La Rochelle crée un itinéraire sécurisé « Tranquil’iti » pour les étudiantes
Le parcours reliera le quartier des Minimes au centre-ville dès la rentrée de septembre 2026, avec éclairage, caméras et bornes d'urgence.
La ville de La Rochelle lance un itinéraire sécurisé baptisé « Tranquil'iti » entre le quartier universitaire des Minimes et le centre-ville. Annoncé le 30 avril 2026 par le maire Olivier Falorni, il vise à réduire le harcèlement de rue nocturne subi par les étudiantes. Opérationnel à la rentrée de septembre 2026.
La ville de La Rochelle lance un itinéraire sécurisé baptisé « Tranquil’iti » entre le quartier universitaire des Minimes et le centre-ville. Annoncé le 30 avril 2026 par le maire Olivier Falorni, il vise à réduire le harcèlement de rue nocturne subi par les étudiantes. Opérationnel à la rentrée de septembre 2026.
L’essentiel
- Annonce : Le projet « Tranquil’iti » a été dévoilé le 30 avril 2026 lors d’une déambulation nocturne conduite par le maire Olivier Falorni.
- Tracé : Le parcours relie le centre-ville au quartier des Minimes via l’Aquarium, le plateau nautique et le Technoforum.
- Équipements : Éclairage public permanent, caméras supplémentaires aux intersections et bornes d’appel d’urgence reliées à la police municipale.
- Calendrier : Opérationnel dès septembre 2026, à la rentrée universitaire.
- Partenaires : Le tracé est défini avec le Crous, le bureau des étudiants et l’association de quartier des Minimes.
Une déambulation nocturne pour poser le diagnostic
C’est en marchant dans les rues après la tombée de la nuit qu’Olivier Falorni, élu maire en mars 2026, a choisi de présenter le projet. Le 30 avril, accompagné de représentants du Crous, du bureau des étudiants et de l’association de quartier des Minimes, il a arpenté le trajet concerné pour repérer les zones jugées anxiogènes.
« Ces équipements seront positionnés dans les lieux les plus judicieux ou anxiogènes », a déclaré le maire, cité par Le Parisien et Sud Ouest. Le tracé longe l’Aquarium, traverse le plateau nautique et passe par le Technoforum avant de rejoindre le centre-ville.
Ce que comprend concrètement l’itinéraire
Selon Le Parisien et ICI Nouvelle-Aquitaine, trois types d’équipements sont prévus sur le tracé :
- Un éclairage public permanent sur l’ensemble du parcours ;
- Des caméras de vidéosurveillance supplémentaires aux intersections, reliées au centre de supervision de la police municipale ;
- Des bornes d’appel d’urgence connectées à ce même centre.
Le tracé sera également signalé par un marquage au sol photoluminescent, selon Sud Ouest, pour guider les usagers de nuit même en l’absence de signalétique classique.
Plaintes d’insécurité à l’origine du projet
L’initiative répond à des remontées concrètes. Selon Le Parisien, les plaintes d’insécurité nocturne se sont multipliées chez les jeunes femmes empruntant le trajet entre le centre-ville et les Minimes, notamment en soirée et en nuit. Ce couloir, fréquenté par les étudiants en dehors des heures de cours, était signalé comme peu éclairé et peu surveillé sur certains tronçons.
En complément de « Tranquil’iti », la ville envisage d’adhérer au dispositif « Demandez Angela », qui permet aux victimes de harcèlement de demander discrètement de l’aide dans les bars et établissements partenaires via un mot-code, selon Sud Ouest. Ce dispositif, issu d’une initiative britannique, est déjà déployé dans plusieurs villes françaises.
La sécurité en ville est un sujet qui préoccupe au-delà de La Rochelle - des incidents en milieu scolaire ont également marqué l’actualité régionale ces dernières semaines.
Contexte en Charente-Maritime
La Rochelle concentre une part significative de la population estudiantine du département. La ville compte environ 15 000 étudiants, avec une projection à 17 000 en 2026, soit environ 9 % de la population active de l’agglomération, selon une étude de l’Observatoire régional de santé Nouvelle-Aquitaine publiée en 2023.
Cette concentration crée des flux nocturnes importants entre les Minimes - où sont implantés plusieurs campus et résidences universitaires - et le centre-ville animé. Ce trajet d’environ deux kilomètres est parcouru à pied ou à vélo par de nombreux étudiants, faute de desserte de transport en commun tardive suffisante.
Au niveau national, plus de 60 % des jeunes femmes déclarent avoir subi du harcèlement ou une agression sexuelle au moins une fois, selon des données croisées de l’association NousToutes et du site Vie Publique. Des cellules d’écoute anti-violences sexistes existent dans les universités françaises depuis 2018, selon le ministère de l’Enseignement supérieur. La Rochelle s’inscrit dans cette dynamique avec un dispositif axé sur l’espace public plutôt que sur le seul campus.
Le Stade Rochelais et le rayonnement sportif de la ville alimentent également un agenda événementiel nocturne qui densifie les flux de piétons en soirée dans ces mêmes quartiers.
Un projet co-construit, un tracé encore à finaliser
Le tracé définitif n’est pas encore arrêté. La mairie, le Crous, le bureau des étudiants et l’association des Minimes doivent le valider ensemble. La déambulation du 30 avril était une première étape de repérage. Le budget total de l’opération n’a pas été communiqué à ce stade.
Des initiatives locales de sensibilisation à la sécurité, comme des opérations de prévention en milieu jeune menées dans d’autres villes, montrent que les collectivités multiplient les approches pour réduire les risques dans l’espace public.
La mairie vise une mise en service en septembre 2026, au début de la prochaine année universitaire. La définition du tracé précis et la pose des équipements devront être finalisées d’ici là.
Sources
- Le Parisien : Harcèlement de rue : La Rochelle opte pour un « itinéraire sécurisé » entre le quartier universitaire et le centre-ville
- Sud Ouest : La Rochelle : Olivier Falorni dégaine une série de mesures ciblant la protection des femmes
- ICI Nouvelle-Aquitaine : Itinéraires sécurisés, "demandez Angela"... La Rochelle met en place des mesures contre le harcèlement de rue