Le Lamentin consulte ses habitants sur l’autonomie de la Martinique

Le 9 avril, la commune a recueilli des avis sur la réforme de gouvernance portée par la CTM depuis 2025.

Le Lamentin consulte ses habitants sur l'autonomie de la Martinique
Illustration Jean-Luc Sinapah / info.fr

Au Lamentin, une consultation citoyenne s'est tenue le 9 avril 2026 sur l'avenir institutionnel de la Martinique. Elle s'inscrit dans un processus enclenché par la Collectivité Territoriale de Martinique pour bâtir un consensus avant une éventuelle consultation populaire.

Le Lamentin, 40 191 habitants, a organisé le 9 avril 2026 une séance de consultation citoyenne consacrée à l’autonomie locale. L’objectif : recueillir des avis sur la réforme de gouvernance régionale actuellement en discussion à l’échelle de la Martinique. La démarche s’appuie notamment sur le Conseil des Sages de la commune, renouvelé en 2026, selon la mairie du Lamentin.

Un processus porté par la CTM depuis 2025

Cette consultation locale s’inscrit dans un mouvement plus large initié par la Collectivité Territoriale de Martinique. En 2025, les élus martiniquais ont réclamé à l’unanimité, lors d’un congrès, un pouvoir normatif autonome - une étape jugée inaboutie après dix ans d’existence de la CTM, née de la fusion département-région en 2015, selon Madinin’Art.

Serge Letchimy, président du Conseil Exécutif de la CTM, avait alors posé une condition claire : « La consultation du peuple martiniquais devra être un passage obligé », selon La 1ère Martinique. La commune du Lamentin, par cette séance, contribue à alimenter ce processus ascendant.

Des avancées récentes au niveau national

Publicité

Le contexte législatif a évolué rapidement. Le 31 mars 2026, le Sénat a adopté à l’unanimité un projet de loi habilitant l’Assemblée de Martinique à fixer des règles spécifiques pour l’eau, l’assainissement et l’énergie, selon Bâtisseurs Outre-Mer. Ce texte fait suite aux coupures d’eau massives qui avaient touché des milliers de foyers en 2021 et aux délibérations répétées de la CTM sur la création d’une autorité unique de gestion.

En octobre 2025, l’Élysée avait également lancé des groupes de travail sur l’évolution institutionnelle des collectivités ultramarines, avec des conclusions attendues fin décembre 2025, selon la Banque des Territoires.

Un précédent ancré dans l’histoire locale

Ce n’est pas la première fois que la Martinique est appelée à se prononcer sur son statut. En 2003 et 2010, des consultations avaient opposé deux options constitutionnelles. En 2010, 68,30 % des électeurs avaient approuvé la création d’une collectivité unique sous l’article 73 de la Constitution, selon vie-publique.fr. La loi du 27 juillet 2011 en avait découlé, avant la mise en place effective de la CTM en 2015.

La consultation du 9 avril au Lamentin se tenait par ailleurs le jour même de la signature de la feuille de route de planification écologique pour la Martinique, selon le site de la préfecture. Le budget de la CTM, d’environ 1,2 milliard d’euros en 2025, affiche une hausse de 15 % sur les projets liés à l’autonomie, selon la même source.

Prochaine étape : une consultation populaire à l’échelle de l’île est envisagée pour fin 2026 ou 2027, selon le calendrier des négociations avec l’État, avec une intégration prévue au Plan National de Développement 2026-2030, selon Madinin’Art.

Sources

Jean-Luc Sinapah

Jean-Luc Sinapah

Basé à Fort-de-France, traite les tensions sur le coût de la vie, les débats sur l'autonomie, le tourisme et les projets de reconstruction après les séismes. Diplômé du CFJ, il a grandi en Martinique. Conviction : interroger les commerçants, les militants, les élus, vérifier les prix dans les supermarchés avant de conclure.

Publicité
Lien copié !
× Infographie agrandie