Incendie meurtrier en Andalousie : Sánchez appelle à former la population
Le président du gouvernement espagnol s'est rendu ce dimanche sur les lieux du sinistre qui a fait 13 morts et ravagé 7 000 hectares depuis le 9 juillet
Pedro Sánchez s'est rendu le 13 juillet sur les lieux de l'incendie d'Almería, en Andalousie, qui a coûté la vie à 13 personnes dont plusieurs étrangers. Le chef du gouvernement espagnol a appelé à une meilleure prévention face aux feux de forêt, alors que le sinistre, désormais stabilisé, a ravagé environ 7 000 hectares.
L’essentiel
- Bilan humain : 13 morts, dont 7 étrangers (4 Britanniques, 1 Française, 1 Belge, 1 Espagnol)
- Superficie brûlée : environ 7 000 hectares ravagés depuis le 9 juillet 2026
- Stabilisation : le feu a été stabilisé le 12 juillet, permettant le retour de quelque 1 500 évacués
- Origine probable : chute d’un câble électrique le long d’une route
- Contexte climatique : l’Espagne a enregistré un tiers de la superficie totale brûlée en Europe en 2025
Le président du gouvernement espagnol Pedro Sánchez s’est rendu ce lundi 13 juillet sur les lieux de l’incendie meurtrier qui a frappé l’Andalousie depuis le 9 juillet. Sur place, dans la province d’Almería, il a appelé à une meilleure prévention et à la formation de la population face aux feux de forêt, rappelant que l’Espagne se trouve en première ligne du réchauffement climatique.
Le bilan de ce sinistre s’élève à 13 morts, selon les autorités espagnoles. Parmi les victimes figurent sept étrangers : quatre Britanniques, une Française, un Belge et un Espagnol, selon plusieurs médias dont La Croix et Noovo Info. Une femme britannique de 93 ans est décédée des suites de ses blessures à l’hôpital.
Un incendie parti de Los Gallardos
Le feu s’est déclaré le jeudi 9 juillet près de Los Gallardos, commune d’environ 3 000 habitants située dans la province d’Almería, au sud-est de l’Espagne. Les flammes se sont rapidement propagées, alimentées par des températures élevées et des vents forts caractéristiques de cette région méditerranéenne en plein été.
Le périmètre de l’incendie a atteint 40 kilomètres, ravageant environ 7 000 hectares de végétation et de zones habitées, selon les chiffres communiqués par les services d’urgence espagnols et repris par Orange Actu et TV5MONDE. Des centaines de pompiers et de soldats ont été mobilisés pour combattre le sinistre, appuyés par des moyens aériens.
L’origine du feu est attribuée à la chute d’un câble électrique le long d’une route, selon les premiers éléments de l’enquête rapportés par plusieurs médias dont Le Matin et China.org.cn. Cette cause accidentelle est fréquente dans les incendies de grande ampleur qui touchent la péninsule ibérique durant la saison estivale.
Stabilisation et retour des évacués
Le dimanche 12 juillet, les autorités ont annoncé que le feu était stabilisé, permettant le retour de quelque 1 000 personnes évacuées vers leurs domiciles. Cette annonce a marqué un tournant dans la gestion de la crise, même si des points chauds restaient sous surveillance.
Les opérations de lutte contre l’incendie ont nécessité la mobilisation de moyens considérables, avec des dizaines d’avions et d’hélicoptères bombardiers d’eau déployés en renfort des équipes terrestres. Les autorités régionales d’Andalousie ont coordonné l’intervention avec le gouvernement central à Madrid.
L’Espagne en première ligne du changement climatique
Lors de sa visite sur les lieux du sinistre, Pedro Sánchez a insisté sur la nécessité d’adapter les politiques de prévention face à l’aggravation des risques d’incendies. Le chef du gouvernement a rappelé que l’Espagne avait enregistré un tiers de la superficie totale brûlée en Europe en 2025, selon les données rapportées par La Croix et TV5MONDE.
Cette statistique place l’Espagne au premier rang des pays européens touchés par les feux de forêt, devant le Portugal, la Grèce et l’Italie. Le réchauffement climatique accentue les phénomènes de sécheresse et les vagues de chaleur dans le bassin méditerranéen, créant des conditions propices aux incendies de grande ampleur.
Sánchez a appelé à renforcer la formation de la population locale pour mieux réagir face aux départs de feu et aux évacuations d’urgence. Cette approche s’inscrit dans une stratégie globale de prévention qui vise à réduire le nombre de victimes et les dégâts matériels lors des prochaines saisons à risque.
Des victimes de plusieurs nationalités
Le caractère international du drame illustre l’attractivité touristique et résidentielle de la côte andalouse. La province d’Almería, connue pour ses plages et son climat ensoleillé, accueille une importante communauté d’expatriés européens, notamment britanniques et français, qui y ont établi leur résidence secondaire ou principale.
Parmi les victimes britanniques figure une femme de 93 ans qui a succombé à ses blessures après son hospitalisation, selon Noovo Info. Les autorités consulaires françaises et belges ont confirmé la mort de leurs ressortissants, sans communiquer d’identité complète dans le respect de la vie privée des familles.
Les services d’urgence espagnols ont indiqué que plusieurs personnes avaient été piégées par la rapidité de la progression des flammes, certaines tentant de fuir en voiture alors que les routes étaient déjà coupées par le feu. Les opérations d’identification des corps et de soutien aux familles se poursuivent.
Contexte en Espagne
L’Espagne connaît une recrudescence des incendies de forêt depuis plusieurs années, liée à l’augmentation des températures moyennes et à la multiplication des épisodes de sécheresse. Le pays a enregistré des records de chaleur durant l’été 2025, avec des températures dépassant régulièrement 40°C dans le sud de la péninsule.
L’Andalousie, région la plus méridionale d’Espagne continentale, est particulièrement exposée à ce risque en raison de sa végétation méditerranéenne sèche et de ses vents souvent violents. La province d’Almería, avec ses 8 800 km² et ses 750 000 habitants, combine zones urbaines côtières densément peuplées et arrière-pays montagneux couvert de maquis.
Selon les données du système européen d’information sur les feux de forêt (EFFIS), l’Espagne a enregistré plus de 393 000 hectares brûlés en 2025, soit environ un tiers du total européen. Cette proportion place le pays en tête des nations les plus touchées, devant le Portugal (18%) et la Grèce (12%).
Mesures de prévention renforcées
Le gouvernement espagnol a annoncé ces derniers mois plusieurs mesures visant à améliorer la prévention et la réponse aux incendies. Parmi elles figure l’augmentation du budget alloué aux moyens aériens de lutte contre le feu, avec l’acquisition de nouveaux avions bombardiers d’eau et le renforcement des effectifs de pompiers forestiers.
Les autorités régionales d’Andalousie ont également lancé des campagnes de sensibilisation auprès de la population, insistant sur les comportements à risque comme le jet de mégots de cigarette ou l’utilisation d’engins agricoles durant les heures les plus chaudes. Des restrictions d’accès aux zones forestières sont systématiquement mises en place durant les périodes de forte chaleur.
Pedro Sánchez a souligné la nécessité d’une coordination européenne renforcée face à ce qui constitue désormais un défi continental. Le mécanisme européen de protection civile permet déjà le déploiement de moyens transfrontaliers, mais le président espagnol plaide pour une mutualisation accrue des ressources et des protocoles d’intervention.
Les autorités espagnoles poursuivent les opérations de nettoyage et de sécurisation des zones touchées par l’incendie. Une enquête judiciaire a été ouverte pour déterminer les responsabilités éventuelles dans la chute du câble électrique à l’origine du sinistre.
Sources
- Orange Actu : Espagne: Pedro Sánchez est arrivé sur les lieux de l'incendie meurtrier en Andalousie
- TV5MONDE : Incendie en Andalousie: Sánchez appelle la population à mieux réagir
- La Croix : Incendie en Andalousie : Sánchez appelle la population à mieux réagir
- Le Matin : Incendie en Andalousie: Sánchez appelle la population à mieux réagir