Langres : l’offre de soins hospitaliers « va de mal en pis » selon l’ASSHM
Lors de son assemblée générale, l’association Avenir Santé Sud Haute-Marne a dénoncé les régulations répétées des urgences et la réorganisation hospitalière en cours.
L’association Avenir Santé Sud Haute-Marne (ASSHM) a tenu son assemblée générale samedi 13 juin à Saints-Geosmes. Son président, Mathieu Thiébaut, a alerté sur la dégradation de l’offre de soins à Langres, estimant que « la situation va de mal en pis ». L’ASSHM dénonce les fermetures ponctuelles des urgences et maintient sa mobilisation contre le projet de réorganisation Chaumont-Langres.
L’essentiel
- Fait 1 : L’assemblée générale de l’ASSHM s’est tenue le 13 juin 2026 à Saints-Geosmes.
- Fait 2 : Le président Mathieu Thiébaut a déclaré que « la situation va de mal en pis ».
- Fait 3 : Les urgences de Langres ont été fermées ou régulées à plusieurs reprises depuis décembre 2025.
- Fait 4 : Le nouvel hôpital (43 M€) prévoit 110 lits et places, mise en service début 2029.
- Fait 5 : Langres comptait 7 683 habitants en 2022, dans un département passé sous les 170 000.
Des urgences sous pression depuis des mois
Ce samedi 13 juin, au pôle Urbatus de Saints-Geosmes, l’association Avenir Santé Sud Haute-Marne (ASSHM) a réuni ses adhérents. Le constat dressé par son président, Mathieu Thiébaut, est sans appel. « La situation va de mal en pis », a-t-il affirmé, selon le Journal de la Haute-Marne. Il pointe la multiplication des « régulations » et fermetures du service des urgences de Langres, qui perturbent l’accès aux soins dans le sud du département depuis plusieurs mois.
Depuis décembre 2025, le centre hospitalier a en effet été contraint de basculer à plusieurs reprises en mode dégradé. Une régulation totale avait été signalée le 9 décembre 2025, puis de nouveaux épisodes en février, mars et jusqu’au week-end des 31 mai-1er juin 2026. L’ASSHM y voit la conséquence directe d’une réorganisation jugée « néfaste » pour la population. « Nous restons mobilisés contre ce projet qui affaiblit l’offre de proximité », a insisté Mathieu Thiébaut.
Un projet de restructuration à 156 millions d’euros
Le projet contesté prévoit une refonte complète des hôpitaux de Chaumont, Langres et Bourbonne-les-Bains, pour un investissement total d’environ 156 millions d’euros. La part langroise, estimée à 43 millions, doit permettre de sortir des locaux vétustes de l’actuel centre hospitalier et de construire un nouvel établissement de 110 lits et places sur le site de l’ancienne BSMAT. La première pierre a été posée le 11 décembre 2025. Les travaux de démolition ont débuté en mars 2026, la phase de construction démarrera en novembre, avec une mise en service visée début 2029.
Le futur hôpital intégrera des urgences redimensionnées, un scanner et une IRM. Il s’inscrit dans une coopération territoriale avec le CHU de Dijon Bourgogne et les sites de Chaumont et Bourbonne-les-Bains, dans le cadre du programme « Mieux vivre ensemble sa santé sur le territoire ». Le financement repose sur des subventions de l’État, de la Région Grand Est, de l’Agence régionale de santé et du Département de la Haute-Marne, qui a mobilisé 14 millions d’euros.
Contexte dans le sud Haute-Marne
La mobilisation de l’ASSHM s’inscrit dans un territoire fragilisé. La Haute-Marne a vu sa population passer sous les 170 000 habitants, et Langres ne comptait plus que 7 683 habitants en 2022 selon l’INSEE. Le vieillissement démographique accentue les besoins de prise en charge de proximité. Le récent Handi’cathlon mobilité à Chaumont a rappelé l’importance d’une société inclusive, mais l’accès aux soins d’urgence demeure un point noir.
Pour le président de l’ASSHM, le projet actuel « n’apporte pas les garanties suffisantes ». L’association, basée à la Maison des associations de Langres (ruelle de la Poterne), tient une permanence et multiplie les actions d’information. Déjà en avril 2025, une précédente assemblée générale avait alerté sur les mêmes risques. Trois Haut-Marnais figuraient parmi les commandos Kieffer du D-Day : la défense du service public de santé est devenue un autre combat local.
Un nouvel hôpital pour début 2029 et une mobilisation continue
Malgré l’avancée des travaux, l’ASSHM ne désarme pas. « Nous veillerons à chaque étape », a promis Mathieu Thiébaut. Les prochaines phases de construction, à partir de novembre 2026, seront scrutées par les usagers. La mise en service du nouvel hôpital BSMAT est attendue début 2029. D’ici là, l’association entend maintenir la pression pour que les urgences restent accessibles et que les moyens alloués soient à la hauteur des promesses.
