Les Eyzies : un débat public met en lumière le désert médical en Périgord

Élus et habitants réunis le 11 avril pour témoigner d'une pénurie de médecins qui s'aggrave en Dordogne.

Les Eyzies : un débat public met en lumière le désert médical en Périgord
Illustration Aurélie Lacoste / info.fr

Le 11 avril 2026, une réunion publique aux Eyzies a rassemblé élus locaux et habitants autour de l'accès aux soins en milieu rural. Les témoignages confirment une situation déjà documentée : la Dordogne reste l'un des déserts médicaux les plus marqués de France.

Pas de polémique, mais des chiffres qui parlent d’eux-mêmes. À Les Eyzies, comme dans le reste du département, les habitants font face à une réalité quotidienne : trouver un médecin généraliste tient parfois du parcours du combattant. Le débat public du 11 avril n’a fait que le confirmer.

138 généralistes pour 100 000 habitants

La Dordogne affiche l’un des taux de médecins les plus bas de Nouvelle-Aquitaine. Selon le site Place de la Santé (Mutualité française), le département comptait seulement 138 généralistes pour 100 000 habitants en 2020, contre 194 en moyenne régionale. Depuis 2007, ce chiffre a reculé de 12,3 %, selon France Bleu. Le vieillissement du corps médical amplifie le problème : 56 % des généralistes avaient plus de 55 ans en 2020, d’après le Conseil départemental de la Dordogne et la CPAM. Dans un département où plus de 38 % de la population a dépassé 60 ans, l’équation est préoccupante.

Une étude des maires ruraux citée par Sud Ouest chiffrait à 194 le nombre de médecins manquants en Dordogne en 2022, dont 138 spécialistes. Des témoignages recueillis lors du débat aux Eyzies font écho à ce constat : délais d’attente allongés, renoncements aux soins, déplacements vers Périgueux ou Sarlat pour des consultations de base.

Une mobilisation qui dépasse Les Eyzies

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Le 2 avril 2026, dix jours avant la réunion aux Eyzies, une soixantaine de retraités s’était déjà rassemblée à Périgueux pour réclamer davantage de généralistes, selon Sud Ouest. Le sujet s’est aussi imposé dans les dernières municipales, les 15 et 22 mars 2026 : la Banque des Territoires le classait parmi les enjeux majeurs de la campagne, avec 40 % des Français en zones rurales déclarant des difficultés d’accès.

À l’échelle nationale, près de 8 millions de Français vivent dans un désert médical en 2025, selon France Info. Plus de 80 % des personnes concernées déclarent avoir renoncé à consulter un généraliste en raison des délais d’attente.

Des réponses institutionnelles attendues

Une proposition de loi contre les déserts médicaux, déposée en février 2025 et adoptée avec modifications par le Sénat en mai 2025, est en cours d’examen, selon le site de l’Assemblée nationale. L’Agence régionale de santé Nouvelle-Aquitaine a par ailleurs annoncé un « Pacte de lutte contre les déserts médicaux » lancé en avril 2025, prévoyant l’accueil de docteurs juniors en Dordogne à partir de novembre 2026.

Si ces mesures répondent à une demande ancienne, leur portée concrète reste à mesurer sur le terrain. Aux Eyzies comme ailleurs, les habitants attendent des résultats visibles.

Prochaine étape : l’arrivée des premiers docteurs juniors en Dordogne est prévue pour novembre 2026, selon l’ARS Nouvelle-Aquitaine.

Sources

Aurélie Lacoste

Aurélie Lacoste

Basée à Périgueux, elle traite le tourisme en Dordogne, les tensions autour des résidences secondaires, la truffe et les fermetures de classes rurales. Diplômée de l'IJBA Bordeaux, elle a travaillé en radio avant de rejoindre la rédaction web. Ligne éditoriale : interroger les professionnels du tourisme, les enseignants, les élus, croiser les données de fréquentation avant de conclure.

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