Semi-conducteurs : Inocel lève 64 millions d’euros, Crolles reste au cœur de la filière
Le financement soutient le développement de technologies clés dans la vallée du Grésivaudan, épicentre français des puces électroniques.
La société Inocel a sécurisé 64 millions d'euros pour accélérer ses travaux dans le secteur des semi-conducteurs. Ce nouvel investissement s'inscrit dans un écosystème isérois sous tension, entre milliards publics injectés et suppressions d'emplois chez STMicroelectronics.
La vallée du Grésivaudan concentre l’essentiel de l’industrie française des semi-conducteurs. Crolles en est le cœur. Dans ce contexte, la levée de fonds d’Inocel - 64 millions d’euros - s’ajoute à une série de signaux contradictoires : argent public abondant, emplois menacés, mais aussi de nouvelles productions lancées sur le site.
STMicroelectronics : des milliards, mais des emplois en recul
Le tableau général reste contrasté. En décembre 2025, STMicroelectronics a obtenu un prêt d’un milliard d’euros de la Banque européenne d’investissement pour renforcer la R&D et la production sur ses sites de Crolles, Rousset et Tours, selon L’Usine Nouvelle. La BEI aurait ensuite accordé 500 millions supplémentaires en janvier 2026, selon Lutte Ouvrière.
Mais le site n’a pas tenu ses engagements en matière d’emploi. En 2023, l’État avait annoncé 2,9 milliards d’euros via France 2030 pour l’extension de l’usine - projet total de 7,5 milliards, en partenariat initial avec GlobalFoundries, avec promesse de 1 000 créations de postes, rappelle France Info. Résultat : des suppressions d’emplois ont été annoncées en 2025, et les 485 millions de la quatrième tranche d’aide ont été versés fin 2025 sous conditions suspensives non respectées, selon Le Monde Informatique.
Le Monde titrait en décembre 2025 sur « le grand flou pour les salariés de la vallée des puces ».
De nouvelles puces lancées en avril 2026
Malgré ce contexte social difficile, des avancées technologiques sont annoncées sur le site de Crolles. En avril 2026, STMicroelectronics a lancé la production de puces photoniques PIC100, destinées aux centres de données et à l’intelligence artificielle, avec des interconnexions ultra-rapides et basse consommation, soutenu par France 2030.
À l’échelle européenne, la dynamique est aussi visible. En février 2026, la ligne pilote NanoIC a été inaugurée à Louvain par IMEC, avec 2,5 milliards d’euros d’investissement, incluant le CEA-Leti français, pour tester des procédés sub-2nm.
Un écosystème local structurant
Le pôle Minalogic, en Auvergne-Rhône-Alpes, a labellisé plus de 1 040 projets semi-conducteurs depuis 2005, générant 2,9 milliards d’euros d’investissements R&D, selon ses propres données. Le plan France 2030 prévoit au total 5,5 milliards pour le secteur à l’échelle nationale.
Dans ce périmètre, la levée de fonds d’Inocel représente un signal supplémentaire que le Grésivaudan reste attractif pour les acteurs de la filière, même si la question des emplois locaux n’est pas encore résolue.
Sources
- L'Usine Nouvelle : Semi-conducteurs : en pleine réduction d'effectifs, STMicroelectronics obtient un prêt européen d'un milliard d'euros
- Le Monde : En Isère, le grand flou pour les salariés de la « vallée des puces »
- Le Monde Informatique : Malgré les subventions, STMicroelectronics n'a pas créé les emplois promis
- France Info : Usine de semi-conducteurs à Crolles : l'État apportera une aide de 2,9 milliards d'euros