Lyon : pacte contre les VSS et affaire Abreu au conseil municipal
Le maire Grégory Doucet propose une commission générale transpartisane en septembre. L'affaire Abreu fait éclater le groupe d'opposition Cœur Lyonnais.
Le conseil municipal de Lyon a été marqué par l'annonce d'un pacte municipal contre les violences sexistes et sexuelles et par la secousse politique de l'affaire Abreu. L'opposition, en pleine recomposition, se divise en trois groupes.
L’essentiel
- Fait 1 : Le parquet de Lyon a ouvert une enquête préliminaire pour viol aggravé par soumission chimique visant Roman Abreu, ex-directeur de campagne de Jean-Michel Aulas.
- Fait 2 : Le maire Grégory Doucet a annoncé un pacte municipal contre les violences sexistes et sexuelles (VSS), débattu en commission générale en septembre 2026.
- Fait 3 : Le groupe d’opposition Cœur Lyonnais a implosé : 17 conseillers sur 27 l’ont quitté, formant trois nouveaux groupes.
- Fait 4 : Jean-Michel Aulas s’est mis en retrait du conseil municipal et a perdu ses délégations à la Métropole de Lyon.
Un conseil municipal sous le signe des violences sexuelles
Le conseil municipal de Lyon, réuni ce jeudi 25 juin, a été dominé par la question des violences sexistes et sexuelles. Le maire écologiste Grégory Doucet a proposé l’organisation d’une commission générale transpartisane sur le sujet, prévue en septembre 2026. Cette instance doit aboutir à un pacte municipal contre les VSS, associant tous les groupes politiques de la ville.
« Il s’agit de poser un cadre clair pour prévenir et sanctionner les violences dans toutes les strates de la vie municipale », a précisé l’entourage du maire. Le texte devrait notamment renforcer les dispositifs de signalement et de formation des élus et agents.
L’affaire Abreu : une enquête ouverte
En toile de fond, l’affaire Roman Abreu a alimenté les débats. Une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet de Lyon pour viol aggravé par soumission chimique. La plainte émane d’une ancienne militante de la campagne municipale « Génération Aulas » de 2026, dans laquelle Abreu était directeur de la communication et conseiller politique.
Selon des sources judiciaires, les investigations se poursuivent. Aucune mise en examen n’a encore été prononcée. L’intéressé n’a pas répondu aux sollicitations de la presse.
Un séisme politique : l’éclatement de Cœur Lyonnais
L’affaire a provoqué une recomposition brutale de l’opposition municipale. Le groupe Cœur Lyonnais, principale force d’opposition, a implosé : 17 conseillers sur 27 ont quitté le groupe, selon le service de presse de la ville. Ils se sont répartis en trois nouvelles entités : une tendance pro-Aulas, une dissidence menée par le maire du 5e arrondissement Thomas Rudigoz (avec 14 élus locaux), et un petit groupe indépendant.
Jean-Michel Aulas, figure historique de l’OL, s’est mis en retrait du conseil municipal. La présidente de la Métropole de Lyon, Véronique Sarselli, lui a retiré ses délégations, ainsi qu’à Laure Cédat et Emmanuel Imberton, en raison de leur gestion de l’affaire. Des voix s’élèvent aussi contre les propos de Christophe Guilloteau, président du département du Rhône, qui a qualifié la gestion de l’affaire de « maladresse de campagne » - une sortie jugée indigne par plusieurs élus locaux.
Contexte dans le Rhône
Ce conseil municipal s’inscrit dans un département du Rhône marqué par plusieurs tensions politiques et sociales. À Meyzieu, la Région Auvergne-Rhône-Alpes a bloqué le nom d’Imane Khelif pour un lycée, provoquant un débat sur la laïcité et la reconnaissance des sportives. Par ailleurs, un incendie à Collonges-Fontaines a récemment interrompu le trafic SNCF sur l’axe Lyon-Mâcon, illustrant la vulnérabilité des infrastructures.
La Métropole de Lyon, troisième métropole française avec plus de 1,4 million d’habitants, est souvent un laboratoire pour les politiques de lutte contre les discriminations. Le futur pacte municipal VSS sera surveillé de près par les associations féministes.
Prochaine étape : la commission générale de septembre
La commission générale sur les VSS se réunira en septembre. D’ici là, des groupes de travail doivent être constitués pour élaborer des propositions concrètes. L’opposition, bien que fragmentée, a promis de participer aux discussions. « Nous soutenons l’initiative, mais attendons des mesures fermes », a réagi un élu du nouveau groupe Rudigoz. L’affaire Abreu, elle, suivra son cours judiciaire.