Le Chesnay : un couple dépouillé de 1 million d’euros en bitcoins par de faux policiers
Trois individus se faisant passer pour des agents ont séquestré les victimes lundi matin, les forçant à transférer leurs cryptomonnaies
Un couple a été victime d'une violente agression à son domicile du Chesnay, dans les Yvelines, ce lundi 9 mars. Trois malfaiteurs se présentant comme des policiers ont fait irruption dans le logement, séquestré les occupants et les ont contraints à transférer environ 1 million d'euros en bitcoins avant de prendre la fuite. L'homme a été ligoté avec un câble USB tandis que la femme a été blessée à l'épaule. Une enquête a été confiée à la Brigade de répression du banditisme (BRB).
- Trois individus se faisant passer pour des policiers ont séquestré un couple au Chesnay lundi 9 mars 2026, les forçant à transférer 1 million d'euros en bitcoins
- Le mari a été ligoté avec un câble USB et la femme blessée à l'épaule durant l'agression avant que les malfaiteurs ne prennent la fuite
- L'enquête a été confiée à la Brigade de répression du banditisme (BRB), indiquant un possible lien avec la criminalité organisée
- Cette affaire s'inscrit dans une série de braquages visant les détenteurs de cryptomonnaies en France, avec notamment 8 millions d'euros volés à Dompierre-sur-Mer en décembre 2025
- L'année 2025 a connu une recrudescence de ces agressions ciblées, débutant avec l'enlèvement du cofondateur de Ledger en janvier, parallèlement à la popularisation des cryptomonnaies
L’irruption s’est produite en quelques secondes. Ce lundi matin au Chesnay, dans les Yvelines, trois individus se faisant passer pour des policiers ont fait irruption au domicile d’un couple, déclenchant une séquestration qui s’est soldée par le vol d’environ 1 million d’euros en bitcoins. Une affaire qui s’inscrit dans une série noire de braquages visant spécifiquement les détenteurs de cryptomonnaies, un phénomène en pleine expansion sur le territoire français.
Un mode opératoire rodé et particulièrement violent
Les trois assaillants ont utilisé une technique désormais récurrente dans ce type de criminalité : l’usurpation d’identité policière pour forcer l’entrée du domicile. Une fois à l’intérieur, ils ont rapidement pris le contrôle de la situation en menaçant les victimes avec une arme. Le mari a été ligoté avec un câble USB, un détail qui illustre le pragmatisme des malfaiteurs utilisant les objets à disposition. La femme, quant à elle, a été blessée à l’épaule durant l’agression.
Sous la contrainte armée, le couple n’a eu d’autre choix que de s’exécuter et de procéder au transfert de leurs avoirs en cryptomonnaies. Une fois la transaction effectuée, les trois individus ont quitté précipitamment les lieux avec leur butin numérique d’environ 1 million d’euros en bitcoins. La Brigade de répression du banditisme (BRB) a été saisie de l’enquête, témoignant de la gravité des faits et de leur probable lien avec la criminalité organisée.
Une vague de braquages ciblant les détenteurs de cryptomonnaies
Cette agression au Chesnay n’est malheureusement pas un cas isolé. La France connaît depuis plusieurs mois une recrudescence inquiétante d’agressions visant spécifiquement les personnes liées au secteur des cryptomonnaies. En décembre 2025, selon Charente Libre, un couple avait été séquestré à Dompierre-sur-Mer, en Charente-Maritime, et dépouillé de 8 millions d’euros en cryptomonnaies par trois individus cagoulés.
Dans cette affaire de Charente-Maritime, le procureur de Rennes Frédéric Teillet avait détaillé le déroulement des faits dans un communiqué :
« Les agresseurs ligotent la femme, ainsi que son compagnon à qui ils portent des coups pendant près de 2 heures, les assaillants exigeant de lui des virements de cryptomonnaie. Ce dernier, sous la menace, accepte finalement d’y procéder », précisant que « le préjudice évalué s’élève à environ 8 millions d’euros ».
Cette affaire avait été confiée à la Juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Rennes, révélant l’existence d’une « équipe criminelle structurée » selon les termes du parquet. L’homme travaillait dans le secteur des cryptomonnaies, ce qui explique probablement pourquoi il avait été identifié et ciblé par les malfaiteurs.
Des techniques d’usurpation de plus en plus sophistiquées
Les criminels ne se contentent pas de se faire passer pour des policiers. En octobre 2025, selon Le JDD, un couple de retraités avait été séquestré à Vaucresson, dans les Hauts-de-Seine, par des malfaiteurs se faisant passer pour des banquiers. Les victimes avaient d’abord reçu un appel téléphonique les informant qu’elles avaient été victimes d’une fraude bancaire, avant qu’un faux technicien ne se présente à leur domicile.
Dans la nuit du samedi 18 au dimanche 19 octobre, deux agresseurs étaient revenus, avaient ligoté le couple avec du scotch et les avaient contraints à donner la combinaison de leur coffre-fort. Le préjudice était estimé entre 200 000 et 300 000 euros en sacs de marque, bijoux et munitions. Ce n’est qu’après près de douze heures de séquestration, vers 6 heures du matin, que les malfaiteurs avaient quitté le pavillon.
Un phénomène qui s’intensifie avec la popularisation des cryptomonnaies
L’année 2025 a marqué un tournant dans ce type de criminalité. Selon France 3 Régions, cette série noire avait débuté en janvier avec l’enlèvement du cofondateur de Ledger, David Balland, start-up spécialisée dans les portefeuilles de cryptomonnaies, et de sa compagne. Début mai, à Paris, le père d’un homme ayant fait fortune dans les cryptomonnaies avait également été enlevé avant d’être libéré par la police.
Ces enlèvements et vols spectaculaires se multiplient parallèlement à la popularité croissante de ces actifs numériques. Les criminels ont rapidement compris que les détenteurs de cryptomonnaies possèdent des fortunes potentiellement considérables, accessibles en quelques clics depuis un ordinateur ou un smartphone, sans nécessiter de transporter physiquement des liquidités ou des objets de valeur.
Une enquête confiée à la Brigade de répression du banditisme
Dans le cas du Chesnay, la BRB dispose désormais de plusieurs pistes pour tenter d’identifier les trois malfaiteurs. L’usurpation d’identité policière constitue une circonstance aggravante qui alourdira considérablement les peines encourues. Les enquêteurs vont notamment chercher à déterminer comment les agresseurs ont identifié leurs victimes et su qu’elles détenaient une quantité importante de bitcoins.
La traçabilité des transactions en cryptomonnaies, bien que complexe, peut également fournir des indices précieux. Contrairement à une idée reçue, les transferts de bitcoins laissent des traces sur la blockchain, même si les criminels utilisent généralement des techniques de blanchiment sophistiquées pour tenter d’effacer leurs traces numériques.
Cette nouvelle affaire pose une question cruciale : comment protéger efficacement les détenteurs de cryptomonnaies face à une criminalité qui s’adapte et se professionnalise ? Les autorités devront-elles mettre en place des dispositifs spécifiques de protection pour cette population particulièrement exposée aux agressions ciblées ?
Sources
- Charente Libre (19 décembre 2025)
- France 3 Régions (19 décembre 2025)
- Le JDD (19 octobre 2025)
- Le Parisien (12 novembre 2025)