Home-jackings en Yonne : des seniors visés à Perceneige et Pont-sur-Yonne
Au moins deux cambriolages violents en présence des occupants, les 23 et 24 avril 2026, dans le nord du département. Le parquet de Sens mène les investigations.
Les 23 et 24 avril 2026, deux home-jackings ont ciblé des personnes âgées dans le nord de l'Yonne, à Perceneige et Pont-sur-Yonne. Une habitante a été blessée et hospitalisée. Le parquet de Sens, dirigé par la procureure Julie Colin, a ouvert une enquête.
Les 23 et 24 avril 2026, deux home-jackings ont ciblé des personnes âgées dans le nord de l’Yonne, à Perceneige et Pont-sur-Yonne. Une habitante a été blessée et hospitalisée. Le parquet de Sens, dirigé par la procureure Julie Colin, a ouvert une enquête.
L’essentiel
- Deux faits en 24 heures : les 23 et 24 avril 2026, à Perceneige (secteur Grange-le-Bocage) et Pont-sur-Yonne, deux seniors ont été victimes de home-jackings.
- Violence à Perceneige : une habitante âgée a été agressée physiquement lors de l’intrusion et hospitalisée.
- Vol sans contact à Pont-sur-Yonne : des espèces ont été dérobées au rez-de-chaussée pendant que l’occupant se trouvait à l’étage, sans violence directe.
- Enquête ouverte : le parquet de Sens confirme plusieurs suspects recherchés ; les peines encourues atteignent 5 ans de prison et 75 000 euros d’amende.
- Possible série régionale : selon une source unique, les faits pourraient être liés à des cambriolages similaires dans le sud de la Seine-et-Marne et l’Aube.
Ce qui s’est passé les 23-24 avril
Les faits se déroulent en deux temps. Le 23 avril, à Perceneige, dans le secteur de Grange-le-Bocage, des individus pénètrent dans le domicile d’une habitante âgée. Une violence physique est exercée sur la victime. Elle est hospitalisée. Le lendemain, à Pont-sur-Yonne, même scénario dans ses grandes lignes : des auteurs s’introduisent dans une maison occupée. Cette fois, la victime se trouve à l’étage. Les cambrioleurs agissent au rez-de-chaussée et emportent des espèces sonnantes et trébuchantes.
La procureure de la République de Sens, Julie Colin, a précisé pour ce second cas, selon France 3 Bourgogne-Franche-Comté : « Il n’y a pas eu de violence sur la victime et que le préjudice porte sur des espèces. Il n’y a pas eu de contact direct entre l’occupant, qui se trouvait à l’étage, et les auteurs qui ont agi au rez-de-chaussée. »
Le parquet de Sens en alerte
Le parquet de Sens a confirmé l’ouverture d’investigations pour les deux affaires. Plusieurs suspects sont recherchés, sans qu’une arrestation ait été annoncée à ce stade. Les faits de home-jacking - cambriolage commis en présence de l’occupant - sont passibles d’un maximum de 5 ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende, selon le parquet, cité par le site Fdesouche.
Le montant du préjudice exact et le nombre définitif de victimes n’ont pas été communiqués publiquement. La gendarmerie n’a pas fait de déclaration distincte accessible à la date de publication.
Une possible série dépassant les frontières de l’Yonne
Selon une source unique - le site Fdesouche, qui relaie l’enquête - les faits pourraient être liés à des cambriolages similaires signalés dans le sud de la Seine-et-Marne et l’Aube. Cette piste n’a pas été confirmée par une déclaration officielle de la justice ou de la gendarmerie disponible à ce jour. Elle reste à traiter avec prudence.
La géographie de ces communes est parlante : Perceneige et Pont-sur-Yonne se situent toutes deux dans le nord du département, à proximité de la frontière avec la Seine-et-Marne. Des zones rurales peu denses, des maisons isolées, des personnes âgées souvent seules : un profil de cible qui correspond à un mode opératoire documenté à l’échelle nationale.
Contexte dans l’Yonne
L’Yonne n’est pas un département épargné par les cambriolages en présence d’occupants. En février 2026, le tribunal correctionnel d’Auxerre a condamné cinq jeunes âgés de 18 à 28 ans à des peines allant jusqu’à quatre ans de prison pour une série de cambriolages opérée dans l’Yonne, le Cher et la Nièvre, selon le Journal du Centre. Cette affaire avait déjà mis en évidence un mode opératoire itinérant, touchant plusieurs départements de la région Bourgogne-Franche-Comté.
À l’échelle nationale, la France a enregistré 212 000 cambriolages de résidences principales en 2025, soit environ 581 par jour, selon les données du ministère de l’Intérieur. Ce chiffre est en baisse de 3 % par rapport à 2024. La tendance nationale à la baisse ne se traduit pas nécessairement par un sentiment de sécurité dans les territoires ruraux, où l’isolement aggrave la vulnérabilité des victimes et complique l’intervention rapide des forces de l’ordre.
L’Yonne est un département à dominante rurale, avec une densité de population parmi les plus faibles de Bourgogne-Franche-Comté. Perceneige est une commune de quelques centaines d’habitants. Pont-sur-Yonne en compte un peu plus de 2 500. Ces deux communes n’ont pas de commissariat ; la couverture repose sur la gendarmerie nationale, dont les délais d’intervention en zone isolée sont structurellement plus longs qu’en secteur urbain.
Ce contexte nourrit l’inquiétude locale. Un habitant de Perceneige l’a résumé sans détour, selon France 3 : « Même à la campagne on ne peut plus avoir la paix. » La sécurité en milieu rural, sujet régulièrement soulevé lors des débats sur la présence de l’État dans les territoires, refait surface avec ces deux affaires. Sur des sujets similaires de délinquance en zone rurale, les élus locaux réclament régulièrement des moyens supplémentaires.
Profil des victimes et mode opératoire
Les deux victimes sont des personnes âgées. Le ciblage de seniors en zone rurale constitue un mode opératoire récurrent dans ce type d’affaires : maisons accessibles, présence fréquente d’espèces à domicile, moindre capacité de résistance physique. La présence de l’occupant au moment des faits - ce qui définit le home-jacking - alourdit la qualification pénale par rapport à un cambriolage classique.
À Perceneige, la violence exercée sur la victime a entraîné une hospitalisation, sans que la nature exacte des blessures ait été précisée par les autorités. À Pont-sur-Yonne, l’absence de contact physique direct a été soulignée par la procureure, ce qui distingue les deux cas sur le plan judiciaire, même si les deux relèvent de la même qualification générale.
Des dispositifs de prévention existent - numéro 17 pour appel d’urgence, référents sûreté en gendarmerie, voisins vigilants - mais leur déploiement en zones très rurales reste limité. La question d’une coordination des services de l’État en zone rurale pour la protection des personnes vulnérables se pose ici dans un registre sécuritaire.
Ce que l’enquête doit établir
Le parquet de Sens doit déterminer si les deux affaires sont liées entre elles et, le cas échéant, si elles s’inscrivent dans une série plus large touchant les départements voisins. La piste Seine-et-Marne / Aube reste à confirmer officiellement. Aucune date d’audience ni étape judiciaire précise n’a été communiquée à ce stade.
Les investigations se poursuivent. Plusieurs suspects sont recherchés, sans qu’une interpellation ait été annoncée à la date de cet article.
Sources
- France 3 Bourgogne-Franche-Comté : Même à la campagne on ne peut plus avoir la paix : série de home-jacking dans des communes de l'Yonne
- Fdesouche : Perceneige et Pont-sur-Yonne (89) frappées par une série de home-jackings visant des personnes âgées
- Le Journal du Centre : Cambriolages en série dans l'Yonne, le Cher et la Nièvre : jusqu'à quatre ans de prison pour les auteurs