Jane Street accusée d’avoir manipulé Bitcoin : 120 milliards de dollars évaporés
Le géant du trading fait face à des poursuites pour délit d'initié sur Terra et manipulation présumée du cours du Bitcoin via des ventes massives quotidiennes
Deux jours après le dépôt d'une plainte explosive contre Jane Street, Bitcoin a bondi de 10%, ajoutant 120 milliards de dollars à sa valorisation. Cette coïncidence troublante relance les accusations contre ce géant du trading quantitatif, soupçonné d'avoir orchestré pendant des mois des ventes massives quotidiennes pour faire chuter le cours du BTC. L'affaire révèle un système présumé de manipulation à grande échelle qui aurait coûté des milliards aux investisseurs particuliers.
- Jane Street accusée d'avoir manipulé le marché Terra-Luna en mai 2022 en utilisant des informations confidentielles obtenues via un groupe WhatsApp secret avec des employés de Terraform Labs
- Des ventes massives systématiques de Bitcoin à 10h du matin ont mystérieusement cessé le 24 février 2026, juste après le dépôt de la plainte contre Jane Street
- Bitcoin a rebondi de 10% en deux jours après l'arrêt présumé de la manipulation, ajoutant 120 milliards de dollars de capitalisation et 200 milliards au marché crypto global
- Jane Street détenait 20,3 millions d'actions de l'ETF Bitcoin IBIT de BlackRock fin 2025, valorisées à 790 millions de dollars, position utilisée pour les manipulations présumées
- La firme aurait engrangé 10 milliards de dollars en trois mois via une stratégie de dumping algorithmique couplée à des positions short, contribuant à une chute de 50% du Bitcoin en 140 jours
À 10 heures précises chaque matin depuis novembre 2025, le marché des cryptomonnaies tremblait. Selon BeInCrypto, des ventes institutionnelles massives provoquaient systématiquement une chute brutale du Bitcoin et des ETF associés. Puis, le 24 février 2026, tout s’est arrêté. Le lendemain de la plainte déposée contre Jane Street par l’administrateur de la liquidation de Terraform Labs, le phénomène a mystérieusement cessé. Bitcoin a immédiatement rebondi, gagnant 10% en quelques jours.
Cette chronologie troublante alimente désormais un scandale qui secoue Wall Street et la sphère crypto. Jane Street, puissant market maker réputé pour ses algorithmes ultra-rapides, se retrouve au cœur d’accusations croisées : délit d’initié sur l’effondrement de Terra-Luna en mai 2022, et manipulation présumée du cours du Bitcoin pendant plus de quatre mois.
L’ombre de Terra-Luna refait surface
L’affaire démarre avec une plainte explosive déposée devant la cour fédérale de Manhattan. Todd Snyder, administrateur judiciaire chargé de liquider Terraform Labs, accuse Jane Street d’avoir exploité des informations confidentielles pour sauver ses positions juste avant l’effondrement historique de l’écosystème Terra-Luna, qui a vaporisé 40 milliards de dollars en 2022. Selon le Journal du Coin, la firme aurait utilisé un réseau d’initiés pour anticiper le krach.
Le dispositif présumé était sophistiqué. En février 2022, Jane Street aurait envoyé Bryce Pratt, un de ses employés qui avait été stagiaire chez Terraform, renouer contact avec ses anciens collègues. D’après la plainte, Pratt a créé un groupe WhatsApp baptisé « Bryce’s Secret », incluant un ingénieur logiciel et le directeur du développement commercial de Terraform. Ce canal aurait permis à Jane Street d’obtenir des informations cruciales sur la santé réelle du stablecoin TerraUSD.
« Jane Street a abusé de ses relations pour truquer le marché en sa faveur lors de l’un des événements les plus lourds de conséquences de l’histoire de la crypto », affirme Todd Snyder dans sa plainte.
Le 7 mai 2022, juste avant le début du dépeg de l’UST, Terraform Labs avait retiré 150 millions d’UST d’une pool Curve. Dix minutes plus tard, un wallet présumé appartenir à Jane Street effectuait un retrait de 85 millions de dollars. Cette synchronisation parfaite, révélée par Cryptoast, suggère que la firme savait exactement quand agir pour limiter ses pertes, pendant que les investisseurs particuliers perdaient tout.
Le mystère des ventes de 10 heures du matin
Mais l’affaire Terra n’est que la partie émergée de l’iceberg. Depuis novembre 2025, la communauté crypto bruissait de rumeurs sur des manipulations systématiques du cours du Bitcoin. Chaque matin à 10 heures, heure d’ouverture des marchés américains, le BTC subissait des ventes massives coordonnées. Le scénario se répétait avec une régularité de métronome : dumping brutal, liquidations en cascade des positions à effet de levier, puis rachat à prix cassé.
Selon le Journal du Coin, le compte d’analyse Bull Theory a documenté ce phénomène sur X (anciennement Twitter). La technique présumée de Jane Street était redoutablement efficace :
« Achetez du Bitcoin au comptant à 70 000 $, ouvrir d’importantes positions Short (baissières) sur Bitcoin, Dump (ventes rapides et massives) avec l’algorithme de 10h, les ventes paniques commencent, clôturer les positions Short en profit, répéter l’opération. Ils ont engrangé 10 milliards de dollars en 3 mois en 2025 », détaille l’analyse.
Cette stratégie aurait été facilitée par la position massive de Jane Street sur l’ETF Bitcoin IBIT de BlackRock. Des documents financiers révèlent que la firme détenait 20,3 millions d’actions de cet ETF fin 2025, d’une valeur de 790 millions de dollars. Le mécanisme présumé consistait à accumuler progressivement des parts d’ETF, puis à les revendre massivement en quelques secondes pour déclencher une panique vendeuse, tout en profitant de positions short préalablement ouvertes.
Un arrêt brutal qui pose question
La coïncidence temporelle est troublante. Le 24 février 2026, la plainte est déposée à Manhattan. Le 26 février, le phénomène des ventes de 10 heures a disparu. Bitcoin rebondit immédiatement, gagnant 10% et ajoutant 120 milliards de dollars à sa capitalisation. Le marché global des cryptomonnaies enregistre près de 200 milliards de dollars de valorisation supplémentaire en quelques jours.
Selon BeInCrypto, cette remontée intervient après que Bitcoin ait chuté de 50% en 140 jours, passant de son sommet historique de 126 000 dollars en octobre 2025 à environ 63 000 dollars. La bougie hebdomadaire du BTC est redevenue verte après cinq semaines consécutives de baisse. Les analystes notent que 50% de l’offre de Bitcoin était en perte autour de 66 500 dollars, un niveau qui correspond historiquement aux creux des trois précédents marchés baissiers.
L’indice Smart Money révèle un repositionnement précoce des investisseurs avertis, tandis que la demande apparente de Bitcoin augmente pour la première fois depuis novembre 2025. Ces signaux techniques suggèrent que la pression vendeuse artificielle aurait effectivement cessé, permettant au marché de retrouver un fonctionnement plus organique.
Un passif judiciaire qui s’alourdit
Jane Street n’en est pas à sa première affaire de manipulation présumée. En Inde, la firme a 560 millions de dollars gelés sur un compte séquestre auprès de la SEBI (Securities and Exchange Board of India) depuis juillet 2025, dans le cadre d’une investigation pour manipulation de marché toujours en cours. Cette affaire indienne ajoute une dimension internationale aux accusations.
L’ombre de Jane Street plane également sur le flash crash massif du 10 octobre 2025, quelques jours après que Bitcoin ait atteint son plus haut historique. Ce krach brutal avait fait plonger l’ensemble du marché crypto en quelques heures, effaçant des dizaines de milliards de capitalisation. Les analystes se demandent désormais si ce mouvement était naturel ou orchestré.
Face aux accusations, un porte-parole de Jane Street a contre-attaqué avec virulence, qualifiant la plainte de Terraform Labs de « tentative flagrante d’extorquer de l’argent ». La firme affirme que les pertes des détenteurs de Terra et Luna résultent uniquement de la « fraude de plusieurs milliards de dollars perpétrée par la direction de Terraform Labs », faisant référence à la condamnation de Do Kwon, le fondateur, à 15 ans de prison en décembre dernier.
Des implications systémiques inquiétantes
Au-delà du cas Jane Street, cette affaire soulève des questions fondamentales sur l’intégrité des marchés crypto. Comment un acteur institutionnel peut-il détenir suffisamment de parts d’ETF pour influencer significativement le cours d’un actif dont la capitalisation dépasse 1 360 milliards de dollars ? Les régulateurs ont-ils les outils nécessaires pour détecter et prévenir ces manipulations algorithmiques ?
L’analyste Mike McGlone de Bloomberg Intelligence avertit que Bitcoin revient vers sa moyenne à long terme autour de 66 000 dollars, dans un contexte macroéconomique fragile. Mais cette analyse technique ne prend pas en compte l’impact potentiel d’une manipulation systématique qui aurait artificiellement maintenu les prix bas pendant des mois.
La communauté crypto observe désormais avec attention l’évolution judiciaire de l’affaire. Si les accusations de manipulation sur Bitcoin étaient prouvées, cela pourrait déclencher une vague de poursuites de la part d’investisseurs particuliers ayant subi des pertes pendant la période concernée. Les régulateurs américains, notamment la SEC et la CFTC, pourraient également ouvrir leurs propres investigations.
Le scandale Jane Street révèle une réalité dérangeante : même sur des marchés réputés décentralisés comme celui des cryptomonnaies, quelques acteurs institutionnels disposant d’algorithmes sophistiqués et de capitaux massifs peuvent potentiellement dicter les mouvements de prix. La question n’est plus de savoir si la manipulation existe, mais comment l’empêcher à l’avenir. Avec 10 milliards de dollars présumés engrangés en trois mois, le jeu en valait manifestement la chandelle pour ceux qui ont su jouer avec les règles.
Sources
- Journal du Coin (26 février 2026)
- Cryptoast (24 février 2026)
- BeInCrypto (26 février 2026)
- BeInCrypto (19 février 2026)
- Wall Street Journal (février 2026)