Denain : un couvre-feu imposé aux mineurs de 22h à 7h tout l’été après des violences
La maire Anne-Lise Dufour-Tonini a signé un arrêté interdisant aux mineurs de moins de 15 ans de circuler sans adulte entre 22h et 7h, après des dégradations dans la nuit du 26 au 27 juin.
Suite à une nuit de violences urbaines dans le centre-ville, la maire de Denain a pris un arrêté instaurant un couvre-feu pour les mineurs de moins de 15 ans non accompagnés, de 22h à 7h, jusqu'au 1er septembre 2026. Anne-Lise Dufour-Tonini justifie cette mesure préventive en affirmant vouloir « être très claire ».
L’essentiel
- Fait 1 : La maire de Denain, Anne-Lise Dufour-Tonini, a pris un arrêté municipal instaurant un couvre-feu pour les mineurs de moins de 15 ans non accompagnés de 22 heures à 7 heures du matin.
- Fait 2 : La mesure est entrée en vigueur immédiatement et s’applique jusqu’au 1er septembre 2026.
- Fait 3 : Le couvre-feu fait suite à des violences urbaines et des dégradations commises dans le centre-ville lors de la nuit du 26 au 27 juin 2026.
Les violences nocturnes du 26 au 27 juin
Dans la nuit du samedi 26 au dimanche 27 juin 2026, le centre-ville de Denain a été le théâtre de violences urbaines. Des groupes de jeunes ont dégradé du mobilier urbain, brisé des vitrines et incendié des poubelles. Les forces de l’ordre sont intervenues, mais les auteurs ont réussi à prendre la fuite. Aucun blessé n’est à déplorer, mais les dégâts matériels sont significatifs, selon une source proche de la mairie.
Le maire a immédiatement réagi en annonçant des mesures fortes. « Je veux être très claire », a-t-elle déclaré à La Voix du Nord, justifiant une réponse rapide pour dissuader tout nouvel incident.
Le couvre-feu pour les mineurs
L’arrêté municipal, signé par Anne-Lise Dufour-Tonini, interdit aux mineurs de moins de 15 ans de circuler sans être accompagnés d’un adulte entre 22 heures et 7 heures du matin. La mesure est en vigueur depuis le 29 juin et court jusqu’au 1er septembre 2026, couvrant ainsi toute la période des vacances d’été.
Les contrevenants s’exposent à des sanctions pouvant aller jusqu’à l’exclusion scolaire, a précisé la mairie dans un communiqué. Les parents pourront également être convoqués. Cette disposition vise à responsabiliser les familles et à prévenir de nouvelles nuits de violences. « Il vaut mieux prévenir que guérir », a rappelé la municipalité, reprenant une phrase déjà utilisée en janvier 2025 lors d’un précédent épisode de rodéos urbains.
Une maire ferme sur la sécurité
Anne-Lise Dufour-Tonini, réélue triomphalement en mars 2026 pour un troisième mandat, place la sécurité au cœur de son action. Elle avait déjà lancé une vaste opération de lutte contre les rodéos motorisés en 2024, permettant l’identification de 376 véhicules. Dans un entretien à France 3 Régions, elle a insisté sur le caractère préventif du couvre-feu, qui « accompagne les forces de l’ordre dans leur mission de tranquillité publique ».
La maire a également annoncé que des caméras de vidéoprotection supplémentaires seront installées dans les prochains jours dans le centre-ville. Les effectifs de police municipale seront renforcés pendant l’été.
Contexte dans le Nord
Denain, commune de l’arrondissement de Valenciennes dans le Nord, compte environ 21 000 habitants. La ville est confrontée à des difficultés socio-économiques récurrentes, accentuées par l’annonce de la fermeture du site ArcelorMittal en juin 2025. Ce contexte fragilise le tissu local et alimente un sentiment d’insécurité, régulièrement exprimé par les habitants.
Les violences urbaines ne sont pas nouvelles dans le secteur. En septembre 2024, les rodéos motorisés avaient conduit à un vaste déploiement policier. Le couvre-feu pour mineurs, bien que rare dans le département, a déjà été utilisé dans d’autres communes confrontées à des pics de délinquance juvénile, comme à Denain en 2023.
Par ailleurs, dans d’autres villes de la région, des incidents graves ont récemment marqué l’actualité. À Cachan, une femme a chuté du 4e étage et son conjoint a été placé en garde à vue, tandis qu’à Villefranche-sur-Saône, un restaurant a fermé après l’effondrement de son plafond.
Prochaine étape
Le couvre-feu restera en vigueur jusqu’au 1er septembre 2026. La mairie a indiqué qu’un bilan sera dressé à la rentrée pour décider d’un éventuel renouvellement ou d’un allègement des mesures. En attendant, les patrouilles de police nationale et municipale ont été renforcées chaque soir dans les quartiers sensibles.