Lille : l’influenceur Paffman banni des réseaux pendant six mois avant son procès
Contrôle judiciaire inédit pour Jonathan N., 22 ans, interdit de TikTok et YouTube après des menaces de tuerie de masse. Il comparaîtra le 1er décembre.
Le parquet de Lille a annoncé le bannissement numérique de six mois de l'influenceur masculiniste Paffman, alias Jonathan N., dans le cadre d'un contrôle judiciaire. Interpellé le 30 juin, il est poursuivi pour apologie de viol et provocation à des actes de violence. Son procès est fixé au 1er décembre.
L’essentiel
- Bannissement numérique : L’influenceur Paffman (Jonathan N., 22 ans) est interdit d’utiliser les réseaux sociaux pendant six mois, dans le cadre d’un contrôle judiciaire ordonné par le procureur de Lille.
- Procès fixé : Il comparaîtra le 1er décembre 2026 devant le tribunal correctionnel de Lille pour apologie de viol, d’assassinat et provocation à des agressions sexuelles.
- Interpellation : mis en examen le 30 juin 2026 à la suite d’un signalement Pharos concernant un live TikTok évoquant une tuerie de masse. Son matériel informatique a été saisi et analysé.
Le parquet de Lille a levé le voile, ce dimanche 5 juillet, sur une procédure inédite. L’influenceur Paffman, de son vrai nom Jonathan N., 22 ans, fait l’objet d’un bannissement numérique de six mois. Il lui est interdit d’utiliser les plateformes TikTok et YouTube. Cette mesure de contrôle judiciaire a été prise après son interpellation le 30 juin dernier.
Un live TikTok aux accents de tuerie de masse
Les faits remontent au 30 juin 2026. Ce jour-là, Jonathan N. diffuse en direct sur TikTok des propos qui alarment les internautes. Selon le parquet, il évoque une « tuerie de masse ». La plateforme de signalement Pharos est saisie par plusieurs témoins. L’alerte est transmise au parquet de Lille qui ouvre une enquête en flagrance.
Les enquêteurs de la police judiciaire interpellent l’influenceur à son domicile. Pendant sa garde à vue, l’analyse de son matériel informatique révèle d’autres contenus incriminants. Devant les enquêteurs, Jonathan N. tente de justifier ses dérives en expliquant qu’il cherchait uniquement à « obtenir de la visibilité », rapportent nos confrères de Seven Radio.
Apologie de viol et menaces de mort : les chefs de poursuite
Le parquet a retenu plusieurs infractions. Jonathan N. est poursuivi pour apologie de viol, apologie d’assassinat, provocation à des agressions sexuelles et menaces de tuerie de masse. Ces qualifications s’appuient sur des vidéos déjà signalées en novembre 2025 par le doyen de la faculté de droit de Lille et par l’ancienne ministre Aurore Bergé. À l’époque, les autorités avaient été alertées sur des contenus faisant l’apologie du viol.
Le procureur de la République de Lille, Samuel Finielz, a personnellement requis le bannissement numérique temporaire. Cette mesure s’inscrit dans le cadre de la loi SREN (sécurisation et régulation de l’espace numérique) promulguée le 21 mai 2024. Son article 16 permet au juge d’interdire l’accès à un réseau social pendant une durée maximale de six mois, même avant tout jugement sur le fond.
Contexte dans le Nord
Le tribunal correctionnel de Lille, l’un des plus actifs de la région Hauts-de-France, traite régulièrement des affaires de cyberharcèlement et d’apologie en ligne. Mais l’application de l’article 16 de la loi SREN reste rare à ce stade pré-sentenciel. Selon le parquet, cette décision vise à « prévenir la réitération » et à protéger le public pendant l’instruction. Le département du Nord, marqué par une forte présence étudiante et une métropole lilloise connectée, est particulièrement sensible aux dérives des influenceurs. Pendant que l’attention médiatique est captée par des événements sportifs comme le Tour de France 2026 ou les quarts de finale du Mondial, cette affaire rappelle les nouveaux outils juridiques dont disposent les magistrats.
Prochaine étape : le procès du 1er décembre
Jonathan N. reste sous contrôle judiciaire jusqu’à son procès. La date de comparution a été fixée au 1er décembre 2026 devant le tribunal correctionnel de Lille. D’ici là, l’interdiction d’accès à TikTok et YouTube demeure en vigueur. Le prévenu encourt une peine pouvant aller jusqu’à sept ans d’emprisonnement et 100 000 euros d’amende pour les faits les plus graves.