Jeffrey Epstein : son frère accuse la justice américaine de dissimuler un meurtre

Mark Epstein affirme que 2 médecins légistes ont écarté le suicide lors de l'autopsie en août 2019

Jeffrey Epstein : son frère accuse la justice américaine de dissimuler un meurtre
Façade du centre correctionnel métropolitain de New York où Jeffrey Epstein est décédé Pierre Monteil / INFO.FR

Plus de 6 ans après la mort officielle par suicide de Jeffrey Epstein dans sa cellule new-yorkaise, son frère Mark brise le silence ce lundi 16 février 2026 sur BFMTV. Il accuse formellement le ministère de la Justice américain d'avoir dissimulé un homicide, s'appuyant sur les conclusions initiales de deux médecins légistes présents lors de l'identification du corps le 10 août 2019. Une enquête indépendante concluant à un meurtre serait sur le point d'être rendue publique.

L'essentiel — les faits vérifiés
  • Mark Epstein affirme que 2 médecins légistes présents lors de l'identification du corps le 10 août 2019 ont déclaré que les blessures ressemblaient davantage à un homicide qu'à un suicide
  • Le Dr Michael Baden, médecin légiste renommé et observateur lors de l'autopsie, estime que la mort résulte probablement d'une strangulation plutôt que d'une pendaison
  • Le certificat de décès initial mentionnait 'en attente d'études complémentaires' avant que la conclusion officielle de suicide ne soit rapidement établie
  • Une enquête indépendante concluant à un homicide serait sur le point d'être rendue publique dans les prochains mois selon Mark Epstein
  • Plus de 3.000.000 de pages de documents liés à l'affaire ont été déclassifiées depuis le 30 janvier 2026, mais Mark Epstein y voit une diversion pour détourner l'attention du possible meurtre

Le 10 août 2019, à 6h30 du matin, Jeffrey Epstein était retrouvé inanimé dans sa cellule du Metropolitan Correctional Center de New York, un drap noué autour du cou. Quelques jours plus tard, le rapport d’autopsie officiel concluait à un suicide par pendaison. Mais ce lundi 16 février 2026, dans un entretien accordé à BFMTV, Mark Epstein, le frère du financier déchu, affirme détenir les preuves d’un mensonge d’État.

Les révélations troublantes de l’identification du corps

Mark Epstein s’était rendu à la morgue new-yorkaise accompagné de deux médecins légistes pour identifier le corps de son frère. Selon ses déclarations rapportées par 20 Minutes, ces experts auraient immédiatement exprimé leurs doutes : « Ils sont sortis de l’autopsie et ils ont dit qu’ils ne pouvaient pas conclure à un suicide parce que ça ressemblait trop à un homicide », raconte l’homme de 71 ans.

Plus troublant encore, le certificat de décès initial ne mentionnait aucune cause précise. « Sur le certificat de décès initial, à la rubrique ’cause du décès’, il était indiqué ‘en attente d’études complémentaires' », précise Mark Epstein dans son interview à Valeurs Actuelles. Cette mention, qui suggère la nécessité d’examens approfondis, contraste avec la rapidité de la conclusion officielle rendue publique quelques jours plus tard.

« À ce stade, je sais qu’il a été assassiné. J’accuse le ministère de la Justice d’avoir dissimulé le meurtre de Jeffrey », affirme Mark Epstein sur BFMTV.

Un médecin légiste renommé conteste la thèse officielle

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Mark Epstein n’est pas seul dans sa contestation. Le Dr Michael Baden, ancien médecin légiste en chef de New York et figure respectée de la médecine légale américaine, était présent lors de l’autopsie en tant qu’observateur pour la famille. Le 13 février 2026, dans une interview au quotidien britannique The Telegraph, il a réaffirmé ses doutes sur la version officielle.

Selon les propos rapportés par BFMTV, le Dr Baden estime que les éléments médicaux observés ne correspondent pas à un suicide classique : « Je pense que sa mort a très probablement été causée par une pression par strangulation plutôt que par pendaison. Compte tenu de toutes les informations dont nous disposons actuellement, une enquête plus approfondie sur la cause et les circonstances du décès est justifiée ».

Les fractures constatées au niveau du cou de Jeffrey Epstein constituent le principal élément de contestation. Plusieurs experts ont souligné que ces fractures multiples, notamment de l’os hyoïde, sont statistiquement plus fréquentes dans les cas de strangulation homicide que dans les pendaisons, particulièrement chez les hommes de 66 ans comme l’était Epstein.

Les zones d’ombre persistantes autour de la mort d’Epstein

Au-delà des éléments médicaux, de nombreuses défaillances entourent les circonstances de la mort du financier. Comme le rappelle 20 Minutes, les images de vidéosurveillance de la prison se sont révélées incomplètes, ne permettant pas de confirmer définitivement la thèse du suicide. Les deux gardiens censés surveiller Epstein cette nuit-là dormaient, et les rondes de sécurité n’ont pas été effectuées.

Un rapport du ministère de la Justice américain publié en 2023 a d’ailleurs confirmé les « nombreuses et graves erreurs du personnel du centre pénitentiaire fédéral de New York », sans pour autant remettre en cause la conclusion du suicide. Jeffrey Epstein avait été placé sous surveillance suicide quelques semaines avant sa mort, puis mystérieusement retiré de ce dispositif de protection renforcée.

Mark Epstein évoque également des propos tenus par son frère avant son arrestation, rapportés par 20 Minutes : « Lors de l’élection de 2016 entre Hillary et Trump, Jeffrey a dit, et je le cite : ‘si je disais ce que je sais sur les deux candidats, il faudrait annuler l’élection' ». Cette déclaration alimente la théorie selon laquelle le financier détenait des informations compromettantes sur de nombreuses personnalités politiques et économiques internationales.

Une enquête indépendante bientôt révélée au public

Dans son entretien à BFMTV, Mark Epstein affirme qu’une enquête indépendante sur la mort de son frère a été menée et qu’elle conclut à un homicide. Les résultats de cette investigation privée devraient être rendus publics « d’ici quelques mois », selon ses déclarations. Une nouvelle autopsie était également prévue ce mois de février 2026, comme l’avait annoncé Mark Epstein en janvier dernier à Paris Match.

« Je veux savoir qui l’a tué et pour le compte de qui », déclare Mark Epstein, estimant que les enquêtes officielles « ne sont pas crédibles et servent à masquer des faits importants », selon Entrevue.fr.

La publication massive de documents relance les interrogations

Ces déclarations interviennent dans un contexte particulier. Depuis le 30 janvier 2026, la justice américaine a rendu publics plus de 3.000.000 de pages de documents liés à l’affaire Epstein, dont 380.000 images, comme l’a confirmé la ministre de la Justice américaine le 11 février. Cette publication massive a ravivé l’intérêt médiatique pour cette affaire tentaculaire.

Pourtant, Mark Epstein se montre sceptique sur l’utilité de cette déclassification. « Je pense qu’une partie de tout ça est une diversion pour empêcher les gens de s’intéresser au fait qu’il a été assassiné », affirme-t-il sur BFMTV. Dans son interview à Voici le 12 février, il avait déjà déclaré : « Je n’ai pas appris grand-chose sur la seule question qui m’intéresse, à savoir : qui a tué mon frère ? »

L’affaire Epstein continue ainsi de soulever des questions fondamentales sur la transparence de la justice américaine et les circonstances exactes de la mort d’un homme qui connaissait les secrets les mieux gardés de l’élite mondiale. Entre les défaillances avérées du système pénitentiaire, les éléments médicaux contestés et les enjeux politiques colossaux, la vérité sur la nuit du 10 août 2019 reste-t-elle encore à découvrir ?

Sources

  • BFMTV (16 février 2026)
  • 20 Minutes (16 février 2026)
  • Valeurs Actuelles (16 février 2026)
  • The Telegraph (13 février 2026)
  • Paris Match (12 février 2026)
  • Entrevue.fr (16 février 2026)
Marie Delacroix

Marie Delacroix

Journaliste spécialisée dans les questions environnementales et scientifiques. Formation en journalisme scientifique et développement durable. Expertise reconnue sur les enjeux climatiques, la transition énergétique et la biodiversité. Couvre également l'innovation technologique et la recherche. Membre fondateur d'INFO.FR, elle apporte un éclairage expert sur les défis écologiques contemporains.

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