Laval : un sans-abri de 35 ans retrouvé mort en pleine canicule rouge
Le corps inanimé d'un homme sans domicile fixe a été découvert lundi 22 juin avenue Robert Buron à Laval, alors que la Mayenne était en vigilance rouge canicule.
Un homme sans domicile fixe de 35 ans a été retrouvé mort lundi 22 juin avenue Robert Buron à Laval, à proximité de la gare. La procureure de la République privilégie la piste d'un coup de chaleur mortel. La ville a activé des mesures d'urgence.
L’essentiel
- Lundi 22 juin 2026 : le corps d’un sans-abri de 35 ans est découvert avenue Robert Buron à Laval, secteur gare.
- Hyperthermie sévère : les secours n’ont pu réanimer la victime, qui présentait des signes de coup de chaleur.
- Enquête ouverte : la procureure Anne-Lyse Jarthon confie l’affaire au commissariat, la piste de la canicule est privilégiée.
- Mayenne en rouge : Météo-France avait placé le département en vigilance rouge canicule extrême depuis le 22 juin, avec des pointes à 40 °C.
- Mesures municipales : piscines gratuites Aquabulle et Saint-Nicolas, brumisateurs place du 11-Novembre et secteur gare.
Retrouvé inanimé près de la gare
Il est environ 8 h 30, lundi 22 juin 2026, lorsqu’un passant alerte les secours. Avenue Robert Buron, à quelques mètres de la gare de Laval et de l’office de tourisme, un homme est allongé au sol, inanimé. Les pompiers arrivent rapidement sur les lieux et constatent que la victime, un homme sans domicile fixe âgé de 35 ans, présente un état d’hyperthermie sévère. Malgré leurs efforts, ils ne parviennent pas à le réanimer. Le décès est prononcé sur place.
Selon les premiers éléments recueillis par les enquêteurs du commissariat de Laval, l’homme était bien connu des services sociaux locaux. Il vivait dans la rue depuis plusieurs années, principalement dans le quartier de la gare. Ce jour-là, les températures frôlaient les 40 °C à l’ombre dans le centre-ville.
La piste du coup de chaleur privilégiée
La procureure de la République de Laval, Anne-Lyse Jarthon, a confirmé que la piste d’un décès lié à la canicule est privilégiée. « Les premières constatations médicales font état d’une hyperthermie sévère. Aucune trace de violence n’a été relevée sur le corps », a-t-elle indiqué. Une enquête a été ouverte et confiée au commissariat de police. L’autopsie, ordonnée par le parquet, devra confirmer la cause exacte du décès.
Le département de la Mayenne était placé en vigilance rouge canicule extrême par Météo-France depuis le dimanche 21 juin 2026, soit la veille du drame. Les températures maximales ont atteint localement 40 °C à Laval, avec des nuits très chaudes. Ce niveau d’alerte, le plus élevé, déclenche des mesures de prévention renforcées.
Les mesures d’urgence de la ville de Laval
Face à l’épisode caniculaire, la ville de Laval a activé plusieurs dispositifs dès le 21 juin. L’accès aux piscines municipales Aquabulle et Saint-Nicolas est devenu gratuit pour tous du 22 au 26 juin. Des brumisateurs ont été installés dans plusieurs espaces publics fréquentés, notamment place du 11-Novembre et dans le secteur de la gare, où la victime a été retrouvée. La municipalité a également renforcé les maraudes des équipes sociales.
Le Secours Populaire de la Mayenne a ouvert un espace d’accueil frais dédié aux personnes en situation de précarité. « Nous proposons de l’eau, des boissons fraîches et un lieu climatisé pour ceux qui en ont besoin », explique un bénévole. D’autres associations caritatives présentes à Laval, comme les Restos du Cœur et la Croix-Rouge, ont également adapté leurs horaires pour distribuer de l’eau en journée.
Dans un communiqué, le maire de Laval a exprimé sa « vive émotion » et rappelé l’importance de la solidarité envers les plus vulnérables en période de forte chaleur.
Contexte dans la Mayenne
La Mayenne, département rural d’environ 310 000 habitants, connaît des épisodes caniculaires plus fréquents depuis une dizaine d’années. Lors de la canicule de juillet 2022, le thermomètre avait déjà dépassé les 39 °C à Laval, provoquant une surmortalité notable chez les personnes âgées et isolées. Selon l’Agence régionale de santé des Pays de la Loire, les sans-abri sont particulièrement exposés : ils cumulent l’absence d’abri frais, des pathologies chroniques souvent mal suivies, et une difficulté d’accès aux messages de prévention.
En 2025, une étude de l’Observatoire des vulnérabilités en Mayenne estimait qu’environ 150 personnes vivaient sans domicile fixe dans l’agglomération lavalloise. Le quartier de la gare concentre une partie de cette population, faute de places suffisantes en hébergement d’urgence. Le plan canicule départemental, piloté par la préfecture, prévoit l’ouverture de salles rafraîchies supplémentaires dès le passage en vigilance orange, mais leur localisation n’est pas toujours adaptée aux lieux de vie des SDF.
La vulnérabilité des sans-abri face aux extrêmes climatiques
Ce décès tragique relance le débat sur la protection des personnes sans-abri lors des épisodes climatiques extrêmes. « Les SDF sont les premières victimes des canicules, rappelle le docteur Sophie Renard, médecin urgentiste au centre hospitalier de Laval. Leurs organismes, souvent fragilisés par l’alcool, la malnutrition ou des maladies chroniques, régulent mal la température. Et ils n’ont pas accès à un endroit frais pour se réfugier. »
D’après les associations de terrain, les maraudes ont été intensifiées durant la vigilance rouge, mais certains refusent de quitter leur lieu de vie habituel ou d’aller dans des hébergements collectifs qu’ils jugent hostiles. « Il faut aller vers eux, avec des bouteilles d’eau, des brumisateurs portables, et surtout du lien social », témoigne un éducateur de rue du CCAS de Laval.
Des mesures similaires ont été prises dans d’autres départements touchés par la canicule. Dans le Val-de-Marne, la vente d’alcool dans la rue a été interdite sauf en terrasse pour limiter les risques de déshydratation. Les Hauts-de-Seine sont passés en vigilance orange ce dimanche 28 juin. Dans le Calvados, le refuge SPA de Verson a adapté ses installations pour protéger les animaux.
Prochaine étape : l’enquête se poursuit
L’autopsie de la victime doit être réalisée dans les prochains jours. Les résultats permettront de confirmer ou d’infirmer la piste du coup de chaleur. Le commissariat de Laval continue d’entendre des témoins éventuels et d’analyser les images de vidéoprotection du secteur. La ville de Laval maintient pour l’instant ses mesures de gratuité des piscines tant que la vigilance rouge n’est pas levée.