Incendie à Nant près de Millau : le feu sous contrôle après trois jours de lutte
35 hectares brûlés, 128 pompiers mobilisés, six blessés le bilan de l'incendie près de Millau. Place désormais à la surveillance active.
L'incendie qui a ravagé 35 hectares de végétation à Nant, près de Millau, depuis dimanche 21 juin est officiellement sous contrôle ce mercredi 24 juin. Après trois jours de combat intense, les pompiers passent en phase de surveillance.
L’essentiel
- 35 hectares de végétation parcourus par le feu depuis le 21 juin à Nant, en Aveyron.
- 128 sapeurs-pompiers et plusieurs moyens aériens (Canadairs, Dash, Puma) mobilisés.
- Six pompiers pris en charge ; le feu est sous contrôle ce mercredi 24 juin.
L’incendie déclenché dimanche 21 juin en fin d’après-midi sur la commune de Nant, à une trentaine de kilomètres au sud-est de Millau, est désormais maîtrisé. La préfecture de l’Aveyron a annoncé ce mercredi 24 juin que le sinistre était « sous contrôle » et que les opérations passaient en phase de surveillance active.
Un feu fixé, puis une reprise sous 40 °C
Selon les informations communiquées par la mairie de Nant, le feu s’est déclaré dans une zone escarpée de garrigue et de pinède. Dans la nuit du dimanche au lundi, les pompiers étaient parvenus à fixer le front de flammes. Mais lundi 22 juin, en milieu d’après-midi, une reprise très virulente s’est produite sous l’effet des températures caniculaires, proches de 40 °C, et d’un vent violent.
« La reprise a été soudaine, les flammes ont rapidement gagné du terrain malgré la présence des secours », relate un témoin joint par téléphone. Le feu a alors parcouru au total 35 hectares de végétation, selon le bilan provisoire du Service départemental d’incendie et de secours (Sdis) de l’Aveyron.
Moyens terrestres et aériens massifs
Pour venir à bout de l’incendie, les secours ont déployé des moyens exceptionnels : jusqu’à 128 sapeurs-pompiers, appuyés par une quarantaine de véhicules terrestres. Le dispositif aérien comprenait quatre Canadairs, des avions Dash et un hélicoptère lourd Puma de la sécurité civile.
« Ces moyens ont permis de frapper les foyers les plus actifs et de protéger les habitations isolées », précise le Sdis dans un communiqué. Aucune habitation n’a été détruite, selon la préfecture.
Six sapeurs-pompiers ont été pris en charge par les secours depuis le début de l’intervention, pour des blessures légères ou des malaises liés à la chaleur. Leur état n’inspire pas d’inquiétude, a indiqué la coordination des secours.
Arrêté municipal et visite de la préfète
La mairie de Nant a pris un arrêté interdisant l’accès aux massifs forestiers impactés pour toutes les activités de plein air (randonnée, VTT, chasse). La mesure reste en vigueur jusqu’à nouvel ordre.
Mardi 23 juin, la préfète de l’Aveyron, Claire Chauffour-Rouillard, s’est rendue sur les lieux pour suivre l’évolution de la situation et échanger avec les pompiers. Une conférence de presse est attendue en fin de semaine pour faire un bilan définitif.
Les conditions météorologiques restent surveillées : des températures encore élevées sont attendues dans les prochains jours, augmentant le risque de reprise, même si le feu est déclaré sous contrôle.
Contexte dans l’Aveyron
Avec 35 hectares brûlés, cet incendie est le plus important de l’année dans le département dans le département. L’Aveyron, département du sud-ouest du Massif central, est habituellement moins exposé aux feux de forêt que les régions méditerranéennes. Mais depuis plusieurs années, les épisodes de sécheresse et de canicule multiplient les départs de feux, y compris dans les zones de garrigue et de pinède qui couvrent une partie du sud du département.
En 2025, le Sdis de l’Aveyron avait recensé 187 feux de végétation, pour une surface totale de 112 hectares. L’incendie de Nant représente donc à lui seul près d’un tiers de cette surface. Les services de l’État rappellent l’importance du respect des restrictions d’accès aux massifs et de l’interdiction d’utilisation du feu en période de canicule, comme l’a souligné la préfète de la Gironde dans un contexte similaire.
Prochaine étape : la surveillance active
La phase de surveillance, qui débute ce mercredi, consiste à quadriller la zone pour détecter d’éventuelles reprises, en particulier dans les secteurs où le feu a couvé en profondeur (souches, racines). Les pompiers maintiendront un dispositif allégé mais opérationnel pendant plusieurs jours, en lien avec la mairie et l’Office national des forêts.
Une cellule de reconstitution des causes de l’incendie a été ouverte par la gendarmerie. L’origine du sinistre n’a pas encore été déterminée.
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