Impôts 2026 : ce qui change vraiment pour 41,5 millions de foyers
La campagne de déclaration des revenus 2025 s'ouvre ce 10 avril. Nouvelle case obligatoire, PFU en hausse, taux individualisé par défaut : trois changements majeurs que Bercy ne met pas en avant.
41,5 millions de foyers fiscaux sont appelés à déclarer leurs revenus 2025 à partir d'aujourd'hui.
- La déclaration en ligne est ouverte depuis le 9 avril pour 41,5 millions de foyers fiscaux.
- Une nouvelle case obligatoire concerne les 5 millions de foyers employant une personne à domicile.
- Le PFU (flat tax) passe de 30 % à 31,4 % en raison de la hausse de la CSG à 10,6 %.
- Le taux de prélèvement à la source individualisé devient l'option par défaut pour les couples.
- Les dates limites s'échelonnent du 19 mai (papier) au 4 juin (zone 3), avec une majoration pouvant atteindre 40 % en cas de retard.
La campagne de déclaration des revenus 2025 a officiellement ouvert le 9 avril sur impots.gouv.fr, mais c’est ce jeudi 10 avril que la majorité des contribuables découvrent leur déclaration pré-remplie. 41,5 millions de foyers sont concernés. Plus de 12 millions d’entre eux bénéficient de la déclaration automatique - ils n’auront rien à faire si les informations sont correctes. Pour les autres, trois changements majeurs méritent une attention particulière.
Les dates limites : le piège des 40 % de majoration
Le calendrier est découpé en trois zones géographiques, plus une date spécifique pour les irréductibles du papier. Le retard n’est pas anodin : la majoration peut atteindre 40 % de l’impôt dû en cas de non-déclaration.

Changement n°1 : la case emploi à domicile qui concerne 5 millions de foyers
C’est la nouveauté la plus concrète et potentiellement la plus piégeuse. Une nouvelle case apparaît sur le formulaire 2042 pour les contribuables qui emploient une personne à domicile - ménage, garde d’enfants, aide aux personnes âgées. Environ 4,7 à 5 millions de foyers sont concernés.
Le crédit d’impôt reste à 50 % des dépenses engagées, dans la limite de 12 000 à 20 000 euros selon la situation familiale. Mais Bercy veut désormais connaître la nature exacte des services déclarés. Le coût de ce crédit d’impôt pour l’État atteint 6,1 à 6,5 milliards d’euros par an. Dit autrement, le fisc veut savoir où va l’argent. L’oubli de cette case ne fera pas perdre le crédit d’impôt cette année, mais il exposera le contribuable à un contrôle ultérieur. Le signal est clair.
Changement n°2 : le PFU passe de 30 % à 31,4 % - en silence
Les épargnants qui détiennent des actions, des obligations ou des livrets fiscalisés vont découvrir une ligne modifiée. Le prélèvement forfaitaire unique (flat tax) passe de 30 % à 31,4 %. La hausse vient de la CSG, relevée de 9,2 % à 10,6 %. Le taux forfaitaire d’impôt sur le revenu reste à 12,8 %, mais la facture sociale augmente de 1,4 point.
Le calcul est simple : sur 10 000 euros de dividendes, l’épargnant payait 3 000 euros. Il en paiera désormais 3 140 euros. Sur un portefeuille qui génère 50 000 euros de revenus du capital, la différence atteint 700 euros par an. Ce n’est pas spectaculaire, mais c’est un transfert net des épargnants vers les caisses de la Sécurité sociale. Le communiqué de Bercy ne le présente évidemment pas ainsi.
Changement n°3 : le taux individualisé par défaut pour les couples
Jusqu’à présent, les couples mariés ou pacsés se voyaient appliquer un taux de prélèvement à la source commun, calculé sur les revenus cumulés du foyer. Désormais, le taux individualisé devient l’option par défaut. Chaque conjoint se voit prélever un taux proportionnel à ses propres revenus.
En clair, dans un couple où l’un gagne 4 000 euros et l’autre 1 500 euros, le premier verra son taux augmenter et le second baisser. Le montant total d’impôt ne change pas. Mais la répartition au sein du couple, elle, change radicalement. C’est une mesure d’équité qui va provoquer des conversations tendues dans certains ménages.
Le barème revalorisé de 0,9 % : un cadeau en trompe-l’oeil
Le barème de l’impôt sur le revenu a été revalorisé de 0,9 % pour suivre l’inflation. La première tranche à 0 % s’applique désormais jusqu’à 11 600 euros de revenu imposable, contre 11 497 euros l’an dernier. La tranche à 11 % court de 11 601 à 29 579 euros, celle à 30 % de 29 580 à 84 577 euros, celle à 41 % jusqu’à 181 917 euros, et la tranche à 45 % au-delà.
Traduit en euros, cette revalorisation de 0,9 % représente une économie de quelques dizaines d’euros pour un salarié au revenu médian. Pendant ce temps, l’inflation cumulée sur les deux dernières années dépasse 5 %. Le barème rattrape l’inflation comme un jogger du dimanche rattrape un TGV.
Les bonnes nouvelles (il y en a deux)
Le plafond des dons ouvrant droit à une réduction de 75 % a été doublé, passant de 1 000 à 2 000 euros pour les organismes d’aide aux personnes en difficulté. L’avantage fiscal maximal passe donc à 1 500 euros. Pour les contribuables généreux, c’est un vrai gain.
Les frais de garde d’enfant de moins de 6 ans ouvrent toujours droit à un crédit d’impôt de 50 %, dans la limite de 3 500 euros par enfant. Ce plafond n’a pas bougé, mais il n’a pas baissé non plus. Dans le contexte budgétaire actuel, c’est presque une victoire.
La contribution sur les hauts revenus : le filet de sécurité reconduit
La contribution différentielle sur les hauts revenus est reconduite en 2026. Elle cible les célibataires déclarant plus de 250 000 euros et les couples au-delà de 500 000 euros. L’objectif affiché : garantir un taux effectif minimum d’imposition pour les contribuables les plus aisés qui optimisent via les niches fiscales. Le rendement attendu n’a pas été communiqué. Les chiffres, eux, parlent : en 2025, cette contribution avait rapporté moins que prévu.
Le verdict chiffré
Pour un salarié célibataire gagnant 30 000 euros net imposable, la revalorisation du barème fait économiser environ 30 euros. La hausse du PFU sur un Livret fiscalisé de 20 000 euros coûte 15 euros supplémentaires. Le gain net est dérisoire. Pour un couple avec emploi à domicile et revenus du capital, la charge administrative augmente (nouvelle case), la charge fiscale aussi (PFU à 31,4 %), et le taux individualisé redistribue les cartes au sein du foyer. En résumé : plus de cases à remplir, plus de prélèvements sur le capital, et un barème qui ne compense même pas l’inflation. La messe est dite.
Sources
- Impôt sur le revenu : le calendrier de la déclaration en 2026 - https://www.economie.gouv.fr/particuliers/impots-et-fiscalite/gerer-mon-impot-sur-le-revenu/impot-sur-le-revenu-le-calendrier-de-la-declaration-en-2026
- Impôt 2026 : quelles nouveautés pour la déclaration des revenus 2025 ? - https://www.info.gouv.fr/actualite/impot-2026-quelles-nouveautes-pour-la-declaration-des-revenus-2025
- Déclaration des revenus en 2026 : la déclaration en ligne est ouverte - https://www.lafinancepourtous.com/2026/04/09/declaration-des-revenus-en-2026-la-declaration-en-ligne-est-ouverte/
- Ce qu'il faut savoir sur la déclaration d'impôts 2026 - Libération - https://www.liberation.fr/economie/conso/ce-quil-faut-savoir-sur-la-declaration-dimpots-2026-qui-debute-ce-jeudi-20260409_R5EE5ZHSE5DIBIY3YCBVFV3V4U/
- Impôts 2026 : attention à ces nouveautés - Les Echos - https://www.lesechos.fr/patrimoine/impots/impots-2026-attention-a-ces-nouveautes-de-la-declaration-des-revenus-2225375
- Impôts 2026 : une nouvelle case pour 5 millions de foyers - Midi Libre - https://www.midilibre.fr/2026/04/06/impots-2026-une-nouvelle-case-a-remplir-cette-annee-pour-plus-de-5-millions-de-foyers-lors-de-la-declaration-de-revenus-13312169.php
- Déclaration des revenus : les trois principaux changements - Ouest-France - https://www.ouest-france.fr/economie/impots-fiscalite/impots/declaration-des-revenus-voici-les-trois-principaux-changements-d12f452a-3369-11f1-9a1c-03e0a2077847
- Fiscalité : nouveautés 2026 pour les particuliers - https://www.lafinancepourtous.com/2026/02/23/fiscalite-nouveautes-2026-pour-les-particuliers/