Langres : des résidents occupent la mairie pour dénoncer la hausse des loyers

Le 8 avril, des habitants ont investi pacifiquement l'hôtel de ville pour réclamer des mesures d'aide au logement face à l'inflation immobilière.

Langres : des résidents occupent la mairie pour dénoncer la hausse des loyers
Illustration Céline Vasseur / info.fr

Une cinquantaine de résidents de Langres ont occupé la mairie le 8 avril 2026 pour protester contre la hausse des loyers. Ils réclament des aides concrètes dans un département où 29 % des ménages sont déjà fragilisés par un parc immobilier vieillissant.

Mercredi 8 avril, en milieu de matinée, plusieurs dizaines d’habitants de Langres ont investi pacifiquement le hall de la mairie. Leur revendication : des mesures d’urgence face à la hausse des loyers qui pèse sur les familles modestes de la ville. L’occupation s’est déroulée sans incident. Les manifestants ont demandé à être reçus par des élus locaux. La teneur exacte des échanges n’a pas été communiquée à ce stade.

Un territoire déjà sous tension

La Haute-Marne cumule plusieurs facteurs de vulnérabilité. Selon le Plan Départemental d’Action pour le Logement (PDALHPD 2019-2024) du Conseil départemental, 67 % des logements du département datent d’avant 1975. Ce bâti ancien, souvent énergivore et peu rénové, place 29 % des ménages dans une situation de fragilité face aux hausses de charges et de loyers. L’Indice de Référence des Loyers prévoit une progression de 0,87 % pour 2026, selon CNews, mais dans un marché où le taux d’inoccupation est passé sous les 3 % nationalement, chaque révision se répercute directement sur des budgets déjà serrés.

Sur les réseaux, le sentiment d’étranglement est palpable :

Un contexte national qui aggrave la situation locale

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La mobilisation de Langres n’est pas isolée. En mars 2025, l’association Droit au Logement avait appelé à des manifestations les 29 et 30 mars dans toute la France, dénonçant un loyer équivalant désormais à un « 13e mois » supplémentaire par rapport à 2023. À l’échelle nationale, les expulsions locatives ont bondi de 25 % en 2025, touchant 30 500 ménages selon 20 Minutes - principalement pour impayés liés à la précarisation. Le 30e rapport de la Fondation pour le Logement (ex-Abbé Pierre) chiffre à 30 % la part des ménages ayant eu froid dans leur logement en 2024, contre 14 % en 2020. Les recours DALO ont, eux, progressé de 14 % en 2024, atteignant 124 958 dossiers selon le Sénat.

Le budget 2025 du Conseil départemental de la Haute-Marne mentionne des mesures pour protéger les habitants face aux difficultés budgétaires, mais aucune aide spécifique au logement en réponse à cette mobilisation n’a été annoncée à ce jour.

Une audience préfectorale pourrait être envisagée dans les prochaines semaines, mais aucune date n’a été confirmée par les autorités locales.

Sources

François Meunier

François Meunier

Correspondant à Chaumont, suit la désindustrialisation, les tensions sur l'emploi, l'agriculture et les fermetures de lignes SNCF. Formé en PQR champenoise, il connaît le département par cœur. Conviction : rencontrer les ouvriers, les agriculteurs, les élus, vérifier les bilans sociaux avant de publier.

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