Incendies en Espagne : plus de 12 000 hectares brûlés en Aragon
Un brasier ravage l'Aragon une semaine après le drame d'Almería qui a coûté la vie à 13 personnes, dont une Française
L'Espagne fait face à une nouvelle vague d'incendies dévastateurs. Près d'Orés en Aragon, un feu a consumé plus de 12 000 hectares au 18 juillet, forçant l'évacuation de plus de 1 000 personnes. Ce brasier survient une semaine après l'incendie meurtrier d'Almería, le plus mortel de l'histoire de l'Andalousie.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Plus de 12 000 hectares brûlés en Aragon au 18 juillet 2026, avec l'évacuation de plus de 1 000 personnes de cinq villages
- Environ 450 pompiers, 30 avions et 300 militaires mobilisés contre le feu déclenché le 15 juillet près d'Orés
- 13 morts dans l'incendie d'Almería la semaine précédente, dont une Française, cinq Britanniques et trois Belges
- L'incendie d'Almería a ravagé 7 000 hectares avant sa stabilisation le 12 juillet, le plus meurtrier de l'histoire de l'Andalousie
- Pedro Sánchez a appelé à un pacte national contre l'urgence climatique lors de sa visite à Almería le 13 juillet
Un important incendie continue de ravager l’Aragon ce jeudi 18 juillet. Déclenché le 15 juillet près d’Orés, dans la province de Saragosse, le feu a dépassé les 12 000 hectares brûlés selon les derniers bilans, rapporte BFMTV. Plus de 1 000 habitants de cinq villages ont été évacués préventivement face à la progression des flammes.
Environ 400 pompiers et 30 avions luttent contre le brasier, épaulés par 300 renforts militaires déployés par Madrid. Les conditions météorologiques compliquent l’intervention : le vent et la sécheresse maintiennent un « risque de propagation très élevé », selon les autorités locales citées par Noovo Info.
Une semaine après le drame d’Almería
Ce nouvel incendie survient une semaine après la tragédie de Turre, dans la province d’Almería, en Andalousie. Le 9 juillet, un feu de forêt a tué 13 personnes, dont douze ressortissants étrangers : sept Britanniques, trois Belges et une Française. L’incendie, qui a ravagé environ 7 000 hectares, a été stabilisé le 12 juillet après trois jours de lutte acharnée.
Il s’agit de l’incendie le plus meurtrier de l’histoire de l’Andalousie. Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez s’est rendu sur place le 13 juillet pour exprimer son soutien aux victimes et aux secours. Lors de sa visite, il a appelé à un « pacte national contre l’urgence climatique », selon TV5MONDE.
Déploiement militaire en Aragon
Face à l’ampleur du sinistre en Aragon, le gouvernement espagnol a mobilisé l’armée. Les 300 militaires déployés appuient les pompiers locaux et régionaux dans les opérations de lutte contre le feu et la sécurisation des zones évacuées. Les moyens aériens, avec 30 avions et hélicoptères bombardiers d’eau, effectuent des rotations continues depuis trois jours.
Les villages évacués se situent dans un périmètre de plusieurs kilomètres autour du foyer principal. Les habitants ont été relogés dans des centres d’accueil temporaires à Saragosse et dans les communes voisines non menacées. Aucune victime n’est à déplorer à ce stade en Aragon, mais les autorités maintiennent l’alerte maximale.
Conditions climatiques critiques
La multiplication des incendies en Espagne cet été reflète des conditions climatiques particulièrement difficiles. Les températures dépassent régulièrement 40°C dans plusieurs régions, tandis que la sécheresse persiste depuis le printemps. L’Aragon et l’Andalousie, déjà touchées par des déficits pluviométriques importants, présentent une végétation asséchée qui alimente la propagation rapide des flammes.
Les météorologues espagnols prévoient le maintien de ces conditions au moins jusqu’à la fin du mois de juillet, avec des vents forts qui compliquent les interventions aériennes. Le gouvernement régional d’Aragon a décrété l’interdiction totale de toute activité susceptible de déclencher un feu : barbecues, feux de camp, travaux agricoles avec engins.
Contexte en Espagne
L’Espagne subit régulièrement des vagues d’incendies durant l’été, mais l’année 2026 se distingue par la gravité des sinistres. Outre les incendies d’Almería et d’Aragon, plusieurs foyers actifs ont été signalés en Catalogne et en Estrémadure début juillet, sans faire de victimes mais en détruisant plusieurs milliers d’hectares de forêt.
Selon les données du système européen d’information sur les feux de forêt (EFFIS), l’Espagne a enregistré plus de 30 000 hectares brûlés depuis le début de l’année, soit une augmentation de 40 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années. Les régions méditerranéennes et l’intérieur du pays sont les plus exposées.
Réactions politiques et appel à l’action
L’appel de Pedro Sánchez à un pacte national contre l’urgence climatique a reçu des échos contrastés. Les partis de gauche et écologistes ont salué l’initiative, réclamant des investissements massifs dans la prévention et la modernisation des moyens de lutte contre les incendies. L’opposition de droite a critiqué un manque d’anticipation, pointant des effectifs de pompiers jugés insuffisants dans plusieurs régions.
Le ministère espagnol de la Transition écologique a annoncé le déblocage d’une enveloppe d’urgence pour renforcer les dispositifs de surveillance et d’intervention. Les détails du montant et de la répartition n’ont pas encore été précisés.
Impact pour les ressortissants français
La présence d’une victime française dans le bilan d’Almería a suscité une vive émotion en France. Le ministère français des Affaires étrangères a confirmé le décès sans dévoiler l’identité de la personne, par respect pour la famille. L’ambassade de France à Madrid reste en contact étroit avec les autorités espagnoles pour suivre l’évolution de la situation en Aragon.
Les consulats français en Espagne ont diffusé des recommandations aux ressortissants présents dans les zones à risque : éviter les déplacements non essentiels, suivre les consignes des autorités locales et s’inscrire sur le portail Ariane du Quai d’Orsay pour recevoir les alertes en temps réel.
Prochaines étapes
Les pompiers espèrent contenir l’incendie d’Aragon dans les prochaines 48 heures si les conditions météorologiques s’améliorent. Une baisse des températures et un affaiblissement du vent sont attendus en début de semaine prochaine, ce qui pourrait faciliter les opérations. Le retour des habitants évacués ne sera autorisé qu’après une évaluation complète des zones touchées et la fin de tout risque de reprise du feu.
