Dunkerque : ArcelorMittal accélère sa décarbonation avec la méthode Notre-Dame

L’usine nordiste, premier site sidérurgique français, bénéficie d’un accompagnement étatique renforcé pour réduire ses émissions de CO₂ de 35 % d’ici 2030.

Dunkerque : ArcelorMittal accélère sa décarbonation avec la méthode Notre-Dame
Illustration Amandine Delattre / info.fr

À Dunkerque, ArcelorMittal confirme un investissement de 1,3 milliard d’euros pour construire un four électrique d’ici 2029. Ce projet, intégré à la méthode Notre-Dame, vise à diviser par trois les émissions liées à une partie de sa production. L’État et la Région Hauts-de-France saluent une avancée pour la souveraineté industrielle.

L’usine ArcelorMittal de Dunkerque, premier site producteur d’acier en France, accélère sa transition écologique. Le groupe a annoncé le 10 février 2026 un investissement de 1,3 milliard d’euros pour construire un four à arc électrique (EAF) d’une capacité de 2 millions de tonnes par an. Ce projet, soutenu par l’État via France 2030, s’inscrit dans la méthode Notre-Dame, lancée en novembre 2025 pour simplifier les procédures administratives des projets industriels stratégiques.

Un site clé pour la décarbonation

Avec une production annuelle de 5,5 millions de tonnes d’acier, le site de Dunkerque est le plus émetteur de CO₂ de France, rejetant 8,5 millions de tonnes par an, soit 2 % des émissions nationales. Le nouveau four électrique, dont la mise en service est prévue en 2029, permettra de réduire de deux tiers les émissions liées à sa production, selon ArcelorMittal. La fermeture d’un haut fourneau est également programmée d’ici 2030, avec un objectif de 4,4 millions de tonnes de CO₂ évitées par an sur les 15 premières années.

La préfecture du Nord a confirmé l’inclusion du projet dans la méthode Notre-Dame, qui vise à coordonner les efforts étatiques pour une mise en œuvre rapide.

Un investissement revu à la baisse

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Initialement prévu à 1,8 milliard d’euros pour deux fours électriques et une unité de réduction directe du fer, le projet a été ajusté en raison de la concurrence chinoise et des incertitudes réglementaires européennes sur les quotas carbone. En mai 2025, ArcelorMittal avait annoncé un gel partiel des investissements, avant de confirmer en février 2026 un plan réduit à un seul four, avec une dépendance à 60 % à la ferraille. SteelWatch souligne que cette solution reste en deçà des ambitions initiales, mais marque une étape pour la décarbonation de la sidérurgie française.

Xavier Bertrand, président de la Région Hauts-de-France, a salué cet investissement comme « un signal fort » pour l’emploi local.

Prochaines étapes

Une exposition 3D sur le projet se tiendra du 20 mai au 27 juin 2026 dans les Grands Bureaux d’Arcelormittal Dunkerque, dans le cadre de la concertation continue. Le site, qui emploie 6 000 salariés, a également engagé 500 millions d’euros en 2025 pour une unité dédiée aux aciers électriques pour la mobilité, renforçant son rôle dans la transition industrielle.

La méthode Notre-Dame, qui concerne 150 projets pour un total de 71 milliards d’euros, illustre la volonté de l’État de renforcer la souveraineté industrielle. Comme le souligne un récent accord franco-britannique à Dunkerque, la région reste un territoire clé pour les enjeux économiques et écologiques.

Sources

Amandine Delattre

Amandine Delattre

Installée à Lille, elle couvre la métropole, les tensions sur les transports, les restructurations textiles et les débats sur la braderie. Diplômée de l'ESJ Lille, elle a grandi dans le Nord. Ligne de travail : interroger les élus, les syndicalistes, les commerçants, vérifier les budgets de la MEL avant de publier.

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