JO 2028 : l’Assemblée interroge le gouvernement sur le risque terroriste et cyber
Le 28 avril, des députés questionnent l'exécutif sur les leçons tirées des JO 2024 pour préparer Los Angeles.
À Paris, l'Assemblée nationale accueille le 28 avril 2026 une séance de questions au gouvernement centrée sur la sécurité des JO 2028. Anti-terrorisme, cybermenaces, héritage des dispositifs de 2024 : les parlementaires veulent des réponses concrètes.
Le grand amphithéâtre du Palais-Bourbon, ses pupitres serrés, ses interpellations qui claquent. Le 28 avril 2026, les questions au gouvernement prennent un tour particulier : comment la France prépare-t-elle les JO de Los Angeles 2028, et que reste-t-il, deux ans après, du modèle sécuritaire parisien ?
1,7 milliard d’euros comme point de départ
La référence revient dans chaque prise de parole : les JO 2024 à Paris ont coûté 1,7 milliard d’euros en sécurité, selon la Cour des comptes, sur un total de près de 6 milliards de dépenses publiques. Le ministère de l’Intérieur a assumé l’essentiel de la facture, dont 0,7 milliard pour les dépenses de personnel. Sur le terrain, ce sont 35 000 policiers et gendarmes et 8 000 militaires qui avaient été déployés - une échelle inédite, aujourd’hui citée comme étalon par les partenaires américains.
Les États-Unis n’ont d’ailleurs pas attendu : dès le début 2026, le gouvernement fédéral a classé les JO 2028 comme National Special Security Event, selon Cronkite News - le plus tôt jamais enregistré pour des Jeux. Un signal fort adressé aux alliés, dont la France, sur la gravité perçue des menaces.
La vidéosurveillance algorithmique, pomme de discorde
Parmi les héritages débattus ce 28 avril figure la vidéosurveillance algorithmique. L’Assemblée nationale a voté sa prolongation jusqu’en 2027, en prévision des JO d’hiver 2030 organisés en France, selon Numerama. Présenté à l’origine comme un outil temporaire et circonscrit, le dispositif s’installe dans la durée - ce que certains élus contestent.
Sur le volet cyber, le contexte est préoccupant. Les attaques par rançongiciel ont bondi de 30 % entre 2022 et 2023 en France, touchant 34 % des TPE/PME et 24 % des collectivités, rappelle un rapport du Sénat. Le projet de loi sur la résilience des infrastructures critiques, examiné au Sénat en 2026, transpose des directives européennes et prévoit des amendes allant jusqu’à 10 millions d’euros ou 2 % du chiffre d’affaires pour les manquements - un cadre applicable aux opérateurs sollicités pour les grands événements sportifs.
Le débat politique sur la méthode
La séance du 15 avril 2026 avait déjà ouvert le terrain, avec des échanges sur la rétention administrative et la prévention des attentats. Certaines voix à droite réclament une pérennisation du niveau sécuritaire atteint pendant les Jeux.
Le gouvernement n’a pas encore détaillé publiquement sa feuille de route pour contribuer à la sécurité des JO 2028. Les audiences au Sénat prévues en mai 2026 sur l’ordre public devraient préciser les engagements français vis-à-vis des organisateurs américains.
Prochaine étape : audiences au Sénat en mai 2026 sur l’ordre public et adoption attendue du projet de loi cybersécurité sur les infrastructures critiques.
Sources
- Cour des comptes : Les Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024
- Sénat : Projet de loi relatif à la résilience des infrastructures critiques
- Numerama : Vidéosurveillance algorithmique : l'Assemblée vote sa prolongation jusqu'en 2027
- Cronkite News : Keeping the Olympics safe: Paris finds success securing the 2024 games