À Kawéni, le Secours populaire ouvre une école de campagne pour les enfants déscolarisés
En partenariat avec l'association Kaweni Nouvelle Aire, le Secours populaire propose des cours de base aux enfants hors école dans les quartiers et zones rurales de Mamoudzou.
À Kawéni, quartier de Mamoudzou, le Secours populaire et l'association locale Kaweni Nouvelle Aire ont mis en place une école de campagne pour les enfants non scolarisés. Lecture, écriture, calcul des cours élémentaires dispensés dans les quartiers, en réponse à une déscolarisation aggravée par le cyclone Chido du 14 décembre 2024.
À Kawéni, quartier de Mamoudzou, le Secours populaire et l’association locale Kaweni Nouvelle Aire ont mis en place une école de campagne pour les enfants non scolarisés. Lecture, écriture, calcul : des cours élémentaires dispensés dans les quartiers, en réponse à une déscolarisation aggravée par le cyclone Chido du 14 décembre 2024.
L’essentiel
- Entre 5 300 et 9 500 enfants étaient non scolarisés à Mayotte en 2023, selon la CNAPE, un chiffre aggravé par le cyclone Chido.
- 5 000 kits de première nécessité (eau, nourriture, produits d’hygiène) distribués par Kaweni Nouvelle Aire dans les quartiers de Kawéni après le passage de Chido, avec l’appui financier du Secours populaire.
- 30 000 € accordés par la Fondation de France à Kaweni Nouvelle Aire en septembre 2025, pour un projet d’accès à l’eau et à l’éducation d’une durée de six mois à partir d’août 2025.
- 28 % des adultes de moins de 65 ans à Mayotte n’ont jamais été scolarisés, selon l’INSEE en 2022.
- Kaweni Nouvelle Aire a été fondée le 28 janvier 2015 à Mamoudzou.
Une école installée dans les quartiers
L’initiative a pris forme en 2025, dans le sillage direct du cyclone Chido. Le Secours populaire, en lien avec Kaweni Nouvelle Aire, a ouvert une école de campagne dans les quartiers de Kawéni. Les cours portent sur les fondamentaux : lecture, écriture, calcul, français. L’objectif déclaré est de préparer le retour des enfants vers l’école formelle.
Un an après le cyclone, en décembre 2025, le dispositif s’est étoffé. Le Secours populaire indique avoir également étendu l’école de campagne à Kawéni avec une bibliothèque de rue, et réhabilité un centre d’enfance à Tsingoni accueillant 80 enfants non scolarisés.
« Les quartiers sont totalement abandonnés »
Kamal Abdoul Wahabi, président de Kaweni Nouvelle Aire, décrit la réalité du terrain sans détour. Selon le bilan publié par le Secours populaire : « Quand on va dans ces quartiers, on ne voit pas d’eau courante, pas d’électricité, et il y a toujours des problèmes concernant la scolarisation des enfants. Les quartiers sont totalement abandonnés et les gens ont encore été fragilisés par Chido. »
L’association qu’il dirige, créée le 28 janvier 2015 à Mamoudzou, travaille sur l’insertion sociale, l’accompagnement des jeunes et l’éducation. Elle est référencée sur la plateforme nationale de bénévolat jeveuxaider.gouv.fr. Depuis Chido, elle est devenue un relais de terrain pour le Secours populaire dans les zones les plus touchées. Le climat scolaire à Mayotte reste sous tension dans plusieurs communes de l’île.
Contexte dans le département de Mayotte
La déscolarisation est un problème structurel à Mayotte, bien antérieur au cyclone Chido. La CNAPE recensait entre 5 300 et 9 500 enfants hors école en 2023. En 2022, l’INSEE établissait que 28 % des adultes mahorais de moins de 65 ans n’avaient jamais été scolarisés.
Le cyclone du 14 décembre 2024 a aggravé une situation déjà fragile. Les infrastructures éducatives dans les quartiers précaires, notamment à Kawéni, ont subi des dégâts importants. Des écoles et centres d’accueil ont été endommagés. Mamoudzou cherche par ailleurs à réduire son désert médical en multipliant les centres de santé, dans un contexte de reconstruction globale des services publics de proximité.
La Cité éducative de Kawéni, labellisée en 2023 par la mairie de Mamoudzou, vise à accompagner les enfants de la petite enfance jusqu’à l’insertion professionnelle à 25 ans. L’école de campagne du Secours populaire s’inscrit dans cet écosystème, sans en faire formellement partie.
La reconstruction de l’école Gnumba ya Wanatsa par les partenaires du Secours populaire figure également parmi les réalisations post-Chido en 2025, selon un communiqué de presse de l’association nationale.
Un financement mixte, une portée limitée dans le temps
Le projet repose sur deux sources de financement identifiées. Le Secours populaire apporte un soutien direct, notamment pour les 5 000 kits d’urgence distribués après Chido. La Fondation de France a accordé 30 000 € à Kaweni Nouvelle Aire en septembre 2025 pour un projet couvrant l’accès à l’eau et l’éducation, sur six mois à partir d’août 2025. La pérennité du dispositif au-delà de cette période n’a pas été précisée à ce stade.
Le Secours populaire a qualifié son action à Mayotte de « plus grande action de notre histoire », selon des propos rapportés par La1ere en décembre 2025. L’ampleur de la mobilisation post-Chido dépasse le seul volet éducatif : distribution alimentaire, soutien psychologique, reconstruction de structures sont également mentionnés dans le bilan de l’association. La question scolaire mobilise aussi en métropole, où des familles manifestent contre la carte scolaire 2026 à Limoges.
Prochaine étape
Le Secours populaire annonce la poursuite des missions solidaires en 2026 à Mayotte, axées sur l’insertion et l’accès à l’eau. Aucune date précise d’évaluation ou de reconduction du programme éducatif à Kawéni n’a été communiquée.