Luc Leblanc défend Tadej Pogacar et Paul Seixas
Le champion du monde 1994 défend le Slovène et voit en Seixas la star française de demain
L'ancien champion français estime que les soupçons autour de Pogacar relèvent d'un deux poids deux mesures. Il pronostique un Tour verrouillé et voit en Paul Seixas la relève tricolore.
- Leblanc pronostique 10 minutes d'écart entre Pogacar et le 2e au général
- Il dénonce le soupçon permanent et demande qu'on cesse de douter du Slovène
- Pogacar a pris le maillot jaune à l'étape 3 et dominé le Tourmalet à l'étape 6
- Leblanc ne répond pas aux questions sur les raisons de la domination de Pogacar, et n'apporte aucune preuve biologique
- L'article compare le traitement médiatique des Français (Pinot, Bardet) à celui de Pogacar
Luc Leblanc - vainqueur de 2 étapes sur le Tour - ne supporte plus. Les soupçons qui entourent Tadej Pogacar depuis sa prise de pouvoir à l’étape 3 puis son récital au Tourmalet-Gavarnie à l’étape 6? Une « dictature du doute » qu’il faut briser.
« Il faut arrêter de douter de Tadej Pogacar », tranche Leblanc. Son pronostic pour la fin du Tour? Sans appel: « J’ai bien peur que le deuxième arrive à plus de 10 minutes et que la course soit pliée. » Dix minutes. Un gouffre qui rappelle les années Armstrong, mais Leblanc refuse la comparaison implicite.
Sa question résume tout: « Si on met un Français à la place de Pogi, est-ce qu’on dirait la même chose? Je ne pense pas. » Le deux poids deux mesures, selon lui, pollue le débat. Pogacar gagne trop fort, trop vite, trop souvent. Donc il faudrait suspecter. Leblanc inverse la charge de la preuve: prouvez d’abord qu’il triche, sinon taisez-vous.
Le traitement médiatique des Français: une exception?
L’hypothèse de Leblanc mérite d’être confrontée aux précédents hexagonaux. On se souvient de coureurs français candidats au maillot jaune. Leurs performances n’ont jamais suscité de suspicion publique systématique. D’autres coureurs français ont été salués pour leur régularité sans que leur nom soit associé au dopage. Dans plusieurs cas, les données de puissance n’étaient pourtant pas inférieures à celles des leaders étrangers. La différence? Peut-être le regard médiatique: un Français qui gagne est héros national; un étranger qui domine est suspect par défaut. Leblanc pointe un biais réel, mais sans démontrer qu’aucune critique n’aurait visé un coureur tricolore en pleine domination.
Ce que Leblanc ne dit pas: le vide factuel
Leblanc défend Pogacar contre les doutes, mais il ne répond pas à la question qui obsède le peloton: comment un coureur domine-t-il à ce point, après deux décennies de scandales et de contrôles renforcés? Il ne cite aucun élément biologique, aucun protocole d’entraînement, aucune donnée de puissance. Le programme de contrôle antidopage de l’UCI repose sur le passeport biologique, auquel Pogacar est soumis comme tous les coureurs. Selon plusieurs sources, aucun chiffre, aucune courbe d’entraînement, aucun test biologique récent n’a été produit publiquement. Leblanc oppose une conviction morale (« arrêtez de douter ») à des interrogations factuelles, sans apporter de preuve tangible. L’article, à son image, ne fournit aucun élément scientifique: la défense reste purement rhétorique.
Paul Seixas, la relève française
Leblanc ne s’arrête pas à la défense de Pogacar. Il pointe la relève tricolore: Paul Seixas, 19 ans. « Il est Français, il a 19 ans » - insiste-t-il, comme si l’évidence devait suffire. Seixas a tenu tête à Vingegaard et Pogacar sur la montée des Angles à l’étape 3 avant de craquer. Mais il était là, dans le groupe de tête, à 19 ans.
Leblanc voit en lui une promesse pour l’avenir du cyclisme français. Seixas n’a que 19 ans - mais il a déjà montré sa capacité à tenir face aux meilleurs sur des courses exigeantes. Le parallèle avec Pogacar au même âge est tentant, mais Leblanc ne le fait pas explicitement.
Seixas, une étoile à protéger
Leblanc voit en Seixas la future star française, mais le chemin est semé d’embûches structurelles. Avec un talent précoce à 19 ans - le jeune coureur devient une cible pour les équipes prédatrices comme pour les médias. L’histoire du cyclisme français compte des prodiges qui n’ont pas tenu la distance: certains se sont éteints sous la pression médiatique; d’autres n’ont jamais confirmé leur talent précoce. Seixas devra gérer l’attention, choisir la bonne équipe, et bénéficier d’un staff médical et psychologique solide pour encadrer son développement. Leblanc célèbre le talent, mais ne dit rien des contraintes qui feront la différence entre un champion durable et un feu de paille.
Le pari de Leblanc: Pogacar intouchable
Dix minutes d’écart au général, c’est le scénario que Leblanc redoute. Pas pour Pogacar, qui enchaîne les victoires. Mais pour le spectacle. Le Tour de France est-il devenu trop facile? Un Tour plié avant l’arrivée, c’est un Tour mort. Les sponsors regardent ailleurs, les télés décrochent, le public zappe. On se souvient de champions qui ont verrouillé le Tour avant même les Alpes, et que les commentateurs déploraient le manque de suspense. Plus récemment, d’autres leaders ont suscité des lassitudes similaires. Leblanc le sait: il a couru les Tours où tout se jouait en une journée puis plus rien pendant deux semaines.
Pogacar a pris le maillot jaune à l’étape 3 sur la montée des Angles. Il a écrasé le Tourmalet à l’étape 6. Si personne ne craque avant les Alpes, l’écart pourrait effectivement dépasser 10 minutes. Vingegaard suit, mais à distance. Seixas tient, mais il est à 19 ans - pas au sommet de sa carrière. Le seul adversaire de Pogacar, c’est Pogacar lui-même: une chute, une défaillance, une erreur tactique. Leblanc mise sur la régularité du Slovène. Un pari risqué: en montagne, tout peut basculer en 500 mètres.
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