Incendie au Ménez-Hom : la piste d’une origine humaine privilégiée
Le feu qui a ravagé 30 hectares de landes et de pins à Plomodiern est désormais maîtrisé. La gendarmerie de Châteaulin a lancé un appel à témoins après avoir vu quatre à cinq jeunes près du départ de feu.
À Plomodiern, l'incendie du Ménez-Hom est maîtrisé depuis plusieurs jours, mais l'enquête sur son origine s'intensifie. Les enquêteurs privilégient une cause humaine, et un appel à témoins a été lancé pour retrouver un groupe de jeunes aperçus sur place peu avant le sinistre.
L’essentiel
- 30 hectares de landes et de pins ont brûlé au Ménez-Hom à Plomodiern depuis le 26 juin 2026.
- plus de 200 sapeurs-pompiers ont été mobilisés au plus fort de l’intervention, avec 30 largages d’hélicoptère.
- Un appel à témoins a été lancé par la gendarmerie de Châteaulin pour identifier quatre à cinq jeunes vus près du départ de feu.
- Une dizaine de pompiers reste en surveillance, le dispositif étant allégé.
Ce qui s’est passé
Le vendredi 26 juin 2026, un incendie s’est déclaré en fin d’après-midi sur les pentes du Ménez-Hom, colline emblématique du Finistère située sur la commune de Plomodiern. Le feu a rapidement parcouru les landes et les pins, détruisant 30 hectares de végétation avant d’être maîtrisé. Selon les services de l’État dans le Finistère, l’intervention a mobilisé jusqu’à plus de plus de 200 sapeurs-pompiers, renforcés par des marins-pompiers de Brest et de l’Île Longue. L’hélicoptère bombardier d’eau départemental Morane 29 a effectué 30 largages pour contenir les flammes. Un agriculteur de la commune voisine de Ploéven, Michel Roignant, a également apporté son concours en mobilisant ses tracteurs et ses tonnes à lisier pour ravitailler les secours en eau.
L’origine humaine privilégiée
Alors que le sinistre est désormais sous contrôle, les enquêteurs se concentrent sur ses causes. La brigade de gendarmerie de Châteaulin a lancé un appel à témoins officiel le 29 juin 2026, après que des témoins ont signalé la présence de quatre à cinq jeunes dans le secteur du départ de feu, peu avant que l’incendie ne se déclare. « Nous cherchons toute personne ayant vu ce groupe ou ayant des informations sur son identité », indique la gendarmerie dans son appel.
Le président du Conseil départemental du Finistère, Maël de Calan, a estimé qu’il était possible que le feu soit d’origine humaine. « Les conditions météo et le lieu laissent penser à une intervention humaine, mais les investigations en cours le détermineront », a-t-il déclaré. La piste accidentelle ou criminelle est donc privilégiée à ce stade, sans qu’aucune certitude ne soit encore établie.
La mobilisation des secours
L’ampleur du feu a nécessité une réponse rapide et coordonnée. Outre les pompiers du Finistère, des renforts ont été dépêchés depuis Brest et la base navale de l’Île Longue. La route départementale RD 887, qui relie Châteaulin à Crozon, a dû être temporairement fermée à la circulation pendant l’intervention pour permettre le passage des engins et la sécurité des équipes au sol. Le préfet du Finistère a salué l’efficacité du dispositif dans son point de situation n°5 diffusé sur X le 29 juin : « Le feu reste maîtrisé ; 30 hectares brûlés ; maintien d’un dispositif allégé. »
Depuis ce lundi 29 juin, le nombre de pompiers sur place a été réduit à une dizaine pour assurer une surveillance continue et prévenir toute reprise. Les conditions météorologiques, avec un vent modéré et une humidité relative, sont désormais favorables.
Contexte dans le Finistère
Le Finistère n’est pas un département habituellement exposé aux grands incendies de forêt, mais les épisodes secs récents augmentent le risque. Le Ménez-Hom, site naturel classé, attire de nombreux visiteurs chaque année. La végétation de landes et de pins y est particulièrement inflammable en période de sécheresse. L’an dernier, un feu plus modeste avait déjà touché une zone voisine de la presqu’île de Crozon. Les autorités locales rappellent régulièrement l’interdiction de fumer ou d’allumer un feu en pleine nature pendant les périodes à risque. Cet incendie, bien que rapidement maîtrisé, a mobilisé d’importants moyens et souligne la nécessité de la vigilance.
Prochaine étape : l’enquête
Les investigations se poursuivent sous la direction de la gendarmerie de Châteaulin. Les enquêteurs examinent les témoignages et les images de vidéosurveillance disponibles. L’appel à témoins reste ouvert. Aucune interpellation n’a eu lieu à ce jour. D’autres enquêtes similaires sont en cours dans le pays, comme à Montpellier où une enquête a été ouverte pour soupçons de maltraitance dans une crèche, ou à Boussens où une autopsie a été ordonnée après la mort suspecte d’un enfant de 3 ans. Le parquet de Quimper n’a pas encore communiqué sur d’éventuelles suites judiciaires.
La préfecture du Finistère indique que la situation est stabilisée et que la surveillance se poursuivra autant que nécessaire.