Italie : grève de 24 heures paralyse les ferries Grandi Navi Veloci
Le mouvement social lancé ce 22 juillet par deux syndicats bloque les liaisons maritimes vers la Sardaigne et la Sicile en pleine saison estivale
Une grève nationale de 24 heures frappe la compagnie maritime Grandi Navi Veloci depuis ce mardi 22 juillet à midi. Les syndicats CSLE et ORSA Marittimi dénoncent l'absence de dialogue social et des conditions de travail dégradées. Les liaisons vers les îles italiennes et plusieurs destinations internationales sont perturbées.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Grève de 24 heures du personnel de Grandi Navi Veloci du 22 juillet 12h00 au 23 juillet 11h59
- Mouvement lancé par les syndicats CSLE et ORSA Marittimi pour dénoncer l'absence de dialogue social
- Liaisons vers la Sardaigne, la Sicile et destinations internationales perturbées en pleine saison estivale
- Port de Civitavecchia, principal accès maritime vers Rome, parmi les sites impactés
- Passagers invités à vérifier le statut de leur traversée avant de se rendre au terminal
Depuis ce mardi 22 juillet à 12h00, les services de la compagnie maritime Grandi Navi Veloci (GNV) sont paralysés par une grève nationale de 24 heures. Le mouvement, qui doit se poursuivre jusqu’au jeudi 23 juillet à 11h59, perturbe les liaisons maritimes reliant l’Italie continentale à la Sardaigne, à la Sicile et à plusieurs destinations internationales.
Les syndicats CSLE (Confederation sindacale lavoratori europei) et ORSA Marittimi ont lancé cet appel à la grève après l’échec des négociations avec la direction de GNV. Selon Genova24, les représentants syndicaux reprochent à l’entreprise de refuser d’ouvrir un dialogue social et de ne pas reconnaître les délégués du personnel (RSA) présents à bord des navires.
Des conditions de travail dénoncées par les marins
Les revendications portent notamment sur les amplitudes horaires jugées excessives par les équipages. Selon Tanja7 Français, les syndicats dénoncent des conditions de travail qui se seraient dégradées ces derniers mois, sans que la direction n’accepte d’ouvrir des discussions avec les représentants du personnel.
Cette rupture du dialogue social intervient en pleine période estivale, moment où le trafic maritime vers les îles italiennes connaît son pic annuel. Les traversées vers la Sardaigne et la Sicile, destinations prisées des touristes italiens et étrangers, sont particulièrement touchées.
Civitavecchia et les ports stratégiques impactés
Le port de Civitavecchia, principal accès maritime vers Rome et point de départ majeur pour la Sardaigne, figure parmi les sites où des perturbations sont attendues, selon Italy Is Paralyzed. Ce terminal, situé à une soixantaine de kilomètres au nord-ouest de la capitale italienne, constitue un nœud stratégique du transport maritime en Méditerranée centrale.
Les liaisons depuis Gênes, Naples et Palerme sont également concernées par le mouvement. La compagnie GNV, qui opère une flotte d’une vingtaine de navires, assure habituellement des dizaines de rotations hebdomadaires entre le continent et les îles.
Selon RDS, les passagers sont vivement invités à vérifier le statut de leur traversée auprès de la compagnie avant de se rendre au terminal. Des annulations et des retards sont à prévoir tout au long de la journée du 22 juillet et dans la matinée du 23.
Un mouvement inscrit au calendrier officiel des grèves
Le ministère italien des Infrastructures et des Transports (MIT) a confirmé l’inscription de cette grève à son calendrier officiel. Cette formalité administrative, obligatoire en Italie pour les mouvements sociaux dans les transports, permet aux usagers d’être informés en amont des perturbations.
La grève de ce 22 juillet s’inscrit dans un contexte de tensions sociales récurrentes dans le secteur maritime italien. Les compagnies de ferries, qui assurent des liaisons vitales pour les îles et pour l’économie touristique, font régulièrement face à des mouvements de protestation portant sur les conditions de travail et les salaires.
Contexte du transport maritime italien
Grandi Navi Veloci, fondée en 1992 et basée à Gênes, est l’un des principaux opérateurs de ferries en Italie. La compagnie, qui fait partie du groupe MSC depuis 2010, dessert les liaisons entre l’Italie continentale et les îles de Sardaigne et de Sicile, mais aussi des routes internationales vers l’Espagne, la France (Marseille, Toulon) et l’Afrique du Nord.
Le transport maritime joue un rôle crucial pour l’économie italienne, en particulier pour les régions insulaires. La Sardaigne, qui compte 1,55 million d’habitants, et la Sicile, avec ses 4,7 millions de résidents, dépendent largement des liaisons maritimes pour le transport de marchandises et de passagers. En haute saison, les ferries acheminent plusieurs dizaines de milliers de voyageurs par jour.
Les incidents en plein été, comme la crise des incendies dans le Var qui mobilise actuellement 1 100 pompiers, rappellent la sensibilité de la saison touristique aux perturbations de toute nature.
Quel impact pour les voyageurs français ?
Les touristes français qui avaient prévu de rejoindre la Sardaigne ou la Sicile via les liaisons GNV depuis Marseille ou Toulon sont directement concernés par ce mouvement. La compagnie exploite notamment la ligne Marseille-Tunis via la Sicile, ainsi que des traversées vers Porto Torres en Sardaigne.
Les voyageurs sont invités à contacter la compagnie pour connaître le statut exact de leur réservation. En cas d’annulation, GNV devrait proposer un report ou un remboursement selon les conditions générales de vente applicables aux grèves.
La reprise normale du service est attendue à partir de mercredi 23 juillet en début d’après-midi, après la levée du mouvement prévue à 12h00. Les retards accumulés pourraient toutefois se prolonger dans les heures suivantes, le temps que la compagnie réorganise ses rotations.