L’inflation américaine recule à 3,5 % en juin
Le ralentissement inattendu des prix à la consommation réduit la pression sur la Réserve fédérale
Les chiffres de juin marquent un ralentissement net de l'inflation aux États-Unis, portée par la chute des prix de l'essence. Mais le répit pourrait être de courte durée.
- L'inflation américaine recule à 3,5 % en juin, contre 4,2 % en mai, bien en deçà des 3,8 % attendus.
- La chute de 9,7 % des prix de l'essence explique l'essentiel du ralentissement, mais le brut repart à la hausse.
- L'inflation sous-jacente ralentit à 2,6 %, contre 2,9 % en mai, restant au-dessus de l'objectif de 2 % de la Fed.
- Wall Street réagit positivement le S&P 500 grimpe de 0,5 %, le Nasdaq bondit de plus de 1 %.
Mardi 14 juillet 2026 - 8h30 du matin à Washington. Le Bureau of Labor Statistics publie les chiffres de l’inflation de juin. Les traders de Wall Street arrêtent leur café. L’indice des prix à la consommation (CPI) affiche 3,5 % sur un an. Contre 4,2 % le mois précédent. Et surtout: bien en dessous des 3,8 % attendus par les économistes.
Le soulagement est immédiat. Le S&P 500 grimpe de 0,5 %. Le Nasdaq bondit de plus de 1 %. Le Dow Jones, lui, avance à peine de 0,1 % - plombé par IBM qui s’effondre de 23 % après un avertissement sur résultats. Mais personne ne regarde IBM. Tous les yeux sont sur l’inflation.
L’essence fait tout basculer
Sur un mois, les prix reculent de 0,4 %. C’est la plus forte baisse mensuelle depuis avril 2020 - en pleine pandémie. Les analystes tablaient sur une contraction de 0,1 % seulement. Qu’est-ce qui a fait la différence? L’essence. Elle chute de 9,7 % en un mois. Un plongeon brutal qui efface, temporairement, la flambée des mois précédents.
L’énergie dans son ensemble recule de 5,7 % en juin - après avoir grimpé de 3,9 % en mai. Mais sur un an, elle reste en hausse de 15,7 %. Le répit est fragile. Avec la reprise des tensions dans le détroit d’Ormuz, les cours du brut repassent au-dessus de 80 dollars le baril. La facture énergétique pourrait repartir à la hausse dès juillet.
On se souvient du choc de juin 2022, lorsque l’inflation avait atteint 9,1 % - son pic post-pandémie. Trois ans plus tard, le mouvement s’inverse enfin.
L’inflation sous-jacente ralentit aussi
Plus rassurant: l’inflation hors alimentation et énergie, celle que la Fed surveille de près, ralentit à 2,6 % sur un an. Contre 2,9 % en mai. Les économistes attendaient 2,8 %. Sur un mois, le « core CPI » stagne, alors qu’une hausse de 0,2 % était anticipée.
Le logement, poste clé dans le budget des ménages américains, ralentit légèrement: 3,3 % contre 3,4 % en mai. L’alimentation fléchit à 3 % contre 3,1 %. Des frémissements, pas une victoire.
Le chiffre retenu pour la comparaison mensuelle est celui du CPI - l’indice des prix à la consommation. L’autre indicateur suivi par la Fed, le PCE (Personal Consumption Expenditures), avait affiché 4,1 % en mai. Les deux indices diffèrent par leur périmètre: le PCE intègre davantage les services de santé, le CPI pèse plus lourdement le logement.
La Fed garde la main sur le frein
La Fed maintient son taux directeur entre 3,50 % et 3,75 %. Pas de hausse en vue pour juillet, mais pas de baisse non plus. La prochaine réunion du comité de politique monétaire se tiendra fin juillet; les marchés parient désormais sur un statu quo, écartant le scénario d’un resserrement évoqué par Christopher Waller quelques semaines plus tôt.
Samuel Tombs - estime qu’il serait surprenant que la Fed resserre sa politique monétaire ce mois-ci après un rapport aussi favorable. Reid l’Anson - note que le rapport donne à la Fed une « marge de manœuvre ». Les marchés écartent désormais l’hypothèse d’une première baisse de taux avant septembre.
Ce que personne ne dit: l’objectif de 2 % reste hors de portée
La Fed vise une inflation à 2 % - un objectif qu’elle n’a pas atteint depuis plus de cinq ans. À 3,5 %, l’économie américaine reste loin du compte. Michael Metcalfe - qualifie l’inflation de cette année de « transitoire ». Le terme est risqué: c’est le même que la Fed avait utilisé en 2021, avant que l’inflation n’explose à 9,1 % en juin 2022.
Le pic historique d’inflation aux États-Unis reste celui du 29 juin 1920 - à 23,70 %. Le plus bas, à -15,80 % - date du 29 juin 1921. Un siècle plus tard, l’inflation reste une obsession politique autant qu’économique.
Trump capitalise sur le reflux des prix
Donald Trump - avait fait de l’amélioration du pouvoir d’achat une priorité de sa campagne victorieuse de 2024. En mai, il avait déclaré: « J’aime l’inflation » - prédisant qu’elle « tomberait comme une pierre » après la fin du conflit avec l’Iran. Les chiffres de juin lui donnent raison.
Ce ralentissement tombe à point nommé pour l’administration Trump. Les élections de mi-mandat approchent, et le pouvoir d’achat reste le premier sujet de préoccupation des électeurs dans les sondages. L’opposition démocrate au Congrès, qui pointait l’échec de la politique économique, perd son principal argument. Mais la victoire est fragile: si le brut repart à la hausse, l’inflation repartira avec lui. Et avec elle, la colère des ménages.
Le CPI de juin s’établit à un indice de 333.952 - sur une base 100 en 1982-84.
La menace pétrolière plane déjà
Le ralentissement de juin tient à un seul facteur: la chute des prix de l’essence. Mais les cours du brut repartent à la hausse. Si le baril reste au-dessus de 80 dollars - l’inflation énergétique reviendra dès juillet. Et avec elle, la pression sur les ménages.
Les marchés ont célébré mardi. Ils savent déjà que la fête sera courte.
Sources
Voir le détail de chaque fait sourcé (9)
« The all items index rose 3.5 percent for the 12 months ending June after rising 4.2 percent for the 12 months ending May. »
bls.gov ↗ ↩
« La Fed a maintenu son taux directeur inchangé entre 3,50 % et 3,75 % lors de cette réunion. »
boursorama.com ↗ ↩
« La Fed vise une inflation à 2 %, un objectif qu'elle n'a pas atteint depuis plus de cinq ans. »
bls.gov ↗ ↩
« Les prix de l'essence ont chuté de 9,7 % en juin par rapport au mois précédent. »
bls.gov ↗ ↩
« Avec la reprise des tensions et des frappes dans le détroit d'Ormuz, les cours du pétrole ont bondi à nouveau au-dessus des 80 dollars le baril. »
tradingeconomics.com ↗ ↩
« L'inflation pour le logement a légèrement ralenti à 3,3 % contre 3,4 % en mai, et celle de l'alimentation a également fléchi à 3 % contre 3,1 %. »
bls.gov ↗ ↩
« L'inflation pour le logement a légèrement ralenti à 3,3 % contre 3,4 % en mai, et celle de l'alimentation a également fléchi à 3 % contre 3,1 %. »
bls.gov ↗ ↩
« Président Donald Trump: L'amélioration du pouvoir d'achat était une de ses priorités lors de sa campagne victorieuse de 2024. »
washingtonpost.com ↗ ↩
« Il avait précédemment déclaré "J'aime l'inflation" en mai et prédit qu'elle "tomberait comme une pierre" après la fin du conflit avec l'Iran. »
businessinsider.com ↗ ↩
Sources
- Consumer Price Index – June 2026
- US consumer inflation cools in June
- Waller warns Fed may need to hike rates if June's CPI runs hot
- USA : les prix à la consommation ralentissent plus que prévu en juin
- CPI inflation report June 2026
- June inflation cools as gas prices fall, but risks remain
- États-Unis : une excellente surprise sur le front de l'inflation
- US CPI June 2026
- United States Inflation Rate