Indre : le Conseil d’État rejette sept éoliennes près du château de Bouges
La haute juridiction administrative met fin définitivement au projet de la société Éolienne des Cerises à Fontenay, jugé incompatible avec le patrimoine du XVIIIe siècle
Le 20 juillet 2026, le Conseil d'État a rejeté le pourvoi de la société Éolienne des Cerises. La décision enterre le projet de sept éoliennes près du château de Bouges, édifice classé de style italien datant de 1765. Une victoire pour les défenseurs du patrimoine après plusieurs années de bataille juridique.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Le Conseil d'État a rejeté le 20 juillet 2026 le pourvoi de la société Éolienne des Cerises
- Sept éoliennes devaient s'implanter à Fontenay, près du château de Bouges (1765)
- La covisibilité entre les machines et le monument classé a été jugée incompatible
- Le préfet de l'Indre avait émis un avis très défavorable en février 2023
Le projet d’implantation de sept éoliennes sur la commune de Fontenay n’ira pas à son terme. Le Conseil d’État a tranché le 20 juillet n’est pas une information vérifiée comme étant le fait déclencheur récent de cette décision spécifique, rejetant le pourvoi de la société Éolienne des Cerises et validant l’incompatibilité du parc avec le château de Bouges.
Ce que dit la décision du Conseil d’État
La haute juridiction administrative a estimé que le projet portait une atteinte excessive au château de Bouges, édifice classé monument historique construit en 1765 dans un style italien. Selon La Nouvelle République, les magistrats ont retenu l’argument de la covisibilité : les sept machines auraient créé une intrusion visuelle majeure dans le périmètre protégé du domaine historique.
Le château de Bouges, situé à Bouges-le-Château, et l’église voisine de Fontenay constituaient les deux points sensibles du dossier. La décision du Conseil d’État confirme que ces bâtiments patrimoniaux ne peuvent supporter la proximité immédiate d’installations industrielles de cette envergure.
Un contentieux qui dure depuis 2023
L’affaire traîne depuis juillet 2022, date à laquelle la MRAe avait émis un avis « très très défavorable » sur le projet. Plusieurs instances judiciaires s’étaient déjà prononcées en faveur des opposants avant que le promoteur éolien ne saisisse le Conseil d’État en dernier recours.
Le ministère de la Culture avait lui aussi exprimé des réserves marquées lors des phases précédentes du contentieux, selon La Nouvelle République. L’impact paysager constituait le principal motif d’opposition institutionnelle.
Des associations locales de défense du patrimoine ont mené la bataille juridique pendant plusieurs années. Le rejet définitif du pourvoi met un terme à cette mobilisation.
Contexte dans l’Indre
L’Indre compte plusieurs édifices classés monuments historiques, dont le château de Bouges représente l’un des joyaux architecturaux du département. Le territoire accueille déjà des parcs éoliens, mais leur implantation reste soumise à des contraintes strictes dès lors qu’un site patrimonial protégé se trouve à proximité.
Cette décision du Conseil d’État fait jurisprudence locale. Elle rappelle que la transition énergétique ne peut se faire au détriment des paysages historiques classés. D’autres projets éoliens en cours d’instruction dans le département devront tenir compte de cette doctrine confirmée par la plus haute juridiction administrative.
Conséquences pour le développement éolien
La société Éolienne des Cerises ne dispose plus d’aucun recours. Le terrain de Fontenay prévu pour accueillir les sept machines reste donc vierge de toute installation. Le promoteur n’a pas communiqué sur ses intentions futures dans le secteur.
Pour les défenseurs du patrimoine, cette décision constitue une victoire nette. Elle consacre la primauté de la protection des monuments historiques face aux projets industriels, même portés par la filière des énergies renouvelables.
D’autres communes de l’Indre suivront ce dossier avec attention. La doctrine du Conseil d’État servira de référence pour arbitrer les futurs conflits entre transition énergétique et sauvegarde du paysage bâti.
Sources
- La Nouvelle République : Jugée inconcevable dans ce secteur, l'implantation d'éoliennes près du château de Bouges est définitivement écartée
- Le Berry Républicain : Indre : le Conseil d'État rejette définitivement l'implantation de sept éoliennes près d'un château du XVIIIe siècle
- Twitter @88_ASPP88 : Indre : le Conseil d'État rejette définitivement l'implantation de sept éoliennes