Funérailles d’État de six jours en Iran : hommage à Khamenei sous tension
Des millions d’Iraniens ont commencé à rendre un dernier hommage au Guide suprême assassiné, dans un climat de deuil et de revendication, en pleine guerre régionale.
L’Iran a lancé le 4 juillet 2026 des funérailles nationales de six jours pour Ali Khamenei, tué le 28 février lors de frappes américano-israéliennes. À Téhéran, des foules immenses se sont rassemblées à la grande mosquée Mosalla, tandis que le nouveau Guide suprême Mojtaba Khamenei reste absent de la scène publique.
L’essentiel
- Funérailles de six jours : Débutées le 4 juillet 2026 à Téhéran pour Ali Khamenei, assassiné le 28 février 2026.
- Foule immense : 15 à 20 millions de personnes attendues dans la capitale iranienne.
- Absence notable : Le nouveau Guide suprême Mojtaba Khamenei n’est pas apparu sur la tribune officielle.
- Appel à la vengeance : Un poète a suscité des cris de «Mort à l’Amérique!» et «Mort à Israël!» devant la foule ; les drapeaux rouges chiites sont brandis.
- Pause diplomatique : Les États-Unis suspendu les négociations de paix pour une semaine.
L’Iran vit depuis le 4 juillet 2026 l’un des plus grands rassemblements funéraires de son histoire. Les funérailles d’État de six jours de l’ex-Guide suprême Ali Khamenei, mort à 86 ans dans les frappes aériennes américano-israéliennes du 28 février, ont débuté à Téhéran. Reportées une première fois en mars en raison du déclenchement de la guerre ouverte entre l’Iran, Israël et les États-Unis, elles se tiennent dans un contexte de tension extrême et de deuil national.
Un hommage massif à la Mosalla de Téhéran
Le 5 juillet 2026, des centaines de milliers de personnes - les autorités estiment qu’entre 15 et 20 millions de personnes pourraient défiler sur l’ensemble des six jours - se sont pressées à la grande mosquée Mosalla. Les fidèles brandissaient des drapeaux rouges, symbole de vengeance dans l’islam chiite, et scandaient des slogans hostiles à Israël et aux États-Unis. Le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi et plusieurs hauts responsables de la République islamique ont assisté à la prière officielle, prononçant des discours appelant à la continuité du régime et à la résistance.
Le gouvernement a décrété deux jours fériés (dimanche 5 et lundi 6 juillet) pour paralyser l’activité de Téhéran et faciliter les processions, selon les médias d’État cités par Al Jazeera. Les rues de la capitale sont noires de monde, dans une atmosphère mêlant ferveur religieuse, colère et tristesse.
L’absence de Mojtaba Khamenei intrigue
Alors que le nouveau Guide suprême, Mojtaba Khamenei, fils du défunt, avait été désigné rapidement après l’assassinat, son absence de la tribune officielle durant les deux premiers jours des funérailles interroge. Selon The Guardian, aucun membre de la famille Khamenei n’était visible publiquement. Le journal britannique rapporte que cette absence pourrait être liée à des dissensions internes au sein du régime ou à des impératifs de sécurité. Mojiaba Khamenei, jusqu’ici discret, n’a pas prononcé de discours ni participé aux prières. « Les Iraniens s’interrogent : où est le nouveau Guide ? » résume un analyste cité par le quotidien.
La mort d’Ali Khamenei a également décimé sa famille proche : sa fille, son gendre, sa belle-fille et son petit-fils ont péri dans les mêmes frappes du 28 février, selon Wikipedia. Cette hécatombe familiale accentue le caractère dramatique de la succession.
Vengeance et guerre : les cris de la foule
Durant la cérémonie à la Mosalla, un poète a publiquement appelé à la mort de Donald Trump, sous les acclamations de la foule, rapporte TV5Monde. Les drapeaux rouges - symbole chiite de la vengeance pour le sang versé - étaient omniprésents, rappelant les rites de l’Achoura. L’assassinat de Khamenei, imputé à une opération conjointe américano-israélienne, a provoqué une onde de choc dans tout le monde musulman chiite.
La guerre de 2026 entre l’Iran d’un côté, Israël et les États-Unis de l’autre, a radicalement changé le contexte régional. Déclenchée en mars, elle a déjà fait des dizaines de milliers de morts. Les funérailles sont donc aussi une démonstration de force : montrer que le régime tient malgré la perte de son chef historique.
Un périple funéraire de six jours
Les processions doivent traverser plusieurs villes saintes avant l’inhumation finale. Selon le programme annoncé, le cortège passera par Qom, centre théologique iranien, puis par les villes irakiennes de Najaf et Kerbala, lieux sacrés du chiisme. L’enterrement est prévu le 9 juillet 2026 à Mashhad, où se trouve le mausolée de l’imam Reza. Ce parcours symbolique vise à unir les différentes communautés chiites de la région.
Sur le plan diplomatique, les États-Unis ont accepté d’interrompre les pourparlers de paix avec l’Iran durant une semaine, le temps des funérailles, rapporte Fox News. Cette trêve temporaire des discussions - déjà très fragiles - montre que Washington cherche à éviter une escalade pendant cette période sensible.
Contexte régional : un tournant géopolitique
L’assassinat d’Ali Khamenei le 28 février 2026 marque un tournant dans l’histoire contemporaine du Moyen-Orient. Guide suprême depuis 1989, il était le visage de la République islamique et le chef incontesté de son système politico-religieux. Sa mort violente, combinée à la guerre en cours, plonge l’Iran dans une période d’incertitude. Le régime doit à la fois gérer le deuil, la succession et la poursuite du conflit armé. Les appels à la vengeance dans les funérailles laissent présager une radicalisation du discours officiel, tandis que l’absence de Mojtaba Khamenei soulève des questions sur la stabilité du pouvoir. La communauté internationale observe avec attention, d’autant que le dossier nucléaire iranien reste en suspens.
La suite des événements est très attendue : l’inhumation à Mashhad le 9 juillet pourrait être le théâtre de nouvelles manifestations de masse. D’ici là, la trêve diplomatique avec Washington offre une fenêtre étroite pour une éventuelle désescalade - mais la colère de la rue iranienne pourrait la compromettre.
Sources
- Wikipedia : Ali Khamenei - Wikipedia
- Al Jazeera : Iran begins six-day state funeral for Khamenei
- The Guardian : Mojtaba Khamenei absent from father's funeral
- Fox News : US pauses peace talks with Iran during Khamenei funeral
- TV5Monde : Iran : aux funérailles de Khamenei, un poète appelle à la mort de Trump
- ARTE : ARTE Journal - Iran : 15 à 20 millions de personnes attendues