Langres : 800 habitants réunis à la BSMAT pour défendre la chirurgie contre l’ARS

La ville a adopté une motion engageant un recours au Conseil d'État contre la réorganisation hospitalière de l'ARS Grand Est

Langres : 800 habitants réunis à la BSMAT pour défendre la chirurgie contre l'ARS
Illustration François Meunier / info.fr

Le 22 mai 2026, environ 800 habitants et élus du territoire se sont réunis en plein air dans la cour de l'ancienne BSMAT pour un conseil municipal extraordinaire. Un seul point à l'ordre du jour s'opposer à un projet de réorganisation hospitalière qui priverait Langres de chirurgie. La motion a été adoptée par la majorité.

Le 22 mai 2026, environ 800 habitants et élus du territoire se sont réunis en plein air dans la cour de l’ancienne BSMAT pour un conseil municipal extraordinaire. Un seul point à l’ordre du jour : s’opposer à un projet de réorganisation hospitalière qui priverait Langres de chirurgie. La motion a été adoptée par la majorité.

L’essentiel

  • 22 mai 2026 à 18h30 : conseil municipal extraordinaire réuni dans la cour du bâtiment 31 de l’ancienne BSMAT, futur site du nouvel hôpital.
  • 800 participants : habitants et élus du territoire présents en extérieur, selon le Journal de la Haute-Marne et La Voix de la Haute-Marne.
  • Motion adoptée : majorité pour, opposition abstention ; la ville s’engage aux côtés d’Égalité Santé dans un recours devant le Conseil d’État.
  • Futur hôpital : 43 M€ (sur 150 M€ pour le centre-sud Haute-Marne), 110 lits/places, urgences 24/7 - mais aucune chirurgie prévue ; ouverture attendue début 2028.
  • Première pierre posée le 11 décembre 2025 sur le site BSMAT.

Une séance dans les décombres du futur

Le choix du lieu était délibéré. Théo Caviezel, maire de Langres, avait convoqué le conseil sur le chantier même du futur hôpital de proximité, dans la cour du bâtiment 31 de l’ancienne 15e Base de Soutien du Matériel de l’armée, dissoute vers 2014 et reconvertie depuis pour le projet hospitalier porté par le Département. La première pierre y avait été posée le 11 décembre 2025.

La séance a duré environ une heure. Ambiance sobre en apparence, message politique clair : la ville refuse le rôle de « dispensaire » que lui attribuerait, selon ses élus, le projet de réorganisation de l’ARS Grand Est. Le maire a qualifié la situation de mépris : « Nous sommes méprisés par les décideurs », selon le Journal de la Haute-Marne.

Le compte Langres : conseil municipal extraordinaire au cœur du chantier du futur hôpital le 22 mai avait anticipé l’événement dès le début de semaine.

Ce que reprochent les opposants au projet ARS

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Le cœur du litige : l’ARS Grand Est envisage de concentrer la chirurgie à Chaumont, réduisant l’hôpital de Langres à un établissement de proximité sans bloc opératoire. Pour les opposants, cela signifie des trajets supplémentaires conséquents en cas d’urgence chirurgicale.

René, habitant d’Heuilley-le-Grand, a témoigné lors de la séance des 60 kilomètres de trajet que représenterait ce scénario pour lui. Michel Marchiset, maire délégué de Montlandon, est également intervenu en soutien, selon les deux médias locaux présents. Le Dr Didier Soumaire, de l’association Égalité Santé, est venu avec un corbillard symbolique - image récurrente des mobilisations contre les déserts médicaux ruraux.

Une motion, un recours au Conseil d’État

La motion adoptée engage concrètement la ville : Langres rejoint l’association Égalité Santé dans un recours devant le Conseil d’État contre la réorganisation de l’ARS. L’opposition municipale s’est abstenue, sans voter contre, selon La Voix de la Haute-Marne.

Le député Christophe Bentz (Haute-Marne) a affiché son soutien. Sur X, il a salué ce qu’il qualifie de refus d’une « écrasante majorité de la population, des soignants et des élus locaux ».

Le projet hospitalier : ce qui est prévu, ce qui manque

Le futur hôpital de proximité sur le site BSMAT représente 43 M€ pour la partie langroise, dans un plan global de 150 M€ pour le centre et sud Haute-Marne. Il prévoit 110 lits et places (contre 87 actuels), des urgences 24/7, de la médecine et des soins de suite et de réadaptation (SSR/SMR). L’ouverture est prévue début 2028, selon le Conseil départemental de la Haute-Marne.

Ce que le projet ne prévoit pas : la chirurgie. C’est précisément ce point qui cristallise l’opposition. Pour un département rural comme la Haute-Marne, où les distances constituent un facteur aggravant en matière d’accès aux soins d’urgence, l’absence d’un bloc opératoire de proximité est perçue comme une régression.

Contexte dans la Haute-Marne

Langres compte 7 421 habitants en 2023, en baisse d’environ 4 % depuis 2017 (INSEE). La Haute-Marne affiche 169 865 habitants en 2022 (INSEE), dans un département classé parmi les plus faiblement peuplés de France métropolitaine. La pression démographique combinée à l’éloignement des centres de soins spécialisés place les questions hospitalières au premier rang des préoccupations locales.

La mobilisation contre la réorganisation ARS dure depuis plusieurs années. Égalité Santé est déjà engagée dans des recours administratifs. La tenue d’un conseil municipal en plein air sur le chantier hospitalier, devant 800 personnes dans une commune de 7 400 habitants, illustre l’intensité du sujet. France 3 a suivi l’événement, selon une publication du maire Théo Caviezel sur ses réseaux sociaux.

Prochaine étape

La motion adoptée le 22 mai doit être présentée lors du prochain conseil municipal ordinaire, fixé au 11 juin, selon le Journal de la Haute-Marne et La Voix de la Haute-Marne. Le recours au Conseil d’État, porté conjointement par la ville et Égalité Santé, n’a pas encore de date d’audience communiquée.

Sources

François Meunier

François Meunier

François est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Haute-Marne (52), avec Chaumont pour chef-lieu. Spécialité du département : festival international affiche graphique et Colombey-les-Deux-Eglises. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Grand Est.

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