ont pas encore été rendues publiques à ce stade.

L’île d’Herblay, symbole du débat

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L’île d’Herblay cristallise ces tensions depuis plusieurs années. Réserve ornithologique reconnue, elle fait l’objet d’un projet de sanctuaire de biodiversité porté par le Département du Val-d’Oise, dont les travaux devaient débuter en 2024 selon Le Moniteur. Mais le projet avait déjà suscité des divisions en 2023 : certains habitants craignaient une restriction d’accès au site, rapportait Actu.fr.

Par ailleurs, la forêt de Maubuisson avance en parallèle. La 7e saison de plantation a été lancée le 28 novembre 2025, avec 240 arbres prévus, contribuant à la reconquête de la plaine de Pierrelaye-Bessancourt. Ce projet de forêt labellisée Grand Paris couvre plus de 1 350 hectares au total et vise à renforcer les continuités écologiques dans ce secteur historiquement pollué, selon les données cadastrales disponibles.

Un territoire urbanisé depuis un siècle

Le diagnostic du PLU rappelle que l’urbanisation d’Herblay s’est accélérée dès le début du XXe siècle. Entre 2006 et 2016, 40,3 hectares de zones à urbaniser ont été aménagés, soit 23,3 % des 173,1 hectares prévus par le PLU, selon les données de la mairie. Des projets comme le quartier des Bayonnes ont intégré des espaces verts, mais les associations estiment que le rythme global reste trop soutenu face aux enjeux écologiques.

Le nombre de signatures recueillies par la pétition n’a pas été communiqué à ce stade. La mairie n’a pas encore réagi publiquement à cette initiative.

Sources

Sophie Lefebvre

Sophie Lefebvre

Installée à Cergy, elle couvre les tensions sur le logement, les projets de Grand Paris Express, l'université et les débats sur la sécurité. Formée à Sciences Po Rennes, elle a commencé en radio. Ligne de travail : interroger les élus, les syndicalistes, les étudiants, vérifier les permis de construire avant de publier.

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