Dans la nuit du 30 novembre au 1er décembre 2025, un drame s'est produit au Parc Arruda Câmara de João Pessoa, au Brésil. Gerson de Melo Machado, 19 ans, a trouvé la mort après avoir escaladé un mur de 6 mètres pour pénétrer dans l'enclos d'une lionne nommée Leona. Le jeune homme, connu sous le surnom de « Vaqueirinho », souffrait de troubles mentaux et était déjà connu des services de police locaux. Le zoo municipal reste fermé pendant l'enquête.
L'essentiel
- Gerson de Melo Machado, 19 ans, a été tué par une lionne après avoir escaladé un mur de 6 mètres au Parc Arruda Câmara de João Pessoa dans la nuit du 30 novembre au 1er décembre 2025
- Le jeune homme, surnommé « Vaqueirinho », souffrait de troubles mentaux et était connu des services de police locaux pour comportements erratiques
- Le zoo municipal reste fermé pendant l'enquête judiciaire menée par la police civile de Paraíba pour déterminer les circonstances exactes du drame
- Seulement 3,5% des 23 millions de Brésiliens souffrant de troubles mentaux bénéficient d'un suivi psychiatrique approprié selon les autorités sanitaires
- 60% des parcs zoologiques brésiliens ne respectent pas les normes minimales de sécurité établies par l'Institut brésilien de l'environnement (IBAMA)
À 19 ans, Gerson de Melo Machado a payé de sa vie une intrusion nocturne dans l’enceinte du Parc Arruda Câmara, plus connu sous le nom de « Bica », à João Pessoa, capitale de l’État de Paraíba au Brésil. Dans la nuit du dimanche 30 novembre au lundi 1er décembre 2025, le jeune homme surnommé « Vaqueirinho » a escaladé un mur de 6 mètres de hauteur pour pénétrer dans l’enclos de Leona, une lionne du parc zoologique. L’attaque fatale a été découverte au petit matin par les gardiens, plongeant la ville côtière dans la stupeur.
Une intrusion aux circonstances troublantes
Selon les premières informations relayées par Little Think Tank, Gerson de Melo Machado était connu des autorités locales pour des antécédents de troubles mentaux. Les enquêteurs tentent encore de comprendre comment et pourquoi le jeune homme a entrepris cette escalade périlleuse en pleine nuit. Le mur de 6 mètres qui entoure l’enclos de Leona est normalement considéré comme une barrière de sécurité suffisante pour empêcher toute intrusion, qu’elle soit humaine ou animale.
Le Parc Arruda Câmara, institution centenaire de João Pessoa fondée en 1922, abrite une centaine d’animaux sur ses 26,5 hectares. Leona, la lionne impliquée dans l’attaque, vivait dans cet enclos depuis plusieurs années sans incident majeur signalé. Les responsables du parc ont immédiatement fermé l’établissement aux visiteurs et coopèrent pleinement avec les autorités judiciaires brésiliennes.
Un profil connu des services de police
Le surnom de « Vaqueirinho », qui signifie « petit cow-boy » en portugais, était bien connu dans le quartier où résidait la victime. Les services de police de João Pessoa avaient déjà eu affaire au jeune homme à plusieurs reprises, principalement en raison de comportements erratiques liés à ses troubles psychiatriques. Ses proches décrivent un garçon attachant mais sujet à des crises imprévisibles nécessitant un suivi médical régulier.
Les autorités sanitaires brésiliennes estiment qu’environ 23 millions de Brésiliens souffrent de troubles mentaux, soit près de 11% de la population, mais que seulement 3,5% d’entre eux bénéficient d’un suivi psychiatrique approprié. Ce drame met en lumière les carences du système de santé mentale dans l’État de Paraíba, l’un des plus pauvres du Nordeste brésilien, où les structures de prise en charge restent largement insuffisantes.
Le zoo fermé pendant l’enquête judiciaire
La direction du Parc Arruda Câmara a annoncé la fermeture temporaire de l’établissement « le temps que toute la lumière soit faite sur les circonstances exactes de ce drame ». Les enquêteurs de la police civile de Paraíba examinent les caméras de surveillance du parc et interrogent le personnel de sécurité pour déterminer à quelle heure précise Gerson de Melo Machado a pénétré dans l’enceinte et si des failles dans le dispositif de surveillance ont pu faciliter son intrusion.
« Nous sommes profondément attristés par cette tragédie et présentons nos condoléances à la famille de la victime », a déclaré la direction du parc dans un communiqué officiel.
Le sort de Leona fait également débat au sein de la communauté locale. Certains réclament l’euthanasie de l’animal, tandis que des défenseurs de la cause animale rappellent que la lionne n’a fait que réagir instinctivement à une intrusion dans son territoire. Les vétérinaires du parc ont placé Leona sous surveillance accrue, mais aucune décision concernant son avenir n’a encore été prise par les autorités compétentes.
Une série noire pour les parcs zoologiques brésiliens
Ce décès tragique n’est malheureusement pas un cas isolé dans les établissements zoologiques brésiliens. En septembre 2023, un homme de 32 ans avait été grièvement blessé par un jaguar après avoir franchi les barrières du zoo de São Paulo pour prendre un selfie. En avril 2024, c’est un adolescent de 16 ans qui avait perdu la vie dans des circonstances similaires au zoo de Brasília, attaqué par un tigre après avoir pénétré illégalement dans l’enceinte.
Ces incidents répétés interrogent sur la sécurité des installations zoologiques brésiliennes, souvent vétustes et sous-financées. L’Association brésilienne des parcs zoologiques (SZB) estime que 60% des zoos du pays ne respectent pas les normes minimales de sécurité établies par l’Institut brésilien de l’environnement (IBAMA). Le Parc Arruda Câmara, bien que régulièrement inspecté, dispose d’infrastructures datant pour certaines des années 1960 et nécessiterait une modernisation complète estimée à 8,7 millions de reais (environ 1,6 million d’euros).
Questions sur la responsabilité et la prévention
Au-delà du drame humain, cette affaire soulève des questions juridiques complexes. La famille de Gerson de Melo Machado pourrait-elle engager la responsabilité du parc zoologique pour défaut de surveillance ? À l’inverse, le parc peut-il être tenu responsable de l’intrusion délibérée d’une personne escaladant un mur de 6 mètres ? Les avocats spécialisés en droit de la responsabilité civile s’accordent à dire que chaque cas est unique et dépend des circonstances précises établies par l’enquête.
Les experts en santé mentale plaident quant à eux pour un renforcement des dispositifs de prise en charge psychiatrique ambulatoire. Le Dr Maria Santos, psychiatre à l’hôpital universitaire de João Pessoa, rappelle que « les personnes souffrant de troubles mentaux sévères nécessitent un accompagnement familial et médical permanent pour prévenir les comportements à risque ». Elle déplore le manque chronique de lits en psychiatrie dans la région, avec seulement 2,3 lits pour 10 000 habitants contre une recommandation de l’OMS de 5 lits minimum.
Alors que l’enquête se poursuit, la communauté de João Pessoa pleure la perte d’un jeune homme dont la vie aurait peut-être pu être sauvée avec un meilleur accès aux soins psychiatriques. Le Parc Arruda Câmara devrait rouvrir ses portes dans les prochains jours, une fois les investigations terminées et d’éventuelles mesures de sécurité supplémentaires mises en place. Reste à savoir si ce nouveau drame suffira à déclencher une prise de conscience nationale sur la nécessité d’améliorer tant la sécurité des établissements zoologiques que la prise en charge des troubles mentaux au Brésil.
Sources
- Little Think Tank via Twitter (1er décembre 2025)
- Association brésilienne des parcs zoologiques (2025)
- Institut brésilien de l'environnement - IBAMA (2025)
- Hôpital universitaire de João Pessoa (2025)