Koungou : une coopérative pour relancer la vanille de Mayotte après Chido

L'UCOOPAM fédère les producteurs locaux pour reconstruire une filière dévastée par le cyclone de 2024.

Koungou : une coopérative pour relancer la vanille de Mayotte après Chido
Illustration Ahamada Abdallah / info.fr

Le 4 avril 2026, le lancement d'une coopérative agricole dédiée à la vanille à Koungou marque une étape dans la relance de la filière post-cyclone Chido. Derrière ce projet, l'Union des Coopératives Agricoles de Mayotte (UCOOPAM) et une poignée de producteurs déterminés.

Le cyclone Chido, en décembre 2024, a ravagé de nombreuses plantations de vanille à Mayotte. Un an et demi plus tard, la riposte s’organise. Le 4 avril 2026, à Koungou, le lancement d’une nouvelle coopérative agricole spécialisée dans la vanille concrétise les efforts engagés depuis lors par les acteurs de la filière.

Une plateforme inaugurée fin mars à Combani

Le cadre institutionnel est posé depuis peu. L’Union des Coopératives Agricoles de Mayotte (UCOOPAM) a inauguré sa plateforme agricole moderne le 25 mars 2026 à Combani, fonctionnelle depuis octobre 2025, selon Le Journal de Mayotte. Elle accueille notamment les activités de transformation de la vanille et des épices, portées par l’association Saveurs et Senteurs de Mayotte.

Cette structure fédère plusieurs coopératives locales. Elle incarne, selon ses promoteurs, un outil d’autonomie alimentaire et de soutien aux exportations durables pour l’île.

Une qualité reconnue, une production encore fragile

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La vanille mahoraise a de quoi séduire les marchés. Au Concours Général Agricole 2026, le producteur Foundi Madi, de Tsingoni, a décroché la médaille d’or pour sa vanille planifolia, rapporte Le Journal de Mayotte. L’association Saveurs et Senteurs de Mayotte a elle obtenu l’argent pour la vanille de Mohamadi Sabiti, selon La1ère.

Mais les volumes restent modestes. La production locale tourne autour de 80 kg par hectare, soit dix fois moins qu’à Madagascar, selon les données disponibles. En 2010, la surface cultivée à Mayotte n’excédait pas 30 hectares, avec 85 producteurs déclarés - dont 80 % ne parlent pas français, ce qui freine les démarches administratives et les exportations, note Mayotte Hebdo.

Pour soutenir les agriculteurs, un programme de subventions baptisé « Mwana Crédits », lancé en avril 2026, prend en charge jusqu’à 90 % des coûts, selon Capmad.

70 000 vitroplants attendus d’ici 2027

La relance passe aussi par le renouvellement du matériel végétal. Saveurs et Senteurs de Mayotte prépare la replantation de 70 000 vitroplants, financée par la Fondation de France, avec une livraison prévue d’ici avril 2027, selon La1ère. L’objectif : reconstituer le verger local détruit par Chido et viser à terme une présence au Salon International de l’Agriculture 2027.

La dynamique est déjà perceptible. La 5e édition de la Fête de la vanille, en novembre 2025, avait enregistré une hausse de participation de 20 % par rapport à 2024, signe d’un regain d’intérêt pour la filière, selon Mayotte Hebdo.

Introduite à Mayotte dès 1876, la vanille avait connu un déclin sévère après les crises des années 1920-1930. La coopérative lancée ce mois d’avril à Koungou tente d’écrire un nouveau chapitre.

Sources

Ahamada Abdallah

Ahamada Abdallah

Correspondant à Mamoudzou, suit les tensions sur l'immigration comorienne, les débats sur la départementalisation, les projets hospitaliers et les infrastructures. Formé à l'IUT info-com de La Réunion, il a grandi à Mayotte. Posture éditoriale : interroger les élus, les associations, les préfets, croiser les rapports de l'INSEE avant de publier.

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