Kenzo Kies : l’AS Saint-Étienne et Guingamp confirment le décès du jeune footballeur, noyade dans le Rhône
Le monde du football français pleure Kenzo Kies, 21 ans, mort le 24 juin après une noyade accidentelle dans le Rhône. Son club formateur et l'En Avant Guingamp ont officialisé la tragédie.
L'AS Saint-Étienne a annoncé mercredi 24 juin le décès de Kenzo Kies, deux jours après sa noyade dans le Rhône, au niveau du parc de la Feyssine. Le jeune attaquant de 21 ans, prêté à Guingamp, a succombé à ses blessures. Le parquet de Lyon a ouvert une enquête.
L’essentiel
- 22 juin 2026 : Kenzo Kies, 21 ans, se noie dans le Rhône au parc de la Feyssine, zone de baignade interdite.
- 24 juin : L’AS Saint-Étienne et l’En Avant Guingamp confirment officiellement son décès.
- Une enquête ouverte : Le parquet de Lyon cherche à déterminer les circonstances exactes du drame.
- Canicule : Il faisait 38°C à Lyon ce jour-là, une quarantaine de noyades mortelles ont été recensées en France durant cette vague de chaleur.
Le drame du 22 juin au seuil de la Feyssine
Kenzo Kies a perdu la vie lundi 22 juin 2026, en fin d’après-midi, dans le Rhône. Le jeune footballeur se baignait avec des amis au niveau du seuil de la Feyssine, une bande d’eau située entre Villeurbanne et Caluire-et-Cuire. Ce secteur, pourtant signalé comme strictement interdit à la baignade, est réputé pour ses courants traîtres. Selon Le Progrès, le jeune homme a été emporté rapidement et est resté immergé près de cinquante minutes avant d’être repêché par les plongeurs des sapeurs-pompiers du Rhône.
Transporté en urgence absolue à l’hôpital, il a été admis en état de mort cérébrale. Il n’a jamais repris connaissance. La journée du 22 juin était marquée par une canicule sévère : le thermomètre atteignait 38 degrés dans la métropole lyonnaise. Comme l’a rappelé le Premier ministre Sébastien Lecornu, cette vague de chaleur a provoqué une quarantaine de décès par noyade en quelques jours sur l’ensemble du territoire.
Les clubs officialisent la tragédie
C’est par un communiqué sobre, publié mercredi 24 juin sur son site officiel, que l’AS Saint-Étienne a annoncé la nouvelle : « C’est avec une immense tristesse que l’AS Saint-Étienne a appris le décès de Kenzo Kies, survenu ce jour des suites de l’accident de lundi. Le club adresse ses condoléances les plus sincères à sa famille et à ses proches. » Dans la foulée, l’En Avant Guingamp, où Kenzo Kies évoluait en équipe réserve depuis l’été 2025, a confirmé la perte de son joueur. Les deux clubs ont demandé le respect de l’intimité de la famille.
Sur les réseaux sociaux, les hommages se multiplient. D’anciens coéquipiers et des supporters allument des bougies virtuellement. Un rassemblement spontané a eu lieu devant le siège stéphanois dans la soirée de mercredi.
Un parcours prometteur brisé
Né en 2005, Kenzo Kies avait intégré très tôt les circuits de formation professionnelle. Il a débuté à l’Olympique Lyonnais de 2011 à 2017, avant de rejoindre l’AS Saint-Priest pour une saison. En 2018, il signe à l’AS Saint-Étienne, où il passe sept ans, gravissant les échelons des équipes de jeunes jusqu’en équipe réserve (National 3). Barré par la concurrence en pro, il choisit de rejoindre l’En Avant Guingamp à l’été 2025 pour y trouver du temps de jeu.
« C’était un garçon discret, travailleur, apprécié de tous. Il avait tout le talent pour réussir », confie un ancien éducateur stéphanois sous couvert d’anonymat. Son dernier match sous le maillot guingampais remontait à la mi-mai, en National 3.
Contexte dans le Rhône : une canicule meurtrière et des zones dangereuses
Le drame de Kenzo Kies s’inscrit dans un contexte départemental alarmant. Selon l’Agence régionale de santé (ARS) Auvergne-Rhône-Alpes, les noyades sont en forte hausse depuis le début de l’été 2026. Les zones de baignade interdites, comme le seuil de la Feyssine, sont régulièrement pointées du doigt par les autorités. Le maire de Villeurbanne a rappelé mercredi que « malgré les panneaux et les campagnes de prévention, certains continuent de se baigner dans des secteurs non surveillés ». Dans la métropole lyonnaise, le Rhône est particulièrement dangereux en raison de courants violents liés aux variations de débit des barrages.
La canicule de juin 2026 a aggravé la situation. Le préfet du Rhône a activé le plan canicule dès le 18 juin, renforçant les patrouilles le long des berges. Le préfet du Nord avait également rappelé l’interdiction du street-pooling, une pratique qui gagne du territoire mais reste dangereuse. Dans le Rhône, aucune mesure répressive spécifique n’a pour l’instant été annoncée.
Une enquête en cours pour déterminer les causes
Le parquet de Lyon a ouvert une enquête pour « recherche des causes de la mort ». Les investigations, confiées à la brigade fluviale et au service départemental de police judiciaire, devront déterminer si des circonstances particulières (fatigue, malaise, courant soudain) ont joué un rôle. Aucune piste criminelle n’est privilégiée à ce stade. L’autopsie, prévue dans les jours à venir, apportera des éléments complémentaires. En parallèle, la mairie de Villeurbanne a annoncé qu’elle allait examiner la signalétique et la sécurisation du site.
Ce drame relance le débat sur la prévention des noyades en période de canicule. Le conseil municipal de Lyon a récemment adopté un pacte contre les violences sexuelles, mais la question de la baignade en milieu naturel reste dans les priorités de l’été.
Prochaine étape : les hommages se préparent
Les clubs de l’AS Saint-Étienne et de l’En Avant Guingamp annoncent qu’ils organiseront une cérémonie d’hommage, dont la date et le lieu seront communiqués ultérieurement. Les proches de Kenzo Kies ont demandé que des dons soient versés à une association de prévention des noyades. L’enquête du parquet de Lyon devrait livrer ses premières conclusions dans les semaines à venir.