Grève dans les écoles d’Oléron : les enseignants dénoncent la suppression de postes

Plusieurs établissements de Saint-Pierre-d'Oléron touchés par un mouvement national qui vise les coupes budgétaires dans l'éducation.

Grève dans les écoles d'Oléron : les enseignants dénoncent la suppression de postes
Illustration Vincent Bonneau / info.fr

Des enseignants ont cessé le travail dans plusieurs écoles de Saint-Pierre-d'Oléron le 6 avril 2026. Ils s'inscrivent dans un mouvement national contre la suppression de 4 000 postes prévue à la rentrée prochaine. En Charente-Maritime, 29 postes d'enseignants sont menacés.

Le 6 avril 2026, plusieurs écoles de Saint-Pierre-d’Oléron ont fermé leurs portes en raison d’une grève des enseignants. Le mouvement s’inscrit dans une mobilisation nationale portée par une intersyndicale réunissant la FSU, l’UNSA, la CFDT, la CGT et SUD. Leur cible principale : le budget 2026, qui prévoit la suppression de 4 000 postes dans l’Éducation nationale, dont 1 891 dans le premier degré public, selon Ouest-France.

29 postes supprimés en Charente-Maritime

À l’échelle du département, la rentrée 2026 s’annonce difficile. La Charente-Maritime enregistrera une baisse de 1 080 élèves dans le premier degré, ce qui justifie, selon l’administration, environ 36 fermetures de classes et 29 suppressions de postes d’enseignants, d’après Sud Ouest. L’académie de Poitiers, dont dépend le département, avait déjà subi une dotation négative de 30 postes en 2025 selon le SNUipp-FSU 17. Pour 2026, le total atteindrait 100 suppressions nettes dans l’académie. Le Conseil social d’administration spécial départemental (CSASD) du 26 mars a officiellement acté ces mesures de carte scolaire.

L’intersyndicale ne mâche pas ses mots : « Ces choix ne peuvent que dégrader encore davantage un service public déjà exsangue », indique-t-elle dans son appel à la grève du 31 mars 2026, relayé par Ouest-France. Le 31 mars, 7,56 % des enseignants et personnels étaient mobilisés au niveau national, selon le chiffre fourni par le ministère.

L’inclusion scolaire, angle mort des suppressions

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Au-delà des fermetures de classes, les enseignants pointent un autre problème : l’éducation inclusive. Faute de moyens suffisants, les élèves en situation de handicap bénéficient d’un accompagnement jugé insuffisant. Le recrutement d’AESH (accompagnants d’élèves en situation de handicap) et de psychologues scolaires est réclamé pour respecter les notifications MDPH, selon le SNES de Créteil. Un enseignant résume la tension sur X :

La question de l’équité territoriale est aussi soulevée. Dans les zones rurales comme l’île d’Oléron, les seuils de fermeture de classe sont critiqués par plusieurs voix, dont celle du député Julien Odoul sur X :

Des préavis jusqu’à fin 2026

L’intersyndicale a annoncé des rassemblements les 7, 9 et 10 avril devant les rectorats, selon le SE-Unsa. Des préavis de grève hebdomadaires seraient déposés jusqu’à la fin de l’année 2026 pour exiger des revalorisations salariales et des recrutements supplémentaires. À Saint-Pierre-d’Oléron, la mobilisation du 6 avril marque une première étape locale dans ce bras de fer qui se joue aussi à Paris.

Sources

Vincent Bonneau

Vincent Bonneau

Installé à La Rochelle, suit la pêche, l'ostréiculture, le port de commerce et les tensions sur le tourisme de masse aux îles. Diplômé de l'IJBA Bordeaux, il a grandi sur la côte atlantique. Conviction : le journalisme maritime exige de connaître les pêcheurs, les armateurs, les scientifiques de l'Ifremer, pas seulement les attachés de presse des collectivités.

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