La Réunion : une convention signée pour protéger les pompiers des agressions

Le préfet Patrice Latron, le SDIS 974, les collectivités, la police et la gendarmerie s'engagent formellement le 28 avril 2026.

La Réunion : une convention signée pour protéger les pompiers des agressions
Illustration Viviane Payet / info.fr

Une convention de lutte contre les violences envers les sapeurs-pompiers a été signée le 28 avril 2026 à Saint-Denis. Le texte engage le préfet de La Réunion, le SDIS 974, les collectivités territoriales, les forces de police et de gendarmerie ainsi que le parquet. En 2025, 30 agressions ont été recensées sur l'île.

Une convention de lutte contre les violences envers les sapeurs-pompiers a été signée le 28 avril 2026 au centre de secours de Saint-Denis. Elle réunit le préfet Patrice Latron, le SDIS 974, les collectivités territoriales, les services de police et de gendarmerie, ainsi que le procureur de la République. L’objectif : améliorer la coordination et accélérer la réponse en cas d’agression contre un agent en intervention.

L’essentiel

  • Date de signature : 28 avril 2026, au centre de secours de Saint-Denis.
  • 30 agressions contre des sapeurs-pompiers recensées à La Réunion en 2025, selon Imaz Press et Zinfos974.
  • Cadre national : déclinaison locale d’une circulaire ministérielle du 3 mars 2026, comportant 19 mesures de protection et d’accompagnement.
  • 1 525 agressions déclarées à l’échelle nationale en 2025, en hausse de 4,3 % par rapport à 2024 (1 462 cas), selon Le Quotidien de La Réunion.
  • 80 % des incidents locaux surviennent lors de missions de secours d’urgence aux personnes (SUAP), selon Zinfos974.

Ce qui a été signé le 28 avril

La cérémonie s’est tenue au centre de secours de Saint-Denis. Autour du préfet Patrice Latron, les signataires incluent le SDIS 974, les collectivités territoriales, la direction départementale de la sécurité publique, le groupement de gendarmerie de La Réunion et le parquet. Le texte instaure un protocole de coordination immédiate entre ces acteurs dès qu’un sapeur-pompier est victime d’une agression en service.

Le SDIS 974 a réagi sur X :

Selon la préfecture de La Réunion, le préfet Latron a déclaré lors de la signature : « Ces hommes et femmes mettent leur vie en jeu pour sauver celle des autres, ils ne doivent jamais être agressés. » L’expression créole « Touche pa nout sapeurs-pompiers ! » - « Ne touchez pas à nos pompiers » - a été reprise comme slogan de la mobilisation.

Un protocole issu d’une circulaire nationale

Publicité

La convention réunionnaise est une déclinaison locale d’une circulaire du ministre de l’Intérieur datée du 3 mars 2026, selon Zinfos974 et La 1ère. Ce texte national liste 19 mesures articulées autour de trois axes : renforcer la réponse opérationnelle lors des agressions, améliorer le suivi judiciaire des affaires, et accompagner les victimes au sein du SDIS.

Pour les forces de l’ordre, le protocole prévoit une intervention prioritaire lorsqu’un équipage de pompiers est attaqué en mission. Le parquet est associé pour garantir un traitement judiciaire accéléré des dossiers. Les modalités précises de mise en œuvre restent à détailler par les signataires, selon les informations disponibles à ce stade.

30 agressions en 2025 à La Réunion

Trente agressions contre des pompiers ont été comptabilisées à La Réunion en 2025, d’après Imaz Press et Zinfos974. Quatre-vingts pour cent d’entre elles surviennent lors de missions de secours d’urgence aux personnes (SUAP), soit les interventions pour malaise, accident ou urgence médicale - pas lors d’incendies.

Le cas le plus grave récent remonte à janvier 2026 : un sapeur-pompier a été poignardé au cou lors d’une intervention à La Possession, selon Zinfos974 et Linfo.re. Cet épisode avait relancé les demandes syndicales d’une réponse institutionnelle coordonnée, avec des appels à une table ronde sous l’autorité du préfet.

Contexte dans La Réunion

La Réunion (974) compte environ 900 000 habitants, avec une densité de population concentrée sur le littoral et des zones urbaines comme Saint-Denis, Saint-Paul et Saint-Pierre. Le SDIS 974 gère un volume d’interventions soutenu, en grande partie lié au SUAP - le secours à personne représente la majorité des sorties de tout service départemental d’incendie et de secours français.

La problématique des violences contre les pompiers n’est pas propre à l’île. À l’échelle nationale, 1 525 agressions ont été déclarées en 2025, contre 1 462 en 2024, soit une hausse de 4,3 %, selon Le Quotidien de La Réunion. Ce contexte a conduit le ministre de l’Intérieur à imposer des conventions départementales dans l’ensemble du territoire. D’autres préfectures ont pris des mesures de sécurité dans leurs périmètres : fermeture administrative de commerces ou restrictions liées à l’ordre public illustrent la diversité des leviers préfectoraux mobilisés localement.

À La Réunion, la mobilisation syndicale avait précédé la convention. Deux organisations représentatives du personnel du SDIS 974 avaient réclamé une table ronde sous l’autorité du préfet, selon Freedom.fr. La signature du 28 avril répond formellement à cette demande.

Ce que la convention ne dit pas encore

Le texte signé pose un cadre partenarial. Les modalités opérationnelles - temps d’intervention prioritaire garanti, procédure de signalement interne, suivi psychologique des victimes - n’ont pas été détaillées publiquement à ce stade par les signataires. La mise en œuvre effective des 19 mesures de la circulaire nationale reste à documenter au niveau local.

Le préfet Latron n’a pas précisé de calendrier d’évaluation. Aucun bilan intermédiaire n’a été annoncé lors de la cérémonie de signature, d’après les informations disponibles dans les médias locaux.

La prochaine étape identifiable sera le suivi des statistiques d’agressions pour 2026, qui permettra de mesurer l’effet concret du dispositif sur le terrain.

Sources

Viviane Payet

Viviane Payet

Viviane est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de La Réunion (974), avec Saint-Denis pour chef-lieu. Spécialité du département : cirques UNESCO et volcan actif. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Outre-mer.

Publicité
Lien copié !
× Infographie agrandie