Face à la montée des eaux, Oléron relance ses marais salants
L'île charentaise-maritime réhabilite ses marais salants comme rempart naturel contre la submersion marine et pour faire revivre un savoir-faire disparu.
Sur l'île d'Oléron, les marais salants retrouvent une seconde vie. Collectivités et sauniers misent sur ces espaces comme barrière naturelle face à la montée des eaux, quarante ans après la quasi-disparition du métier.
L’essentiel
- Budget : la Communauté de communes de l’Île d’Oléron consacre 90 000 euros par an à la réfection des marais salants.
- Renouveau du métier : l’île compte une quinzaine de sauniers en activité aujourd’hui, contre zéro dans les années 1980.
- Soutien départemental : le Département de la Charente-Maritime a accompagné l’installation de neuf sauniers entre 2019 et 2025.
- Surface concernée : les marais couvrent environ 25 % des 175 km² de l’île, une zone naturellement inondable.
- Nouvel appel à candidatures : un marais communal de deux hectares a été proposé en 2025 pour une installation.
Un savoir-faire remis au goût du jour
Le métier de saunier avait pratiquement disparu de l’île d’Oléron dans les années 1980, selon l’AFP. Il revient aujourd’hui porté par un objectif qui dépasse la seule production de sel : faire des marais salants une barrière naturelle contre les submersions marines, rapporte TV5Monde. L’île compte désormais une quinzaine de sauniers en activité, contre aucun il y a quarante ans, selon Orange Actu.
La Communauté de communes de l’Île d’Oléron soutient cette dynamique avec un budget annuel de 90 000 euros consacré à la réfection des marais, précise TV5Monde. Le club a réagi sur X pour valoriser cette relance :
Une zone tampon plutôt que des digues
Les marais salants représentent environ 25 % de la superficie de l’île, selon la Communauté de communes de l’Île d’Oléron. Ce sont des espaces bas et naturellement inondables, capables d’absorber une partie des eaux en cas de submersion. Le géologue Éric Chaumillon, de l’Université de La Rochelle, défend ces solutions fondées sur la nature plutôt que la construction systématique de digues, dont le coût est jugé prohibitif.
Un appel à candidatures a été lancé en 2025 par la Communauté de communes pour l’exploitation d’un marais communal de deux hectares. Grâce aux efforts de relance menés depuis une vingtaine d’années, l’île compte aujourd’hui 650 aires de récolte de sel en activité, selon l’AFP.
Contexte dans le département de la Charente-Maritime
L’île d’Oléron reste un point sensible du littoral charentais-maritime face au risque de submersion. La pointe du Gatseau, au sud de l’île, a connu un recul du trait de côte de plus de 50 mètres durant l’hiver 2013-2014, selon le CNRS. Après la tempête Xynthia, un « Plan digues » de 230 millions d’euros a été engagé à l’échelle du département, dont plus de 13 millions d’euros investis spécifiquement pour protéger Oléron, selon le Département de la Charente-Maritime.
Neuf sauniers ont été accompagnés par le Département entre 2019 et 2025 pour s’installer sur l’île. Cette relance s’ajoute aux investissements en dur pour composer une stratégie de protection à plusieurs niveaux, entre ouvrages et restauration des milieux naturels.
La suite dépendra du succès de l’appel à candidatures lancé en 2025 pour le marais de deux hectares, et de la capacité à installer de nouveaux sauniers dans les années qui viennent.