JO 2030 à Nice : les lecteurs disent non aux « frais fous »

Un sondage Nice-Presse révèle une majorité de Niçois peu enthousiastes à l'idée d'accueillir les épreuves de glace des Jeux d'hiver.

JO 2030 à Nice : les lecteurs disent non aux "frais fous"
Illustration Laura Martinez / info.fr

Blocage politique, surcoûts, crise de gouvernance : les JO d'hiver 2030 traversent une zone de turbulences à Nice. Selon un sondage de Nice-Presse en avril 2026, une majorité de lecteurs ne serait pas chagrinée si la ville perdait le pôle glace. Le dossier doit trouver une issue d'ici fin avril.

La question posée était directe. La réponse l’est aussi. Selon un sondage publié par Nice-Presse ce mois d’avril 2026, une majorité de lecteurs se dit indifférente, voire soulagée, à l’idée que Nice puisse ne pas accueillir les épreuves de glace des Jeux olympiques d’hiver 2030. Les commentaires recueillis parlent d’eux-mêmes.

Le projet initial prévoyait Nice comme pôle glace des Alpes françaises 2030 : hockey à l’Allianz Riviera, patinage artistique au COOL, curling au Palais Nikaia. La candidature avait été validée sous conditions par le CIO le 24 juillet 2024, selon Tribuca.net. Mais l’élection d’Éric Ciotti à la mairie de Nice le 22 mars 2026 a rebattu les cartes.

Ciotti dit non à l’Allianz Riviera, Muselier fixe une deadline

Le nouveau maire qualifie l’aménagement du stade de l’OGC Nice de « ligne rouge », selon Le Parisien. Son projet alternatif générerait un surcoût estimé à 45 millions d’euros, d’après Le Dauphiné Libéré. Face au blocage, Renaud Muselier, président de la région PACA, a imposé une décision avant fin avril 2026. Il a qualifié la réunion du 21 avril de « réunion de la dernière chance », selon Nice-Matin. En cas d’échec, Lyon se tient prête à récupérer les épreuves.

Le scepticisme des lecteurs de Nice-Presse s’inscrit dans un contexte de méfiance plus large vis-à-vis des coûts olympiques. La Cour des comptes avait alerté en juin 2025 sur les risques de dérapage budgétaire, rappelant que les JO de Paris 2024 avaient coûté trois fois plus que prévu initialement, selon France 3 PACA. Le budget global des JO 2030 est estimé à 5 milliards d’euros.

Crise de gouvernance en toile de fond

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Le COJOP traverse par ailleurs une période difficile. Son président Edgar Grospiron, en poste depuis février 2025, a vu son directeur général Cyril Linette partir en février 2026, parmi plusieurs départs en cascade, d’après Le Figaro. Cette instabilité interne fragilise un peu plus la gestion du dossier niçois.

Pour Nice, l’enjeu dépasse le sport. L’impact sur le secteur du BTP local, les retombées touristiques et l’héritage des infrastructures sont dans la balance. Mais une partie de la population, à en croire les réactions des lecteurs de Nice-Presse, n’est pas convaincue que le jeu en vaut la chandelle.

Prochaine étape

La carte des sites olympiques doit être validée par le COJOP le 15 juin 2026, puis soumise à la commission exécutive du CIO les 22 et 23 juin 2026, selon le comité olympique international. D’ici là, la décision politique entre le projet initial et l’alternative portée par Ciotti devra être tranchée - ou Nice sortira du programme des Jeux.

Sources

Laura Martinez

Laura Martinez

Correspondante à Nice, elle traite l'urbanisme côtier, la pression touristique, les débats sur la ligne nouvelle PACA et la criminalité dans l'arrière-pays. Diplômée de Sciences Po Aix, elle enquête sur les promoteurs immobiliers, les collectivités et les associations de riverains. Méthode rigoureuse : multiplier les entretiens, recouper les budgets, publier seulement quand le dossier tient.

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