Israël autorise une force internationale à Gaza, étape clé du plan Trump
Le cabinet de sécurité valide le déploiement d'un contingent de stabilisation dans l'enclave palestinienne, sous strict contrôle israélien
Le 26 juillet 2026, le cabinet de sécurité israélien a approuvé le cadre juridique permettant l'entrée d'une Force internationale de stabilisation à Gaza. Cette décision, inscrite dans le plan américain en 20 points, marque un tournant dans la gestion post-conflit de l'enclave, tout en préservant le contrôle israélien sur les conditions de déploiement.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Le cabinet de sécurité israélien a approuvé le 26 juillet 2026 le cadre légal pour l'entrée d'une Force internationale de stabilisation à Gaza, composée d'environ 200 soldats de pays amis.
- Le déploiement, inscrit dans le plan américain en 20 points, débutera par un projet pilote près de Rafah sous strict contrôle israélien.
- Israël conserve le droit de valider chaque contingent national et exige le désarmement du Hamas avant tout retrait militaire supplémentaire.
- Le ministre Itamar Ben-Gvir s'est opposé à la décision, illustrant les divisions au sein de la coalition gouvernementale.
Le gouvernement israélien a franchi une étape diplomatique majeure samedi en validant le déploiement d’une force multinationale dans la bande de Gaza. Selon The Times of Israel, le cabinet de sécurité a approuvé le 26 juillet le cadre légal autorisant l’entrée d’une Force internationale de stabilisation (ISF), composée d’environ 200 soldats issus de pays « amis » d’Israël, dont le Maroc et l’Ouganda. Cette mission doit débuter par un projet pilote près de Rafah, dans le sud de l’enclave.
Cette décision s’inscrit dans le « plan en 20 points » proposé par l’administration Trump, visant à établir une administration technocratique palestinienne à Gaza et à remplacer progressivement les forces israéliennes. Le texte adopté accorde une immunité juridique aux soldats internationaux sur le sol israélien, selon Boursorama.
Un déploiement sous contrôle israélien strict
Malgré l’approbation, Israël conserve un droit de regard total sur les modalités d’intervention. Selon The Times of Israel, l’entrée de chaque contingent national reste soumise à une autorisation spécifique du Premier ministre, du ministre de la Défense et du ministre des Affaires étrangères. La force internationale interviendra uniquement dans les zones situées hors du contrôle militaire israélien, en coordination avec Tsahal.
L’armée israélienne a par ailleurs clairement posé ses conditions. Selon la chaîne publique Kan TV, Tsahal maintiendra sa position derrière la « ligne jaune » et refuse tout retrait supplémentaire tant que le Hamas n’est pas désarmé. Cette exigence reflète la priorité sécuritaire du gouvernement Netanyahu, qui conditionne toute transition politique au démantèlement des capacités militaires du mouvement islamiste.
Une décision soutenue mais contestée
Le ministre des Affaires étrangères Gideon Sa’ar a salué cette avancée, y voyant un signal positif pour la reconstruction de Gaza. Toutefois, le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben-Gvir, figure de la droite radicale, a voté contre le texte, selon i24 News. Cette opposition illustre les tensions au sein de la coalition gouvernementale entre partisans d’une solution diplomatique encadrée et tenants d’une ligne dure.
Le représentant du Conseil de paix à Gaza, Nickolay Mladenov, a accueilli favorablement la décision israélienne, la qualifiant d’étape décisive vers la mise en œuvre du cadre convenu pour le territoire.
Le plan américain en 20 points, feuille de route controversée
Ce déploiement s’inscrit dans le plan global présenté par Donald Trump, qui prévoit l’établissement d’une administration technocratique palestinienne à Gaza, selon Reuters. Le projet américain vise à créer une alternative au Hamas sans pour autant transférer la gouvernance à l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas, jugée affaiblie.
Le plan propose également la reconstruction des infrastructures gazaouies sous supervision internationale, avec un financement multilatéral impliquant des pays arabes et occidentaux. Mais sa mise en œuvre dépend de conditions sécuritaires drastiques imposées par Israël, notamment le désarmement complet des factions armées et le démantèlement des tunnels transfrontaliers.
Contexte international et implications régionales
Cette décision intervient après des mois de négociations discrètes entre Jérusalem, Washington et plusieurs capitales arabes. Le choix du Maroc et de l’Ouganda comme pays contributeurs reflète la stratégie israélienne de privilégier des États ayant normalisé leurs relations avec l’État hébreux ou entretenant des liens sécuritaires étroits.
La décision s’inscrit également dans un contexte régional marqué par la normalisation progressive des relations entre Israël et plusieurs pays arabes, amorcée par les Accords d’Abraham en 2020. Le déploiement d’une force internationale pourrait ouvrir la voie à une implication accrue de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis dans la reconstruction de Gaza.
Des zones d’ombre sur la mise en œuvre
Si le cadre juridique est désormais validé, plusieurs questions restent en suspens. Le calendrier précis du déploiement n’a pas été communiqué, et l’identité des autres pays participants n’a pas été confirmée officiellement. Le périmètre géographique exact de la zone pilote près de Rafah reste à définir.
La coordination opérationnelle entre Tsahal et la force internationale soulève également des interrogations. Selon Al Jazeera, les modalités de coopération sur le terrain entre militaires israéliens et contingents internationaux devront être précisées avant le déploiement effectif.
Prochaine étape
Les autorités israéliennes doivent désormais finaliser les accords bilatéraux avec chaque pays contributeur. Le déploiement du projet pilote est attendu dans les prochaines semaines, sous réserve de l’achèvement des préparatifs logistiques et sécuritaires. La viabilité du dispositif sera testée avant toute extension à d’autres zones de l’enclave.