Home-jacking à Bondy : un couple ligoté par des malfaiteurs en quête de cryptos

Trois hommes armés ont fracturé la porte d'un domicile de Bondy le 7 mai, ciblant par erreur un couple sans lien avec les cryptomonnaies.

Home-jacking à Bondy : un couple ligoté par des malfaiteurs en quête de cryptos
Illustration Fatima Benali / info.fr

Le 7 mai 2026 vers 5h du matin, trois hommes armés ont fait irruption dans un domicile de Bondy, frappé et ligoté les occupants en cherchant des cryptomonnaies. Les victimes n'avaient aucun lien avec les monnaies virtuelles. L'enquête est confiée au SDPJ 93.

Le 7 mai 2026 vers 5h du matin, trois hommes armés ont fracturé la porte d’un domicile de Bondy (Seine-Saint-Denis), surprenant un couple dans son sommeil. Les agresseurs, munis d’une arme de poing, ont frappé et ligoté les deux occupants, puis fouillé la maison à la recherche de cryptomonnaies stockées. Ils sont repartis bredouilles - ou presque - avec un butin de faible valeur, selon Le Parisien et Actu17.

L’essentiel

  • Date et lieu : 7 mai 2026, vers 5h, domicile d’un couple à Bondy (93)
  • Erreur de cible : les victimes n’ont aucun lien avec les cryptomonnaies ; les agresseurs sont repartis avec un maigre butin
  • Enquête : ouverte pour vol avec violence en réunion, confiée au SDPJ 93 ; trois suspects en fuite vers le nord de Paris au 9 mai 2026
  • Contexte national : 41 séquestrations ou enlèvements liés aux cryptos recensés en France depuis janvier 2026, selon la DNPJ
  • Seine-Saint-Denis : les cambriolages ont reculé de 8,5% en 2025 (6 952 faits), mais les attaques à caractère violent liées aux cryptos progressent

Un réveil brutal pour les victimes

Les trois hommes ont forcé l’entrée du pavillon dans la nuit du mardi au mercredi. Armés d’une arme de poing, ils ont immédiatement maîtrisé le couple endormi à coups et l’ont ligoté, selon les éléments communiqués par Le Parisien et Actu17. Les agresseurs ont ensuite méthodiquement fouillé les pièces, visiblement à la recherche de supports de stockage de cryptomonnaies - clés USB hardware wallet, accès de comptes, ou espèces liées à des transactions virtuelles.

La perquisition improvisée n’a rien donné. Les victimes n’ont aucun lien avec l’univers des monnaies numériques. Les malfaiteurs se sont trompés de domicile ou de personnes, repartant avec quelques objets de faible valeur. L’origine de la confusion n’a pas été précisée par les enquêteurs à ce stade.

L’enquête confiée au SDPJ 93, les suspects en fuite

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Une enquête a été ouverte pour vol avec violence en réunion. Elle est confiée au service départemental de police judiciaire de Seine-Saint-Denis (SDPJ 93). Au 9 mai 2026, les trois suspects n’avaient pas été interpellés. Ils auraient pris la direction du nord de Paris après les faits, d’après Actu17.

Les victimes ont été prises en charge. Leur état de santé n’a pas été détaillé par les autorités. D’autres affaires impliquant des individus armés ont récemment mobilisé les services de police en Seine-Saint-Denis.

Une vague nationale de « crypto-rapts »

L’affaire de Bondy n’est pas isolée. Depuis janvier 2026, la Direction nationale de la police judiciaire (DNPJ) a recensé au moins 41 séquestrations ou enlèvements liés aux cryptomonnaies en France, selon RTL et Le Parisien. C’est une hausse exponentielle : on comptait une vingtaine de cas entre 2023 et 2025, et le phénomène était encore marginal en 2024.

Philippe Chadrys, directeur national adjoint de la police judiciaire, a lui-même tiré la sonnette d’alarme lors d’une conférence de presse le 16 avril 2026 : « Depuis le mois de janvier, plus de quarante faits de séquestrations et/ou d’enlèvements en lien avec les cryptomonnaies ont eu lieu en France », selon Le Parisien.

Ces attaques - parfois désignées sous le terme wrench attacks dans la presse spécialisée internationale - ciblent des investisseurs supposément détenteurs d’actifs numériques. La brutalité est souvent supérieure aux cambriolages classiques : les auteurs cherchent à contraindre physiquement leurs cibles à livrer des clés privées ou des accès de portefeuilles numériques. Dans le cas de Bondy, la cible était manifestement mal identifiée.

Jean-Didier Berger, ministre délégué au ministère de l’Intérieur, a annoncé lors de la Paris Blockchain Week 2026 des mesures préventives destinées à protéger les investisseurs en cryptomonnaies face à cette hausse, selon le Journal du Coin.

Contexte dans la Seine-Saint-Denis

Le département présente un paradoxe statistique. En 2025, les cambriolages ont reculé de 8,5% en Seine-Saint-Denis, avec 6 952 faits enregistrés contre 7 597 en 2024, selon la préfecture de Seine-Saint-Denis. En Île-de-France, la baisse globale des cambriolages atteint 12% sur la même période, soit 34 781 faits, d’après les chiffres régionaux disponibles.

Mais ces indicateurs généraux masquent la montée en puissance d’un mode opératoire spécifique : le home-jacking à caractère violent, souvent lié à des suppositions sur la détention d’actifs numériques. Ces attaques impliquent davantage de violence physique directe que les cambriolages classiques, ce qui les distingue dans les statistiques. Le 93 est régulièrement exposé à ce type d’affaires, compte tenu de la densité de population et de la proximité de Paris. Le département concentre par ailleurs plusieurs déficits de services publics qui fragilisent une partie de ses habitants.

Le secteur de Bondy est traversé par l’A3, artère structurante du nord-est parisien, ce qui facilite les déplacements rapides des auteurs de faits divers. L’axe a déjà été le théâtre d’incidents mobilisant les secours et les forces de l’ordre.

Profil des auteurs : une cible mal renseignée

L’un des traits récurrents des crypto-rapts recensés depuis 2026 est l’erreur de cible. Les auteurs semblent opérer sur la base de renseignements approximatifs - réseaux sociaux, discussions de forum, informations de seconde main - sans vérification préalable. À Bondy, le couple n’avait aucun actif numérique. Les malfaiteurs sont repartis avec des objets de faible valeur, sans qu’aucun montant précis n’ait été communiqué par les enquêteurs.

Cette erreur n’atténue pas la gravité des faits pour les victimes : une intrusion armée à l’aube, des coups, une ligature. Le parquet de Bobigny, compétent pour les affaires du 93, n’a pas communiqué publiquement sur ce dossier à ce stade. D’autres affaires de violences armées occupent parallèlement les services judiciaires franciliens.

Le SDPJ 93 poursuit ses investigations. Aucune date d’audience ou d’interpellation n’a été annoncée.

Sources

Fatima Benali

Fatima Benali

Fatima est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Seine-Saint-Denis (93), avec Bobigny pour chef-lieu. Spécialité du département : Stade de France et basilique cathédrale Saint-Denis. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Île-de-France.

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