Iran-États-Unis : le Pakistan, le Qatar et Oman tentent de maintenir un fil diplomatique malgré les frappes
Malgré neuf nuits de frappes américaines, Téhéran confirme des contacts via le Pakistan, le Qatar et Oman
Alors que les bombardements américains se poursuivent depuis le 19 juillet, Téhéran maintient des contacts avec trois médiateurs régionaux. Un protocole signé en juin n'aura pas tenu un mois.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
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1979
Révolution islamique
Début des tensions dans les relations irano-américaines
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1980
Rupture diplomatique
Fin des relations diplomatiques formelles entre l'Iran et les États-Unis
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Mai 2024
Pourparlers à Oman
Négociations indirectes pour désamorcer les tensions régionales
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2025-2026
Cycles de négociations
Plusieurs rounds via Oman, Qatar et Pakistan visant un accord de paix nucléaire
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17 juin 2026
Mémorandum d'Islamabad
Signature d'un accord prévoyant une cessation des hostilités et 60 jours pour négocier
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6-7 juil. 2026
Attaque de trois navires
Les Gardiens de la révolution attaquent trois navires dans le détroit d'Ormuz
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19 juil. 2026
Neuvième nuit de frappes
L'Iran suspend ses engagements, au moins 50 morts et plus de 500 blessés
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei - l’a confirmé cette semaine: l’Iran maintient un dialogue diplomatique avec le Pakistan, le Qatar et Oman pour « prévenir une escalade des tensions » avec Washington. Une phrase qui résonne comme un aveu d’impuissance. Ou comme un dernier espoir.
Depuis le 19 juillet - les États-Unis ont mené neuf nuits consécutives de frappes aériennes contre des sites militaires et des infrastructures iraniennes. Bilan officiel de Téhéran: au moins 50 tués et plus de 500 blessés. Washington, lui, parle d’environ 140 cibles touchées avec plus de 300 frappes. Les chiffres varient. La colère, non.
Un protocole d’accord déjà mort
Tout avait commencé en juin. Un « Mémorandum d’entente d’Islamabad » avait été signé le 17 juin 2026 - prévoyant une cessation des hostilités, la réouverture du détroit d’Ormuz et l’engagement des deux parties à négocier un accord global dans les 60 jours. Soixante jours pour sortir de décennies de tensions.
Ça n’a pas tenu trois semaines.
Le déclencheur: entre les 6 et 7 juillet, les Gardiens de la révolution iraniens ont attaqué trois navires dans le détroit d’Ormuz, le long de la côte omanaise. Washington a riposté. L’Iran a contre-attaqué par missiles et drones. Le 19 juillet, Téhéran a suspendu ses engagements.
Les médiateurs refusent de lâcher
Malgré tout, les lignes restent ouvertes. Téhéran a précisé que des « idées » lui sont toujours transmises par les médiateurs, signe que l’appareil diplomatique reste actif malgré les bombardements. Le Pakistan a même officiellement appelé les deux nations à cesser leurs affrontements et à reprendre les négociations.
Ce n’est pas la première fois que ces trois pays tentent de rapprocher Téhéran et Washington. Des pourparlers indirects avaient déjà eu lieu à Mascate en mai 2024 - puis à Genève - puis à nouveau à Bürgenstock, en Suisse, en juin - avec la médiation pakistanaise et qatarie. À chaque fois, l’espoir. À chaque fois, l’échec.
Le Qatar avait même annoncé des « progrès positifs » lors des discussions de juillet. Trois jours plus tard, les bombes tombaient sur Téhéran.
Les conditions iraniennes pour revenir à la table
L’Iran a posé cinq conditions préalables à la reprise d’un second cycle de négociations avec les États-Unis, qu’il qualifie de « garanties minimales de confiance ». Téhéran ne les a pas détaillées publiquement, mais le message est clair: pas de dialogue sans geste de Washington.
Le porte-parole du ministère iranien a d’ailleurs précisé que les négociations avec les États-Unis sont possibles « si elles servent les intérêts nationaux de l’Iran ». Une formule vague. Une porte entrouverte.
Ce que personne ne dit
Depuis la Révolution islamique de 1979 - l’Iran et les États-Unis n’ont plus de relations diplomatiques formelles depuis 1980. Le Pakistan et la Suisse assurent des fonctions de puissances protectrices. Cela fait des décennies que les deux pays se parlent par intermédiaire.
Mais ce qui frappe dans cette nouvelle crise, c’est l’écart entre la violence des frappes et la persistance du dialogue diplomatique. Comme si deux logiques contradictoires coexistaient: celle de l’escalade militaire et celle de la désescalade négociée.
Le détroit d’Ormuz, point de passage stratégique pour le commerce mondial de pétrole, est à nouveau perturbé. Les compagnies maritimes hésitent. Les assureurs augmentent leurs primes. Le monde regarde. Et pendant ce temps, à Islamabad, Doha et Mascate, des diplomates font ce qu’ils savent faire: parler.
Combien de temps les médiateurs tiendront-ils?
Des négociations techniques se sont déroulées à Doha - un canal de communication a été mis en place pour signaler les éventuelles violations du protocole d’accord. Il n’a servi à rien. Washington a frappé. Téhéran a riposté. Les médiateurs ont repris leurs téléphones.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi - est mentionné dans plusieurs discussions diplomatiques récentes. Mais aucune date de reprise des négociations n’a été annoncée. Aucune garantie n’a été donnée. Juste des appels. Des messages. Des « idées » transmises d’une capitale à l’autre.
Le dernier cycle de négociations entre l’Iran et les États-Unis remonte à 2025-2026. Il avait débouché sur le protocole d’Islamabad. Soixante jours pour tout régler. Il en aura fallu moins de trente pour tout casser.
Esmaeil Baghaei avait prévenu en février 2026: toute attaque américaine contre l’Iran serait considérée comme un acte d’agression et entraînerait des conséquences. Les conséquences sont là. Les médiateurs aussi. Pour combien de temps, personne ne le sait.
Sources
Voir le détail de chaque fait sourcé (11)
« Ces frappes ont également entraîné une reprise des hostilités et des perturbations dans le détroit d'Ormuz, un point pour le commerce mondial de pétrole. »
connaissancedesenergies.org ↗ ↩
« Islamabad Memorandum: June 17, 2026 »
en.wikipedia.org ↗ ↩
« Précédemment, un "Mémorandum d'entente d'Islamabad" avait été signé en juin 2026, prévoyant une cessation des hostilités, la réouverture du détroit d'Ormuz et l'engagement des deux parties à négocier un accord dans les 60 jours. »
dailytimes.com.pk ↗ ↩
« the IRGC struck three ships as they were passing through the strait along the Omani coast »
britannica.com ↗ ↩
« The United States carried out a ninth consecutive night of strikes across Iran »
x.com ↗ ↩
« L'Iran a affirmé que ces frappes américaines avaient causé la mort d'au moins 50 personnes et blessé plus de 500 autres. »
information.tv5monde.com ↗ ↩
« Selon le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, Téhéran maintient un dialogue diplomatique continu avec Islamabad, Doha et Mascate afin d'éviter une aggravation du conflit avec Washington. »
aa.com.tr ↗ ↩
« Téhéran a souligné que les "idées" lui sont toujours transmises par les médiateurs, signe que l'appareil diplomatique reste actif malgré les bombardements américains. »
aa.com.tr ↗ ↩
« Le Pakistan a de son côté appelé les deux nations à cesser leurs affrontements et à reprendre les négociations. »
dailytimes.com.pk ↗ ↩
« L'Iran a posé cinq conditions préalables à la reprise d'un second cycle de négociations avec les États-Unis, considérées comme des "garanties minimales de confiance". »
lorientlejour.com ↗ ↩
« L'Iran a posé cinq conditions préalables à la reprise d'un second cycle de négociations avec les États-Unis, considérées comme des "garanties minimales de confiance". »
lorientlejour.com ↗ ↩
Sources
- Al Jazeera - Iran accuses US of striking critical infrastructure
- Britannica - 2026 Iran war
- Wikipedia - 2025-2026 Iran–United States negotiations
- AP News - US-Iran war mediation peace deal
- Daily Times Pakistan - Iran says in talks with mediators
- Anadolu Agency - Moyen-Orient : les États-Unis poseraient cinq conditions
- L'Orient-Le Jour - Après une neuvième nuit de frappes américaines
- Swissinfo - Reprise des négociations entre l'Iran et les États-Unis