Jeannière écarté du Tour : « C’est un coup dur »
Le sprinteur de TotalEnergies n'a pas été retenu pour l'édition 2026
Émilien Jeannière ne verra pas le Tour cette année. Le coureur vendéen, 27 ans, absent de la sélection TotalEnergies, réagit.
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Gestion d'effectif contestée
TotalEnergies écarte son meilleur pourvoyeur de points UCI 2025 au moment où l'équipe stagne au classement.
Une saison 2026 compromise
Pépins physiques à répétition : forfait Paris-Nice, pas de rythme, pas de résultats majeurs.
Avenir incertain de TotalEnergies
L'équipe fait face à des interrogations pour 2027, poussant plusieurs coureurs vers d'autres formations.
Transfert stratégique vers la FDJ
Jeannière en négociation avec Groupama-FDJ pour retrouver un projet stable et ambitieux.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Émilien Jeannière, 27 ans, n'a pas été retenu par TotalEnergies pour le Tour de France 2026
- Il avait rapporté 1590 points UCI en 2025, dont 320 avec sa 2e place sur la Bretagne Classic
- Sa saison 2026 a été contrariée par des problèmes physiques, dont un forfait pour Paris-Nice en mars
- Le sprinteur serait en négociation pour rejoindre Groupama-FDJ dès la saison prochaine
- TotalEnergies fait face à des incertitudes pour 2027, poussant plusieurs coureurs au départ
Le parking du centre d’entraînement est presque vide. Émilien Jeannière range son vélo dans le coffre, casque sous le bras. Il a 27 ans. Il ne roulera pas le Tour cette année.
« C’est forcément un coup dur sur le moment » - dit-il. Pas de pathos. La phrase est courte, nette. Il la répète depuis qu’il a compris, début juillet - que son nom n’apparaîtrait pas dans les huit coureurs retenus par TotalEnergies pour la Grande Boucle 2026.
Un an plus tôt, il découvrait le Tour. Chute spectaculaire. Fracture de l’omoplate. Abandon. L’expérience avait duré quelques étapes. Cette année, elle n’aura même pas lieu.
Une saison contrariée
Les chiffres de 2025 parlent pour lui: 1590 points UCI rapportés à l’équipe. Dont 320 grâce à sa 2e place sur la Bretagne Classic - et 215 avec sa 3e place sur la Copenhagen Sprint. Régularité, placement, efficacité. Pas de victoire depuis le Tour de Kyushu 2024 - mais une constance qui comptait.
2026 a tout cassé. Mars: forfait pour Paris-Nice. Maladie. Puis d’autres pépins physiques, une saison hachée, jamais le rythme. TotalEnergies, 19e du classement UCI par équipes - a fait ses choix. Jordan Jegat - leader, avait besoin d’une sélection calibrée pour ses ambitions. Mathieu Burgaudeau - autre coureur de l’équipe TotalEnergies, a aussi été écarté.
« On travaille toute l’année pour être présent sur les plus grandes courses. Mais le cyclisme de haut niveau demande aussi d’accepter les choix sportifs de la direction. J’ai eu une discussion honnête avec l’équipe, et j’ai compris les orientations stratégiques qui ont été prises » - explique Jeannière. Pas de révolte. Juste la lucidité d’un professionnel qui sait où il en est.
Ce que personne ne dit
Le paradoxe saute aux yeux: un coureur qui apporte 1590 points à une équipe classée 19e ne fait pas le Tour. TotalEnergies a privilégié d’autres profils, d’autres tactiques. Mais l’absence de Jeannière interroge sur la logique de construction d’un effectif: on écarte celui qui produit quand tout va bien, au moment où tout va mal.
Sur X, Loïc Cerezo résume: « Jeanniere seul ça sert à rien. Dujardin c’est profil similaire à Turgis et pas préparé pour le tour ». Traduction: un sprinteur isolé ne gagne rien, et l’équipe a fait d’autres paris. Reste que Jeannière, membre de TotalEnergies depuis 2023 - encadré par Jean-René Bernaudeau - n’a eu qu’une seule participation au Tour avant cette non-sélection. Une participation qui s’est terminée sur une civière.
Cap sur Groupama-FDJ
Juillet 2026. L’information circule: Jeannière serait en bonne voie pour rejoindre Groupama-FDJ dès la saison prochaine. Un changement de maillot qui tombe à point.
L’urgence est réelle. L’avenir de TotalEnergies est marqué par des incertitudes pour 2027. Budget, sponsors, effectif: plusieurs coureurs regardent déjà ailleurs. Dans ce contexte flou, le sprinteur-puncheur a besoin de stabilité, d’un projet clair, d’une structure solide. Groupama-FDJ offre cette visibilité que TotalEnergies ne garantit plus.
« Je ne vois pas cela comme une fin, mais comme une étape nécessaire » - dit-il. Puis, plus sec: « Je sais ce que je vaux, et je compte bien le prouver sur le vélo dans les prochaines semaines ».
Il l’a déjà dit ailleurs, avec d’autres mots: « En sprint, il faut être un requin, pas un dauphin ». Et aussi: « Je ne m’interdis rien du tout, tant qu’on prend du plaisir, tout va bien ». Philosophie de vestiaire. Mais ce matin-là, sur le parking, le plaisir n’y était pas.
Le coffre se referme. Il démarre. Direction la route, les prochaines courses, un autre maillot. Le Tour attendra.