Le Cannet : deux policiers blessés lors d’un refus d’obtempérer, enquête ouverte pour tentative d’homicide
Le 27 juin, une conductrice a refusé un contrôle de la BAC au Cannet, percutant deux agents. Un policier a tiré, la suspecte a été interpellée à l’hôpital de Grasse.
Une conductrice a refusé d'obtempérer lors d'un contrôle de police au Cannet le 27 juin, blessant deux policiers de la BAC. L'un d'eux a fait usage de son arme, atteignant la fuyarde à la jambe. Le parquet de Grasse a ouvert une enquête pour tentative d'homicide.
L’essentiel
- Fait 1 : Le 27 juin 2026 vers 19h, une conductrice refuse un contrôle de la BAC boulevard Sadi-Carnot au Cannet.
- Fait 2 : Elle effectue une marche arrière violente, percutant deux policiers dont un motard projeté au sol.
- Fait 3 : Un policier tire deux coups de feu, blessant la conductrice à la jambe pour stopper le véhicule.
- Fait 4 : Le parquet de Grasse ouvre une enquête pour tentative d’homicide sur personne dépositaire de l’autorité publique et refus d’obtempérer aggravé.
Un contrôle qui tourne à la course-poursuite
Le samedi 27 juin 2026, peu après 19 heures, une patrouille de la brigade anticriminalité (BAC) du Cannet repère une Renault Clio suspecte boulevard Sadi-Carnot. Les policiers tentent de procéder à un contrôle lié à un « probable trafic de stupéfiants », rapportent Nice-Matin et France 3.
La conducteur refuse d’obtempérer. Selon les premiers éléments de l’enquête, elle effectue alors une violente marche arrière. Le geste percuté un motard de la BAC, qui est projeté au sol. Un second agent, qui se tenait à proximité, est blessé au pied. Les deux fonctionnaires sont rapidement pris en charge par les secours. Leurs jours ne sont pas en danger, selon les sources policières.
Un tir à deux reprises
Face au danger immédiat pour ses collègues et pour les passants, un policier fait usage de son arme de service. Il tire à deux reprises en direction du véhicule en fuite, indiquent Actu17 et France 3. L’un des projectiles atteint la conductrice à la jambe.
Malgré sa blessure, la fuyarde poursuit sa route. Elle circule à contresens sur plusieurs centaines de mètres avant d’abandonner sa voiture rue Jules Ferry, au Cannet. Des témoins signalent la scène aux forces de l’ordre.
La suspecte se présente ensuite d’elle-même à l’hôpital de Grasse pour recevoir des soins. Les policiers l’interpellent sur place, sous surveillance médicale. Un passager qui se trouvait à bord de la Clio est également arrêté. Un véhicule volé a été retrouvé abandonné à proximité, sans lien direct établi à ce stade.
Enquête pour tentative d’homicide
Le parquet de Grasse a ouvert une information judiciaire pour « tentative d’homicide sur personne dépositaire de l’autorité publique » et « refus d’obtempérer aggravé », confirme Seven Radio. Cette qualification pénale, qui peut entraîner jusqu’à trente ans de réclusion criminelle, reflète la gravité des faits et la mise en danger délibérée des agents.
Les investigations sont confiées à la sûreté départementale des Alpes-Maritimes. L’Inspection générale de la police nationale (IGPN) a également été saisie, conformément à la procédure lors de tout usage d’arme par les forces de l’ordre.
Contexte dans les Alpes-Maritimes
Le Cannet, commune limitrophe de Cannes, compte environ 41 000 habitants. Les refus d’obtempérer sont en augmentation dans le département. Selon la préfecture des Alpes-Maritimes, plus de 36 900 cas ont été recensés en 2025, soit une hausse de 9 % par rapport à l’année précédente. Les contrôles routiers dans les secteurs périurbains sensibles exposent régulièrement les agents à des risques élevés. Un incident similaire à Fort-de-France avait également conduit à des tirs de police en mai dernier. Par ailleurs, la sécurisation des grands rassemblements, comme le match France-Suède à Clermont-Ferrand, mobilise d’importants effectifs pour prévenir les débordements. Ce nouveau drame relance le débat sur les moyens accordés aux forces de l’ordre dans les Alpes-Maritimes.
La procédure judiciaire suit son cours. La conductrice, hospitalisée sous surveillance policière, devra être présentée à un juge d’instruction dans les prochains jours.