Jarnac : le tribunal administratif rejette le recours de Jérôme Royer, Anne Martron confirmée maire
Le TA de Poitiers a tranché le 10 juin l'élection du 15 mars, gagnée par deux voix, est définitivement validée.
Le tribunal administratif de Poitiers a rejeté le 10 juin 2026 le recours déposé par Jérôme Royer contre les résultats des municipales de Jarnac. Anne Martron, élue le 15 mars avec seulement deux voix d'écart, conserve son mandat de maire.
L’essentiel
- 10 juin 2026 : le tribunal administratif de Poitiers rejette le recours de Jérôme Royer, confirmant l’élection d’Anne Martron.
- 2 voix d’écart : 962 voix (50,05 %) pour Martron contre 960 (49,95 %) pour Royer sur 1 922 suffrages exprimés.
- 11 bulletins litigieux : au cœur du contentieux, des bulletins annulés puis réintégrés par la préfecture (10 pour Royer, 1 pour Martron).
- 19 mai 2026 : le rapporteur public avait préconisé l’annulation de l’élection, avant que le juge ne tranche en sens inverse.
- Première femme : Anne Martron est la première maire de l’histoire de Jarnac, commune de 4 486 habitants.
Un scrutin serré, un contentieux immédiat
Le 15 mars 2026, les électeurs de Jarnac ont départagé deux listes au terme d’un duel très serré. Anne Martron, tête de liste « Jarnac, un nouvel élan » (Divers Droite/Centre), a obtenu 962 voix, soit 50,05 % des suffrages exprimés. Jérôme Royer, liste « Pour Jarnac » (Divers Gauche), en a recueilli 960, soit 49,95 %. Deux voix de différence sur 1 922 exprimés, pour un taux de participation de 60,33 % (1 965 votants sur 3 257 inscrits), selon les résultats officiels du ministère de l’Intérieur. La répartition des sièges était sans ambiguïté : 21 pour Martron, 6 pour Royer.
Jérôme Royer, qui avait dirigé la ville de 2001 à 2014, a contesté ce résultat devant le tribunal administratif de Poitiers. Son recours portait notamment sur le sort de 11 bulletins initialement annulés par les bureaux de vote, puis réintégrés par la préfecture : 10 avaient été attribués à sa liste, 1 à celle de Martron. Selon le Charente Libre, la préfecture aurait ainsi commis une faute de procédure en procédant à ce recomptage.
Le rapporteur public préconise l’annulation, le juge dit non
Le 19 mai 2026, l’audience devant le TA de Poitiers prend un tour inattendu. Le rapporteur public conclut à l’annulation de l’élection, estimant que les irrégularités de procédure et le recomptage des bulletins litigieux étaient suffisants pour remettre en cause le résultat, selon le site ici.fr. Cette position avait alimenté l’incertitude à Jarnac pendant plusieurs semaines.
Mais le 10 juin 2026, le tribunal rend une décision inverse. Le recours de Jérôme Royer est rejeté. Le juge a estimé que les irrégularités relevées n’avaient pas eu pour effet d’inverser le résultat du scrutin. L’élection d’Anne Martron est définitivement entérinée, rapporte le Charente Libre, qui qualifie la décision de « surprise générale ».
Un conseil d’installation tenu dès le 21 mars
Sans attendre l’issue du contentieux, le conseil municipal s’était réuni dès le samedi 21 mars 2026 à 10h en mairie pour son séance d’installation, comme l’indique le site de la ville de Jarnac. Anne Martron avait ainsi pris ses fonctions de maire, tout en sachant que son mandat demeurait suspendu à la décision du tribunal.
Elle devient, avec cette confirmation définitive, la première femme à diriger la commune dans son histoire, selon plusieurs articles du Charente Libre. Un fait que la décision du 10 juin vient désormais inscrire durablement.
Contexte dans la Charente
Jarnac (code INSEE 16167) compte 4 486 habitants selon les données INSEE 2023, population municipale de référence en vigueur au 1er janvier 2026. La commune est surtout connue pour être la ville natale de François Mitterrand, et pour son activité liée aux spiritueux dans la région de Cognac. Les municipales y ont rarement été aussi disputées.
Ce type de contentieux post-électoral reste peu fréquent en Charente, mais il n’est pas isolé à l’échelle nationale. Le fait qu’un rapporteur public préconise l’annulation avant que le juge ne tranche en sens opposé illustre la complexité du contrôle juridictionnel des scrutins communaux. La décision du TA de Poitiers s’applique à la configuration spécifique de Jarnac : l’écart de deux voix était réel, les bulletins litigieux n’ont pas suffi à démontrer une altération du résultat. Pour mémoire, en Charente, Jarnac avait aussi été citée récemment dans un programme départemental de sécurité routière, signe d’une actualité locale dense autour de la commune.
Sur le plan judiciaire local, la confirmation d’une élection contestée par voie administrative est un processus qui peut durer plusieurs mois, comme le montre ici le délai de près de trois mois entre le scrutin (15 mars) et la décision définitive (10 juin). À titre de comparaison, le tribunal administratif de Tours a confirmé récemment une autre décision litigieuse, rappelant que ces juridictions statuent sur des contentieux très variés.
La page judiciaire se tourne
Jérôme Royer dispose en principe de la possibilité de former un pourvoi en cassation devant le Conseil d’État, mais aucune intention en ce sens n’a été communiquée à ce stade. Anne Martron peut désormais exercer pleinement ses fonctions à la tête d’un conseil municipal composé de 27 élus, sans que la légitimité de son mandat puisse être remise en cause devant les juridictions administratives du premier degré.
Sources
- Charente Libre : Municipales à Jarnac : le recours rejeté à la surprise générale, l'élection d'Anne Martron entérinée
- Charente Libre : Municipales à Jarnac : la préfecture a fauté, les électeurs rappelés aux urnes ?
- ici.fr : Jarnac : vers l'annulation de l'élection du mois de mars
- Ministère de l'Intérieur : Résultats officiels des élections municipales 2026 – Jarnac (16167)

