Houdet honoré au Swiss Open Geneva, son jardin depuis vingt ans
La légende française du tennis-fauteuil, 24 titres majeurs au compteur, sera mise à l'honneur lors de la 39e édition genevoise
Stéphane Houdet revient à Genève mi-juillet. Pas pour une énième victoire, il en a déjà dix ici, mais pour être honoré. À 55 ans, la légende française du fauteuil incarne ce que le Swiss Open cherche à montrer
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Reconnaissance d'une légende
Stéphane Houdet, 24 titres du Grand Chelem et trois médailles d'or paralympiques, incarne l'excellence du tennis-fauteuil français. Son hommage à Genève marque la reconnaissance d'une carrière exceptionnelle.
Visibilité du parasport
Malgré un plateau d'élite mondiale, le Swiss Open peine à remplir ses tribunes. L'hommage à Houdet vise à attirer un public plus large vers une discipline méconnue.
Passage de témoin générationnel
À 55 ans, Houdet reste dans le top 10 depuis vingt ans, mais la nouvelle génération monte. Cet hommage pourrait signaler une transition dans le tennis-fauteuil français.
Ancrage territorial du tournoi
Créé en 1988 par Handisport Genève, le Swiss Open est devenu un rendez-vous majeur du circuit ITF. L'hommage à Houdet, vainqueur genevois dix fois, renforce ce lien.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
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1996
Accident de moto
Houdet est victime d'un accident de moto qui le laisse paraplégique
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2005
Début tennis-fauteuil
Il découvre le tennis-fauteuil et commence sa pratique
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2008
Passage professionnel
Houdet devient joueur professionnel et remporte l'or paralympique en double à Pékin
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2012
Année de gloire
Champion du monde et vainqueur de Roland-Garros en simple
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2014
Grand Chelem historique
Premier homme à réaliser le Grand Chelem calendaire en double messieurs
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2021
Troisième or olympique
Médaille d'or paralympique en double à Tokyo, à 50 ans
Le Tennis Club Drizia-Miremont à Genève accueille du 14 au 18 juillet 2026 la 39e édition du Swiss Open - le plus grand tournoi international de tennis-fauteuil de Suisse. Cette année, c’est Stéphane Houdet qui sera mis à l’honneur. Pas un hasard. Le Français de 55 ans a remporté ce tournoi quatre fois en simple et six fois en double. Genève, c’est son jardin.
« Je suis toujours ravi de revenir ici, c’est fabuleux. J’ai longtemps habité derrière ces montagnes, dans la vallée du Grésivaudan » - confie Houdet à Blick. Le lien avec la région n’est pas qu’affectif. C’est aussi celui d’un champion qui a construit sa légende sur les courts suisses, édition après édition.
Le palmarès parle. Vingt-quatre titres du Grand Chelem - dont quatre en simple. Trois médailles d’or paralympiques en double, Pékin 2008 - Rio 2016 - Tokyo 2021, plus l’argent et le bronze à Londres 2012. Au total, cinq médailles paralympiques. Champion du monde en 2012 - vainqueur de Roland-Garros en simple en 2012 et 2013 - de l’US Open en 2013 et 2017. Ancien numéro un mondial en simple et en double. Et surtout, en 2014 - premier homme de l’histoire à réaliser le Grand Chelem calendaire en double messieurs.
La nouvelle garde pousse derrière le champion
À 55 ans - Houdet reste dans le top 10 mondial depuis vingt ans. Mais cette édition 2026 marque une confrontation générationnelle. Parmi les 85 joueurs et joueuses engagés - cinq membres du top 10 masculin représentent une nouvelle vague. Vingt d’entre eux sortent de Wimbledon - où ils ont affronté, et parfois battu, le vétéran français.
Son dernier titre majeur en simple remonte à 2017. Depuis, les victoires se font rares. Les courts genevois offrent un miroir cruel: Houdet y a gagné dix fois, mais les jeunes talents qui l’ont admiré enfant jouent désormais pour prendre sa place. L’hommage arrive à ce moment précis où la légende bascule du présent au passé. Ce Swiss Open 2026 dira si Houdet peut encore rivaliser, ou s’il ne fait que passer le témoin.
Un tournoi ancré dans l’histoire genevoise
Le Swiss Open Geneva n’est pas qu’un tournoi. C’est un projet de société. Créé en 1988 à l’initiative de Handisport Genève - l’événement est né d’une volonté militante: montrer que le sport-fauteuil mérite sa place dans le paysage sportif helvétique. Trente-huit éditions plus tard, le pari est tenu sur le papier. Le tournoi est devenu un rendez-vous majeur du circuit ITF, un WC 500, l’équivalent d’un ATP 500 dans le circuit valide.
Cette année, 85 joueurs et joueuses se disputeront le prize money total de 36 000 dollars. Cinq membres du top 10 masculin et six du top 15 féminin seront présents. Les matchs se jouent de 9h00 à 19h30 chaque jour. L’entrée est libre, sauf pour les finales du samedi 18 juillet - où une réservation est recommandée. Mais l’ancrage local reste fragile. Handisport Genève a porté le projet pendant des décennies, mais la reconnaissance publique peine à suivre.
Le défi de l’invisibilité
Attirer du public reste un combat. Sebastian Mozer, président du Swiss Open Geneva depuis 2019, l’admet sans détour: « Pour les événements de parasport, attirer du monde est un challenge ». Le paradoxe du tennis-fauteuil tient en une phrase: l’élite mondiale joue à Genève, mais les gradins restent clairsems.
Ce que personne ne dit: un tournoi WC 500 avec cinq joueurs du top 10 - c’est l’équivalent de Monte-Carlo ou Barcelone côté valide. Sauf que Monte-Carlo affiche complet. Genève cherche ses spectateurs. L’hommage à Houdet est aussi une stratégie: capitaliser sur une figure pour faire découvrir une discipline. « Quand on découvre la discipline pour la première fois, on revient », titre Blick. Encore faut-il franchir la porte.
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Une carrière hors norme, un horizon qui se resserre
Houdet a débuté le tennis-fauteuil en 2005 - neuf ans après son accident de moto. Passage pro en 2008. Depuis, il est dans le top 10 mondial sans interruption, vingt ans. Quatre titres mondiaux - vingt-quatre titres du Grand Chelem - cinq médailles paralympiques. Mais le tennis-fauteuil n’a pas de retraite médiatique. On joue, puis on disparaît. Même avec 24 titres du Grand Chelem.
Les finales auront lieu samedi 18 juillet. Houdet sera dans les tribunes ou sur le court. Dans les deux cas, Genève lui dit merci. Discrètement.
