Houdemont : la première usine française de jeux de société inaugurée
Le préfet Yves Séguy a officialisé l'ouverture de Game in France, site automatisé visant à rapatrier une production dominée à 80% par la Chine.
Le 27 avril 2026, la commune de Houdemont, en Meurthe-et-Moselle, a accueilli l'inauguration de Game in France. L'usine, installée dans l'ancien hall de L'Est Républicain, est la première en France à fabriquer des jeux de société de manière automatisée. Un investissement de 5,5 millions d'euros, soutenu par l'État et la Région Grand Est.
Le 27 avril 2026, la commune de Houdemont, en Meurthe-et-Moselle, a accueilli l’inauguration de Game in France. L’usine, installée dans l’ancien hall de L’Est Républicain, est la première en France à fabriquer des jeux de société de manière automatisée. Un investissement de 5,5 millions d’euros, soutenu par l’État et la Région Grand Est.
L’essentiel
- Inauguration : le 27 avril 2026 à Houdemont, en présence du préfet de Meurthe-et-Moselle Yves Séguy.
- Surface : 1 500 m² dans l’ancien hall de stockage de L’Est Républicain.
- Investissement : 5,5 millions d’euros, dont 1,4 million de subventions via France 2030.
- Objectif : plus de 2 millions de boîtes par an d’ici 2028-2029, sur un marché français de 37 millions d’unités.
- Contexte : 80% des jeux de société vendus en France sont actuellement fabriqués en Chine.
Une usine née d’un constat simple
Avant Game in France, fabriquer un jeu de société en France relevait du parcours d’obstacles. Selon BFMTV, qui a couvert le projet dès mars 2026, il fallait mobiliser quatre usines distinctes pour assembler un seul titre. Résultat : des délais de plusieurs mois, une dépendance logistique forte, et des coûts difficiles à maîtriser face aux fabricants asiatiques.
Game in France propose de regrouper l’ensemble du processus sur un seul site. L’usine revendique des délais ramenés à un mois, contre plusieurs mois pour une commande passée en Asie, selon les données relayées par le compte officiel de la préfecture sur X.
Un projet porté par des acteurs du secteur
Derrière Game in France, quatre fondateurs issus du monde du jeu et des médias régionaux. Christian Molinari, dirigeant d’Abeilles Éditions, et Timothée Leroy, cofondateur de Blue Orange - éditeur connu notamment pour le jeu Dobble - , apportent leur connaissance du marché. Hugues Baechel assure la présidence de la structure. Christophe Mahieu, du groupe EBRA (qui édite L’Est Républicain), a contribué à l’ancrage territorial du projet, selon L’Est Républicain et Le Journal des Entreprises.
Le projet a démarré à l’été 2024 avec un capital initial de 112 000 euros. Les premières machines sont arrivées sur site le 8 décembre 2025, d’après Le Journal des Entreprises. Le premier jeu produit, Dozito, était prévu pour avril 2026, selon le site spécialisé gusandco.net - seule source sur ce point.
Un financement public significatif
L’investissement total s’établit à 5,5 millions d’euros. L’État a mobilisé 1,4 million d’euros via le programme France 2030. La Région Grand Est et Bpifrance figurent également parmi les soutiens, selon la préfecture de Meurthe-et-Moselle. Le détail des apports régionaux et privés n’a pas été précisé dans les sources disponibles.
Le projet avait été présenté en avant-première le 26 février 2026 au salon de Cannes, selon Le Journal des Entreprises. Un lancement public soigné pour un secteur où la visibilité auprès des distributeurs est déterminante. À l’image d’autres initiatives de relocalisation industrielle soutenues par des représentants de l’État, l’inauguration officielle en présence du préfet marque l’engagement des pouvoirs publics dans ce type de projet.
Contexte dans la Meurthe-et-Moselle
Houdemont est une commune de l’agglomération nancéienne, au sud immédiat de Nancy. Le tissu économique local est marqué par la présence de zones commerciales et d’activités tertiaires, dans un département qui a accompagné ces dernières années plusieurs projets de réindustrialisation légère.
L’implantation dans les locaux de L’Est Républicain illustre une tendance plus large : la reconversion de surfaces industrielles ou d’imprimerie en ateliers de fabrication. France 3 Grand Est souligne que le site est directement lié à l’écosystème médiatique et entrepreneurial lorrain, via le groupe EBRA.
Sur le plan national, le marché du jeu de société représente 37 millions de boîtes vendues par an en France, selon L’Est Républicain. La France est l’un des marchés européens les plus dynamiques du secteur, avec une croissance soutenue depuis 2015. Mais la production restait quasi intégralement délocalisée. Game in France cible d’abord les éditeurs français souhaitant réduire leur exposition aux risques géopolitiques - approvisionnements, droits de douane, tensions en mer de Chine.
Une ambition chiffrée à horizon 2028-2029
L’usine vise plus de 2 millions de boîtes produites par an d’ici deux à trois ans, selon L’Est Républicain. En première année, la cible annoncée est d’un million de boîtes, d’après L’Usine Nouvelle. L’automatisation du site est présentée comme la clé pour atteindre un niveau de prix compétitif face aux fabricants polonais et chinois, qui restent aujourd’hui la référence tarifaire du secteur.
La question de la montée en charge reste ouverte : le carnet de commandes au-delà des premiers éditeurs engagés n’a pas été détaillé lors de l’inauguration. Les créations d’emplois liées au projet n’ont pas non plus été précisées dans les sources disponibles à ce stade. Pour d’autres initiatives de soutien à l’économie productive portées par des représentants préfectoraux, la communication officielle reste souvent prudente sur les chiffres d’emplois avant consolidation.
L’usine entre désormais en phase de production. Les premiers résultats commerciaux seront un indicateur concret de la viabilité du modèle de relocalisation défendu par ses fondateurs.
Sources
- Préfecture de Meurthe-et-Moselle (@Prefet54) : Tweet d'inauguration de Game in France
- L'Est Républicain : Game in France : la plus grande usine de jeux de société française inaugurée à Houdemont
- Le Journal des Entreprises : Game In France relève le défi de la relocalisation de la production de jeux de société
- BFMTV : "Il faut quatre usines différentes" pour fabriquer un jeu de société en France