Lapins gris dans l’Hérault : 2 000 hectares ravagés, l’État mobilise

À Lunel et dans la plaine de Mauguio, la prolifération des lapins de garenne inflige 1,5 million d'euros de pertes aux agriculteurs.

Lapins gris dans l'Hérault : 2 000 hectares ravagés, l'État mobilise
Illustration Sarah Bertrand / info.fr

Depuis le début de l'année 2026, les lapins de garenne ont détruit 2 000 hectares de cultures dans l'Hérault. La préfecture a lancé une mobilisation générale. Des tirs de nuit ont déjà eu lieu à Mauguio.

Vignes, blé, légumes : dans la plaine de Mauguio et le Lunellois, les lapins de garenne nettoient les parcelles les unes après les autres. Depuis janvier 2026, 2 000 hectares de cultures ont été détruits, pour un préjudice estimé à 1,5 million d’euros, selon RTL. Une douzaine de communes à l’est et à l’ouest de Montpellier sont concernées, dont Lunel.

Une extension continue vers le Lunellois

Les lapins progressent le long des voies ferrées, du canal du Bas-Rhône Languedoc et de l’autoroute A9, gagnant du terrain vers le Lunellois et le Gard, selon La France Agricole. Classés ESOD (espèces susceptibles d’occasionner des dégâts) dans 13 communes de l’Hérault depuis 2021, ils résistent aux maladies habituellement régulatrices : myxomatose et VHD n’ont pas suffi à freiner la dynamique.

Le problème n’est pas nouveau. Mais il atteint en 2026 une échelle inédite. En 2023, 1 400 hectares avaient été touchés. En 2025, les pertes s’élevaient à 150 000 euros - soit déjà une hausse de 40 % par rapport à 2024. Cette année, les chiffres ont bondi d’un autre ordre, selon le site Paysan du Midi.

L’État en ordre de bataille

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Le 26 mars 2026, une réunion de crise s’est tenue à la Chambre d’agriculture de l’Hérault, à Montblanc, sous l’égide de la préfecture, pour coordonner la riposte. Un plan d’action avait déjà été lancé en octobre 2024 - furetage, tirs, répulsifs - , mais jugé insuffisant face à l’ampleur de la prolifération, toujours selon La France Agricole.

En 2026, la préfecture a émis 72 arrêtés de régulation depuis le début de l’année, contre 89 pour l’ensemble de 2025, autorisant captures et tirs toute l’année, y compris hors zones ESOD, selon Le Parisien. Le 17 avril, une opération de tirs nocturnes a été conduite à Mauguio avec les louvetiers, en présence de la préfète Sophie Laurent.

La préfecture appelle à une mobilisation générale des agriculteurs et chasseurs jusqu’au 10 juin 2026 au minimum. Une extension du classement ESOD à de nouvelles zones, dont le Lunellois, est envisagée. En dernier recours, une intervention de l’armée n’est pas exclue, selon le site So Chasse.

Prochaine étape

Les opérations de régulation se poursuivent jusqu’au 10 juin 2026 au minimum. L’extension du classement ESOD au Lunellois et la question d’une possible intervention militaire doivent encore être tranchées par les autorités préfectorales.

Sources

Sarah Bertrand

Sarah Bertrand

Correspondante à Montpellier, elle suit l'université, les tensions sur le logement étudiant, la viticulture héraultaise et les débats sur la métropole. Issue de l'ESJ Lille, elle a travaillé en presse écrite avant de rejoindre la rédaction web. Méthode : interroger les étudiants, les bailleurs, les viticulteurs, les élus, croiser les budgets avant de publier.

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