Isère : un wingsuiteur de 44 ans se tue dans le massif de Belledonne
Le drame s'est produit dimanche 28 juin au-dessus du lac de la Balmette. Le PGHM de Briançon a récupéré le corps.
Un wingsuiteur de 44 ans, originaire de Bourgoin-Jallieu, a perdu la vie dimanche 28 juin après un saut depuis le Grand Pic de Belledonne. Le PGHM de Briançon est intervenu. Le parquet de Grenoble a ouvert une enquête.
L’essentiel
- Victime : un Nord-Isérois de 44 ans, pratiquant expérimenté de wingsuit.
- Lieu : massif de Belledonne, secteur du lac de la Balmette (commune d’Allemond).
- Secours : le PGHM de Briançon a récupéré le corps, celui de l’Isère étant mobilisé sur d’autres interventions.
- Enquête : ouverte par le parquet de Grenoble ; l’hypothèse de conditions aérologiques instables liées à la canicule est privilégiée.
Ce qui s’est passé
Dimanche 28 juin 2026, en début d’après-midi, un homme de 44 ans s’est élancé en wingsuit depuis le Grand Pic de Belledonne, point culminant du massif à 2 977 mètres d’altitude. Selon les premiers éléments recueillis par les enquêteurs, le sauteur - un habitant de Bourgoin-Jallieu, dans le Nord-Isère - n’a pas survécu à la descente. Son corps a été retrouvé dans le secteur du lac de la Balmette, sur le territoire de la commune d’Allemond.
L’alerte a été donnée peu après 14 heures. Une vingtaine de sauveteurs ont été dépêchés sur place. Le pratiquant, décrit comme expérimenté, était connu dans le milieu local du vol en combinaison.
L’intervention des secours
Les militaires du peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) de l’Isère étaient déjà engagés sur d’autres interventions ce même dimanche, selon Le Dauphiné Libéré. C’est donc le PGHM de Briançon - pourtant situé dans le département voisin des Hautes-Alpes - qui a été dépêché par hélicoptère pour récupérer le corps. L’opération a duré plusieurs heures en raison de la configuration du site, en altitude et en zone très sauvage.
Le corps a été formellement identifié dans la soirée. Les autorités n’ont pas encore communiqué l’identité du défunt, dans l’attente de l’information de la famille.
L’enquête judiciaire
Le parquet de Grenoble a ouvert une enquête pour déterminer les circonstances exactes de l’accident. Selon les premières constatations, rien ne laisse présager un geste volontaire. Les enquêteurs se concentrent sur les conditions aérologiques du moment.
L’Isère connaît depuis plusieurs jours un épisode de forte canicule. Les masses d’air chaud génèrent des turbulences et des ascendances imprévisibles en montagne. Une hypothèse privilégiée par les secours est que le sauteur aurait été déstabilisé par une rafale descendante ou un cisaillement de vent, classique lors des fortes chaleurs. Une autopsie sera pratiquée dans les prochains jours.
Contexte dans le département
Le massif de Belledonne, qui culmine à près de 3 000 mètres, est un terrain de jeu réputé pour les sports de montagne. Chaque année, plusieurs accidents de vol libre ou d’alpinisme s’y produisent. La wingsuit, discipline extrême consistant à voler avec une combinaison à ailes, exige une maîtrise parfaite de la météorologie locale. L’accident de ce dimanche porte à trois le nombre de décès en wingsuit en Isère depuis 2023.
Les conditions caniculaires qui sévissent actuellement sur une grande partie de la région Auvergne-Rhône-Alpes ont également perturbé les déplacements et déclenché des vigilances orange dans plusieurs départements. La végétation sèche et la faible humidité changent aussi le comportement des masses d’air en altitude.
Le même jour, d’autres régions ont connu des phénomènes météorologiques violents : un orage supercellulaire a frappé Blois, tandis que les pompiers d’Indre-et-Loire effectuaient 132 interventions liées aux intempéries.
Une discipline à haut risque
La wingsuit est considérée comme l’une des activités aériennes les plus dangereuses. Le taux de fatalité est estimé à environ un accident mortel pour mille sauts par les fédérations internationales. Les pratiquants expérimentés, comme la victime de dimanche, n’en sont pas exempts. Les investigations devront déterminer si l’équipement a pu jouer un rôle ou si le choix du site de saut - le Grand Pic de Belledonne, exposé au vent - a contribué au drame.
Le retour d’expérience des secours en montagne isérois montre qu’en période de canicule, les sauts en milieu alpin doivent être différés ou adaptés. Les températures anormalement élevées baissent la densité de l’air, ce qui modifie la portance des ailes.
L’enquête se poursuit. Les résultats de l’autopsie et les analyses techniques de la combinaison et de l’équipement GPS embarqué devraient permettre de préciser la chronologie des faits. Aucune date d’audition n’a encore été fixée par le parquet de Grenoble.