Incendie près de Saumur : l’élan de solidarité des habitants pour ravitailler les pompiers
Le 23 juin, 110 hectares partent en fumée dans la forêt de Brignon. Sans moyens aériens, riverains et agriculteurs apportent eau et nourriture aux secours.
Le 23 juin, un incendie a ravagé 110 hectares dans la forêt de Brignon, à Saint-Macaire-du-Bois (Maine-et-Loire). Privés de moyens aériens le premier jour, les pompiers ont reçu le soutien d'agriculteurs et de riverains. Le feu est éteint depuis vendredi 26 juin.
L’essentiel
- Fait 1 : 110 hectares de végétation détruits dans la forêt de Brignon
- Fait 2 : 180 sapeurs-pompiers et 50 engins mobilisés
- Fait 3 : Aucune habitation menacée ni blessé
- Fait 4 : Le département en vigilance rouge canicule
Ce qui s’est passé
Le mardi 23 juin 2026, un violent incendie s’est déclaré dans la forêt de Brignon, sur la commune de Saint-Macaire-du-Bois, à une quinzaine de kilomètres au sud-est de Saumur. Attisé par des températures dépassant les 37 °C et un air très sec, le feu a rapidement progressé, détruisant 110 hectares de forêt et de broussailles. Selon la préfecture de Maine-et-Loire, jusqu’à 180 sapeurs-pompiers et 50 engins venus de plusieurs départements ont été déployés au sol.
Le premier jour, aucun bombardier d’eau aérien n’a pu intervenir, ces moyens nationaux étant engagés sur d’autres incendies en France. Les pompiers ont dû compter sur leurs seules ressources terrestres et sur l’appui logistique local. Le feu a été maîtrisé dans la nuit de mercredi à jeudi, puis déclaré éteint le vendredi 26 juin. Aucune habitation n’a été menacée et aucun blessé n’est à déplorer, a confirmé Cyrille Lefeuvre, directeur de cabinet du préfet.
La chaîne de solidarité
Dès le début du sinistre, des agriculteurs du secteur se sont organisés pour soutenir les secours. Munis de leurs tonnes à eau, ils ont acheminé des centaines de mètres cubes d’eau jusqu’aux points de ravitaillement. Ils ont également créé des bandes pare-feu en labourant des bandes de terre avec leurs tracteurs, ralentissant la progression des flammes.
En parallèle, des riverains se sont relayés au carrefour des RD 77 et RD 69, à l’entrée de Saint-Macaire-du-Bois. Ils y ont installé un point de ravitaillement informel, distribuant bouteilles d’eau, cafés et sandwichs aux pompiers et aux agriculteurs. « Ils sont venus avec leurs glacières, leurs bouteilles, ils ont passé la journée à servir », a témoigné un habitant cité par Saumur Kiosque. Sur X, le compte HopeMedia a relayé cette mobilisation :
Cette solidarité n’est pas un cas isolé. Début juin, à Châteaudun, un début d’incendie avait été rapidement maîtrisé au stade Kléber-Picard en pleine canicule, et dans le Finistère, l’incendie du Ménez Hom avait également mobilisé des riverains.
Contexte dans le Maine-et-Loire
Le département de Maine-et-Loire (49) comptait 824 000 habitants au recensement 2023. La forêt de Brignon, située sur le plateau du Saumurois, est un massif de pins et de chênes verts, très sensible au feu en période de sécheresse. Le jour de l’incendie, Météo France avait placé le département en vigilance rouge canicule, avec des températures maximales atteignant 39 °C dans le sud du territoire. Cette vague de chaleur, qui a touché toute la région, a conduit plusieurs communes à interdire la vente d’alcool à emporter, comme dans le Val-de-Marne où des mesures similaires ont été prises.
Ce n’est pas le premier feu de forêt notable en 2026 dans le département. En mai, un incendie avait déjà brûlé 110 hectares dans la forêt de Brignon, à 20 km de là. Les pompiers du SDIS 49 restent en alerte, les températures annoncées pour les prochains jours dépassant encore les 35 °C.
La reconnaissance des autorités
Le préfet de Maine-et-Loire, François Pesneau, a salué officiellement « l’élan de solidarité des habitants et le soutien matériel précieux des professionnels agricoles » dans un communiqué publié sur le site de la préfecture. Il a également rappelé l’importance de la prévention et de la vigilance en cette période de canicule.
Les agriculteurs, de leur côté, ont exprimé leur satisfaction d’avoir pu aider. « On a fait ce qu’on savait faire : amener de l’eau et tracer des pare-feux. Les pompiers étaient contents », a déclaré un exploitant local. La solidarité a été spontanée, sans qu’aucune coordination officielle ne soit nécessaire.
Prochaine étape : l’Office national des forêts (ONF) doit évaluer les dégâts et programmer les opérations de reboisement. Les travaux débuteront à l’automne, une fois le risque de sécheresse passé.